‹ Études cliniques de médecine militaireChapitre 15 sur 37 · ANGINES. 16S · texte numérisé non relu

ANGINES. 16S

sur cinq ou six, que nous avons vu manquer l'inflammation simultanée ou rnétaslalique d'un testicule, inflammation relativement très-rare chez l'enfant.

Notre traitement a toujours été purement externe, consistant en applications de ouate, quelquefois en onctions raercurielles ; bien que ce soit là une affection générale, elle ne nous a jamais paru indiquer la médication évacuante que d'après des idées humorales certains praticiens croient encore devoir lui opposer.

ARTICLE IV

Ang'ineB.

Je n'ai observé au Val- de-Grâce d'épidémies d'angine couenneuse qu'au commencement de l'année 1860, époque 011 notre hôpital renfermait tant d'affections entraînées ou aggravées par des influences nosocomiales particulières qui relevaient surtout d'une accumulation exceptionnelle de malades pendant plusieurs mois (1).

Depuis les conditions d'installation, le nombre des malades étant revenus à l'élat normal, la diphlhérie ne s'est plus manifestée épidémiquement, bien qu'indiquant encore, de temps en temps, dans les divers services, une certaine imminence de retour par l'apparition de quelques cas sporadiques.

Quant aux angines gangréneuses, forme morbide trèsréelle, je n'en ai pas observé un seul cas durant ces quatre ans, malgré le grand nombre de fièvres typhoïdes que j'ai eues à traiter (357), et dont plusieurs ont emprunté aux constitutions régnantes une extrême gravité, et une tentendance manifeste aux accidents de gangrène.

(I) Voirie mémoire de IM. le professeur Laveran, Des influences nosocomiales sur la marche et la gravité de la rougeole {Gazette hebdomadaire, 1801).

Mais le nombre des angines vulgaires a été considérable ; il s'est élevé à H7, cbifFre inférieur à la conclusion qu'on pourrait en tirer, quand on songe que beaucoup de ces affections sont traitées aux infirmeries régimentaires.

Ces angines sont de deux sortes : dans l'une, il y a inflammation profonde de la région tonsillaire, c'est l'angine phlegmoneuse, ordinairement unilatérale ; dans l'autre, l'affection est superficielle, consiste en rougeur de la muqueuse avec exsudation pultacée; c'est l'angine couenneuse vulgaire de M. Trousseau, celle qui a été, de la part de M. Gubler, l'objet d'un remarquable travail d'où il résulte que cette angine n'est le plus souvent qu'un véritable herpès de la muqueuse du pharynx (1). Celte angine couenneuse vulgaire, en raison de l'extension de l'érythèrae à toute la surface tonsillo-palatine, en raison de l'aspect de l'exsudation, ressemble parfois singulièrement à l'angine scarlatineuse.

Rien n'est plus saisissable, plus grossier, dirions-nous presque, que la différence anatoraique de ces deux formes d'angine, phlegmoneuse et pultacée : dans la première, tuméfaction unilatérale, souvent sans changement de coloration de la muqueuse; dans la seconde, teinte scarlatineuse de cette membrane, exsudations blanchâtres, le plus souvent sans aucune tuméfaction notable des parties, sans rétrécissement apparent de l'isthme du gosier. II semble que la différence de nature de ces deux affections ne soit pas moins nette, la première se rapportant aux maladies où du pus doit se former, au phlegmon, se répétant fréquemment chez le même sujet, tandis que les recherches modernes établissent la parenté de la seconde avec les affections superficielles, les éruptions cutanées, et qu'elle n'a aucune tendance à récidiver.

Eh bien, si l'on se place à un point de vue un peu plus élevé, que l'on se détache de l'observation purement ana-

(I) Voir Union médicale^ 1858.

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