BATE
inteslinale, entraîné à celte conviction par l'observation de chaque jour?
Je ne puis mieux faire, en terminant ce chapitre, que de recommander hi lecture du livre de Frerichs (1), livre qui renferme certainement les éludes cliniques les plus remarquables sur les maladies du foie.
ARTICLE VIII Rate.
Par les modifications, de volume surtout, qu'elle subit dans un grand nombre d'afTeclions, la rate occupe, au point de vue de la clinique et de l'anatomie pathologique, un rang d'une haute importance. Son extrême variabilité de dimensions la sépare des autres viscères; tandis qu'il est rare de voir le cœur, le foie, les reins s'accroître du triple et môme du double de leur volume et de leur poids, une semblable augmentation est chose vulgaire pour là rate dans certaines maladies très-communes (ainsi la fièvre typhoïde), et les cas ne sont pas très-rares où elle arrive à être quintuplée, décuplée, etc ; me bornant aux seuls faits de mon service, je rappellerai cette rate de â^s.SOO trouvée chez un sujet atteint de cachexie palustre, et mort de pneumonie (voir page 131). Chez deux sujets morts de cirrhose du foie, j'ai vu la raie peser chez l'un 845 grammes, chez 1 autre près de l''e,200 (2).
Mais, à côlé de ces hypertrophies, survenues dans des conditions que personne n'ignore, j'ai observé un fait d augmentation considérable de volume et de poids (P^ 970) chez un sujet dont l'histoire me semble digne d'être relatée; ic, en eflet, l'afiection de la rate, chose assez rare a été primitive et traumatique; de plus, durant la maladie' il
(1) Traité pratique des maladies du foie. Paris, 18G2
(2) On sait que le poids moyen de la rate est d'environ 200 grammes.
ne s'est manifesté aucun de ces accès fébriles dont, par une singulière aberration de raisonnement, quelques organiciens ont voulu faire la conséquence des lésions spléniques, espérant introduire la prétendue simplicité de leur doctrine dans l'explication de l'intoxication palustre.
Observation XXXVll. - Hypertrophie de la rate. — Abcès périsplénique. — Ce malade élail un jeune soldat de 23 ans environ, avant toujours habité une localité salubre avant son entrée au 'service, et qui, depuis son incorporation, n'a été en garnison qu'à Paris et à Reims.
Jamais il n'avait eu de fièvre d'accès.
Il y a un an (en janvier 1862), il entrait dans mon service, se plaignant d'une douleur sourde dans l'hypochondre gauche, et présentant une teinte ictérique légère ; celle douleur, i la rapportait à une chute faite quelques jours auparavant sur le tlanc gauche, où se trouvait placée sa giberne, qui avait amsi exercé une brusque et violente compression sur ce côté de 1 abdomen .
L'exploration physique ne permet de reconnaître, a cet e époque, aucun développement anormal soit du foie soit de la rate Comme il existait en même temps un peu d'embarras gastrique, ce malade fut purgé et, au bout de quinze jours, il sortait à peu près délivré de sa douleur qu'une forte pression réveillait encore, et de son ictère, dont les conjonctives seules gardaient quelques traces.
' Deuxièn'e eStrée au Val-de-Grâce au mois d'avnl suivant (trois mois après la première sortie): l'ictère a reparu ainsi que a douleur à la région de la rate qui est notablement développée et dont la percussion accuse la matilé dans une hauteur de 0V6 • légère augmentation du foie. Peu de symptômes d.gesnr^ Le malade est envoyé à Vichy.
Enfin au mois de novembre 18G2. ce malade me revenait pou la troisième fois : le gâteau splénique était éno-e descen Sant jusqu'à l'ombilic et à la crête ihaque, --'^ ^ "---^^^^ ment à la palpalion, mais à la vue, l'absence de tout Lpanctie me d us le péritoine permettant aux parois abdominales de s nZLn quelque sorîe sur celte vaste tumeur qui- occupait tout le flanc gauche.