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CHAPITRE IV

PYREXIES.

ARTICLE I"

Fièvre typhoïde.

La permanence de cette affection dans la garnison de Paris repose sur la double influence des arrivées successives dans la capitale d'un grand nombre de soldats, et sur la présence parmi ceux-ci d'une quantité plus ou moins considérable de recrues. Le jeune soldat, qui arrive dans nos murs, a deux genres d'acclimatation à subir: l'acclimatation à la vie militaire, l'acclimatation à la résidence de Paris, et chacun de ces noviciats prédispose à la fièvre typhoïde.

Aussi n'ai-je pas vu manquer cette afTection durant un seul mois de ces quatre années ; les moments où il m'en est entré le plus grand nombre sont les mois de :

Septembre 1859 28 cas.

Janvier 1860 18

Avril 1861 20

Novembre 1861 23

Décembre 1861 16

Janvier 1862 16

Septembre 1862 16

Décembre 1862 16

Ce tableau semble indiquer que les paroxysmes de l'en-

FIÈVjRE TTPnOIDE. 3g g

démie typhoïde, dans notre garnison de Paris, se manifestent surtout après l'équinoxe d'automne, aux approches et pendant le règne de la saison froide. Durant les mois de juillet et d'août des deux années 1860, 1861, nous n'avons en effet reçu que 2 malades, en moyenne, par mois, atteints de fièvre typhoïde. Il est vrai que notre dernier été vient de prouver combien, dans nos climats, la fièvre typhoïde peut s adapter aux saisons les plus diverses; ces deux mérae-^ mois deju.llet et d'août, exceptionnels par l'intensité de la chaleur, m'ont en effet fourni en 1863 les fièvres typhoïdes, smon les plus nombreuses (j'en ai reçu plus de 40 dans le service seulement de clinique dont j'étais alors chargé), du moins les plus graves que j'aie rencontrées au Val-de- Grâce. Des malades sont morts avant la fin du premier septénaire, le coma remplaçant dès le quatrième ou le cinquième jour les autres accidents cérébraux dont l'explosion avait signalé le début de la maladie

io,!;'s iT'f f ' '''''' du reste tou-

jour le mode le plus grave sous lequel se manifeste celte affecion, quand elle quilte son allure habituelle en. sem blable cas, un fait qui m'a constamment frappé c'es aue a fièvre typhoïde ne reste plus la maladie du jeune so d p"^^^^^ notre garnison; elle^ait LTasirr;

les saneurs nnmn ' ^''''d^^ de P'ii-'s et

bien des m/dl; ; : P'-^s-an, e.

CouN. "«g"gen(, ne le reconnaissant que

,26 PTREXIES.

lorsque le ventre a pris à l'œil une forme ballonnée, tandis que la percussion des hypochondres leur en fournirait la preuve dans la plupart des cas.

Le plus grand caractère clinique de la flevre typhoïde est fourni, dès son début, par l'abattement des forces; et cependant, tel qui va chercher une sensation de gargoui lement dans la fosse iliaque droite pour y appuyer son dia- Tostic, négligera souvent de s'enquérir si le malade peut se fever s'asseoir, etc., renseignements d'une haute valeur des :rp;emiers jo'urs, l'adynamie ayant une s.gni -Uon prodromique au moins aussi certaine que celle de la diarrhée.

lTs rl es bronchiques enfin constituent également par leur fréquence un signe dont l'importance ne le code en rien à celle des symptômes abdominaux

A deux époques différentes, en septembre 859 et en oc tobre 1862, j'ai vu la roséole classique, si admirablemen décrue par M. Louis, faire place à une ^'^"^^^ beaucoup moins discrète, et se prodmsant d une seule ve nue au lieu de ces taches rosées à peine proéminentes, se succédan durant 7 ou 8 jours par groupes de 3 ou 4, limitées aux hypochondres et à l'abdomen, c'étaient des papue acuminées, aussi nombreuses que celles d'une vanol dTscrTtr s'ét ndant à toute la face antérieure du tronc e rmembres, faisant toutes leur évolution simultanément

mais jamais elle ne m a olieri ae lure, soit d'évolution, comparable a celle ûoni j parler pour l'éruption lenUculaire ^^^^^^ Contrairement à cette dermè^^ s^^^^^^^^^^^^

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FIÈVRE typhoïde. 2 27

sidérer en général les sudamina comme indices d'un excellent augure ; je suis bien loin de les proclamer les prodromes d'une guérison certaine, mais presque constamment je les ai vus précéder ou accompagner la rémission des symptômes les plus inquiétants; dans les formes cérébrales en particulier, cette éruption m'a presque toujours annoncé le retour de l'intelligence, et a, par conséquent, toujours modifié favorablement mon pronostic.

Au point de vue diagnostique, la valeur des sudamina est également très-grande ; bien qu'ils soient moins propres à la fièvre typhoïde que l'éruption rosée, en ce sens qu'on les rencontre plus souvent que celle-ci dans d'autres affections, ils ont sur cette éruption l'avantage de signaler très-fréquemment les formes les plus légères de la maladie qui nous occupe; dans ces cas de fièvre typhoïde latente, où le malade va, vient, ne présente qu'abattement et stupeur légère, l'éruption sudorale apparaît, malgré le peu d'élévation du pouls et de la chaleur, et conduit à un diagnostic que confirment les symptômes ultérieurs; ce fait de l'apparition des sudamina clans les fièvres typhoïdes où il y a peu de chaleur, peu de mouvement fébrile, m'engage à révoquer en doute le rapport qu'une école savante, mais trop portée aux explications rationnelles, a voulu établir entre Péruplion sudorale et l'abondance des sueurs; maintes fois, Il est vrai, j'ai vérifié la réaction acide des sudamina, l'Identité probable par conséquent de leur contenu et de la transpiration; mais, quand je les vois manquer dans 1 immense majorité des cas de pneumonie, de rhumatisme articulaire aigu, d'érysipèle, où cependant la cbaleur est si élevée et les sueurs si profuses, je me laisse aller à les considérer comme une éruption spéciale à la fièvre typhoïde, où Ils résultent beaucoup plus de la nature même de 1 afiection que de la chaleur et des sueurs qu'elle provoque, puisqu'ils s'y rencontrent môme dans les formes les plus apyréliques.

228 PTHEXIES.

Jamais, à Paris, je n'ai vu de pétéchies dans la fièvre typhoïde; comme accidents gangréneux, j'ai observé une gangrène du scrotum, et, à part les eschares si fréquentes aux parties déclives, jîai vu chez un; de mes malades une nécrose considérable du maxillaire supérieur, qui entraîna, par infection purulente, la mort quelques semaines après la terminaison de la fièvre elle-même.

Mentionnons enfin un des caractères les plus fréquents, les plus fréquemment, méconnus, de la fièvre typhoïde, le pouls dicrote ; .c'est là un signe sur lequel insiste avec la plus grande raison M. le professeur Bouillaud : il est remarquable de voir combien ce phénomène est connu depuis longtemps, combien il s'accorde avec certains résultats tout modernes de physiologie expérimentale; pour Bordeu, le pouls dicrote est le pouls des hémorrhagies, des épistaxis en particulier; pour Solano, c'est le pouls des affections putrides, entraînées par les fuliginosités des artères- épistaxis, fuliginosités chez les anciens, ne se rapportent-elles pas à nos fièvres typhoïdes d'aujourd'hui ? D'autre part, M. Marey a établi, dans ses expériences si ingénieuses, le rapport qui existe entre le dicrotisme du pouls et la diminution de la tension artérielle; dans la lièvre typhoïde, que de congestions sanguines dans les organes les plus divers, les poumons, la rate, le cerveau les parties déclives du derme, congestions qui diminuent dau- [ant la masse du sang livrée à la circulation, d'où diminution de la tension artérielle, et dicrotisme du pouls !

L'emploi des purgations modérées m'a toujours semb é le meilleur moyen de traitement de la fièvre typhoïde; le musc m'a rendu, dans les formes cérébrales, plus de services qu'aucun autre antispasmodique. Il est peu de malades que je n'aie soumis, dès la fin du deuxième septénaire, à l'extrait de quinquina, à la dose de 2 ou 4 grammes. Quant à l'alimentation, je l'ai proportionnée toujours aux manifestations de l'appétit; et, si le défaut de conviction abso-

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