ÉRUPTIONS DANS LES FIEVRES
lue m'empêche de m'élendre davantage sur le traitement d'une affection aussi incertaine dans ses chances pronostiques et ses indications, je puis dire au moins avoir eu toujours à me repentir quand, sur les traces d'une école qui est devenue aveugle en devenant systématique, j'ai voulu forcer le désir des malades et leur faire prendre trop tôt une nourriture qu'ils ne pouvaient supporter.
Le total de mes décès sur 3o0 cas s'est élevé k 36, dont 5 causés par des hémorrhagies internes (l'un figure, il est vrai, aussi, dans les décès par dyssenterie, voir page 175), 2 par perforation intestinale, un cinquième par perforation de la vésicule biliaire (voir^ page 197).
ARTICLE n.
Des éruptions ilans les maladies fébriles.
Le titre.de ce paragraphe fait comprepdre que je m'arrêterai peu aux fièvres éruptives proprement dites; traitées dans un service spécial, ces affections n'ont passé sous mes yeux qu'autant qu'elles éclataient dans mes salies, ou que les sujets arrivaient à l'hôpital dans une période prodromique incertaine oîi rien d'extérieur n'indiquait encore vers quelle division il fallait diriger le malade.
En 1860 seulement, durant l'épidémie de rougeole, le chiffre des hommes atteints a été trop considérable pour que chaque service n'en reçût pas un grand nombre, sans parler de tous ceux qui, une fois sortis, rentraient avec de graves complications vers les J^ropçliçs et vers l'intestin. ^ La variole, la scarlatine sont toujours, pour ainsi dire, à l'état de levain dans la garnison de Paris, prêtes h éclater épidémiquement sous l'influence de quelque constitution médicale nouvelle,- ou de causes plus appréciables, comme une agglomération exceptionnelle de troupes dans les ca-
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sernes; celle permanence des fièvres éruplives se révèle à chaque instant par des cas sporadiques qui sont parfois d'une gravité que généralement on ne reconnaît pas à ces affections en dehors de leurs manifestations épidémiques. Ainsi j'ai perdu 2 malades de scarlatine (1), et 3 de variole hémorrhagique.
L'un de ces derniers a été un exemple frappant d'aptitude à subir simultanément les impressions morbides les plus diverses. C'était un infirmier de mon service où venaient de passer à cette époque (février 1863) quelques cas de scarlatine, de varicelle, d'érysipèle et de purpura. Cet infirmier est atteint d'érysipèle de la face, qui envahit le front, une oreille, sans s'élendre au cuir chevelu; 3 jours après, frisson, vomissements, mal de gorge, suivis le surlendemain (cinquième jour en tout) d'une éruption scarlalineuse confirmée par l'examen de l'isthme du gosier où se développe l'angine spéciale. 2 jours après, nouveaux frissons, nouveaux vomissements, auxquels correspond le surlendemain (8 jours après l'entrée à l'hôpital) une éruption conûuenle, hémorrhagique de pustules varioleuses qui envahissent spécialement les membres inférieurs. L'individu succombe rapidement, après avoir éprouvé des hémorrhagies des diverses muqueuses. Il avait, en 10 jours, subi les manifestations de ces trois maladies : érysipèle, scarlatine, variole; et peut-ôtre la forme hémorrhagique de cette dernière dépendait-elle d'une quatrième mfiuence morbide, celle qui présidait alors au développement du purpura dont j'avais trois cas dans mes salles.
En tout cas, les phénomènes bien nets d'invasion et d'existence de la scarlatine (éruption et angine), l'époque bien distincte d'invasion de la variole ne laisseront supposer à personne qu'il y ait eu ici, comme dans certams cas
(1) L'un creux a été enlevé par une pneumonie lobulalre, identique à celle de la rougeole.