PHTHISIE PULMONAIRE CHRONIQUE
f/expiratioa est complètement normale.
Pendant les trois jours suivants, les phénomènes acoustiques furent les mêmes. Cette respiration saccadée annonçait-elle donc le début de la tuberculisalion pulmonaire, prenant ainsi une haute valeur, puisqu'elle en eût été le seul signe physique; ou bien ne se rattachait-elle pas tout simplement à la pleurésie,, pouvant alors, d'un jour à l'autre, revêtir la forme d'un bruit congénère, le frottement pleurétique? Cette seconde hypothèse me parut la plus probable, dès la première exploration du malade. •
Le 6 mars, le phénomène est moins net, l'inspiration semble presque continue, surtout dans l'exagération des mouvements respiratoires.
Le 7, les saccades ont reparu; elles offrent pour la première fois un certain caractère de sécheresse qui les rapproche déjà du frôlement pleurétique.
Les jours suivants, exagération de cette transformation du bruit anormal; finalement, le 12, c'était ufi frottement pleurétique très-net, qui occupait toute larégion anléro-latérale droite,, et l'expiration elle-même était envahie par ce bruit morbide.
Le 13, un vésicaloire est appliqué en ce point; à celte époque l'état général s'était amélioré, et l'on constatait en arrière l'abaissement du niveau du liquide.
Le 15 mars, tout bruit anormal avait disparu; la persistance de cette disparition put être constatée pendant une dizaine de jours que le malade passa encore à l'hôpital.
Réflexions.— Le sujet de celte observation, dont les bronchites répétées, l'état d'affaiblissement général, ont Ml naître dès son entrée la pensée d'une diathèse tuberculeuse, ne présentait donc, à côté des signes classiques d'un épanchement pleurétique, qu'un phénomène physique, la respiration saccadée, qui pût être rapporté à une manifestation locale de cette diathèse; or la suite de l'observation semble bien infirmer ce rapport, ou prouver tout au • moins que, dans ce cas encore, la perversion du rhythme tenait simplement à des produits d'exsudation intrapleu-
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raie, absolument comme dans les divers cas analogues mentionnés par moi, dans le travail précité (1); en un mot, la respiration saccadée s'est manifestée chez ce nouveau malade comme premier degré du frottement pleurétique, et dans ce cas particulier, ce rapprochement est bien confirmé par les trois considérations suivantes :
1» C'est au déclin de la pleurésie, au moment où le niveau du liquide s'abaissait déjà, que l'on a perçu la respiration accadée ;
2° Ce symptôme s'est transformé surplace en frottement
pleurétique;
3° L'application d'un vésicatoire a fait disparaître sans retour l'un et l'autre phénomène, preuve également bien puissante de leur étroite connexité. »
Celle observation vient se joindre à celles que j'ai publiées précédemment pour confirmer la conclusion que je formulais ainsi :
« 1° La respiration saccadée est rare soit au début, soit a dans le cours de la phlhisie pulmonaire ;
(i 2° Quand elle existe, elle accompagne d'autres signes « d'une bien plus grande valeur pour le diagnostic ;
a 3° Elle ne se montre le plus souvent qu'à une période ;( avancée de la tuberculisalion:
a A" Comme signe physique, la respiration saccadée n'est « que l'échelon le moins élevé de la série des frottements « pleuréliques. »
Mon travail eut, du moins, l'heureuse conséquence de provoquer, devant la Société médicale des hôpitaux (2), un rapport de M. H. Roger qui, d'après « l'examen attentif d'un assez grand nombre d'enfants manifestement atteints ou seulement suspects de tubercules, » arrivait aux conclusions suivantes :
(1) Be 'la valeur de la respimiion saccadée {Recueil de médecUe militaire, 18G1 .)
(2) Voir Union médicale, 5 octobre 18G1.