PRÉFACE
posite, massif, grandiose et compacte delà Monarchie qui se concentrait au temps de Grégoire de Tours. Ne prêtez pas à l'étude êt à ses résultats les couleurs de votre ignorance et de votre inexactitude.
Que Franklin soit un sage; on n'en doute guères. Portez ses finesses au passif de sa vertu. Si vous appuyez sur cette nuance, elle deviendra calomnie. Si, au lieu de l'indiquer avec réserve, vous l'autorisez de vingt citations curieusement cherchées et recueillies parmi les contemporains, votre travail qui semblera plus exact, puisque chacune des preuves apparaîtra ornée de sa page et de sa date, tournera aussitôt à la plaidoirie, c'est-à-dire au mensonge.
Je vais au-devant de ces reproches, qui me seront certainement adressés. Je ne veux pas qu'on me suppose misanthrope ou utopiste; je repousse l'une et l'autre accusation. J'aime le temps où je vis, bien que mille détails puissent blesser mon cœur ou navrer mon esprit. Ce qu'il exécute est magnifique, ce qu'il fait ou tolère est souvent méprisable, ce qu'il prépare et amène est prodigieux. Avouons bravement nos grandeurs et nos tristesses. De ce passé qui croule sur nos têtes, de ce présent qui tremble sous nos pas, tout est-il également bon? Non. — Également mauvais? Non.
Le point de vue de l'observateur n*est point misanthropique ou utopiste, amer ou joyeux, triste ou plaisant, bouffon ou sévère; on s'est trop accoutumé à cette formule exclusive, fausse et injuste.