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mière partie du vers. Heimsoeth, faisant ici l’application de sa méthode, et ayant lu dans un des manuscrits de Vienne la glose interlinéaire ὠπὸ τῶν Booray au-dessus du mot βροτοῖσιν, fait l'observation que cette périphrase est ordinairement, dans le langage des Scoliastes, l'explication du génitif, et 1l y voit un témoin de la leçon βροτῶν ὅπως, ou (ce qui serait plus vraisemblable, car cette leçon ne laisserait pas la moindre césure dans le trimêtre) une interprétation de ἐν βροτοῖς; en sorte que le vers devrait se lire :
Le verbe εὐροῇ paraît s'opposer à un sens personnel donné à δαίμων, et οὐρίζειν n’est pas, quoi qu'on en dise, susceptible d’un sens intransitif : il ne peut signifier que vento secundo propellere, ou, tout au plus, ventum secundum spirare. En lui donnant le sens général de faire souffler un vent favorable, et en lui donnant pour complément τύχης, dépendant en quelque sorte de l’idée de substantif (ἄνεμον) qui
est dans le verbe « faire souffler un vent favorable en fait de destinée, de sort, de fortune, fortunæ ventum secundum mittere », on voit que δαίμονω passe au sens personnel. On éprouve la même difficulté en corrigeant τύχας (accus. régime de cuew) avec Blomf. Enfin le τὸν αὐτὸν daiuoyæ ne me paraît justifié, ni quant à l'inversion de sa construction, ni quant à l'expression τὸν αὐτὸν opposée à ὁ δαίμων. Ce sont les notions verbales εὐροεῖν et οὐρίζειν qui doivent être opposées, et non les substantifs ὁ δαίμων et τὸν αὐτὸν δαίμονω. Je lis τύχην, Fortunam, dans le sens personnel, mais j'en fais le sujet et non l’objet de οὐριεῖν. Dans aucun cas je ne construirais δαίμονα τύχης. Toy αὐτὸν δαίμονα est ce qu’on appelle l’accusatif de l'effet, ou accusatif par anticipation.
Sur le sens impersonnel de ὁ δαίμων, comp. v. 827, ὑπερφρονήσας τὸν πωρόντω δαίμονω; et, Sur la suppression de l’article devant τύχην, Sept. 407, ἃ μὴ κραΐνοι τύχη, οἱ Agam. 646, où πεποιθότες τύχῃ.
ἐμοὶ yao nn πάντω μὲν Φόβου πλέα ἐν ὄμμασιν τὠνταϊω (OU τ᾽ dyraia) Φαίνεται ϑεῶν, βοῶ δ᾽ ἐν ὠσὶ κέλαδος οὐ παιωνιος * L'insuffisance des interprétations données sur ce passage prouve qu’il y a quelque vice caché dans le texte traditionnel.
Comme la reine fait, dans ces trois vers, l’application à sa personne de la sentence qui précède, on pourrait périphraser le γάρ par les mots: ef c'est mon cas, car...., 51 C'était la dernière et non la première alternative qu’elle s'applique. On ne peut appliquer non plus, dans ce passage, le yo par anticipation et ne demander la proposition principale qu'aux deux vers suivants ; car, outre que le premier vers constituerait, dans son rapport à ce qui précède, une sorte d’asyndeton peu justifiable, le μέν S'y opposerait formellement. Heimsoeth, die ind. Ueberl., p. 124, corrige ἐμοὶ δ᾽ 0° ἤδη. Je lis ἐμοί y 40 ἤδη.
La leçon τ᾽ ὠνταῖω ἃ pour elle M. Ald., Rob. G. Lips. Téyraiz seulement Turn. et Vict. Le Scoliaste À les mentionne l’une et l’autre. Hermann s’est prononcé pour réyræiæ et traduit : adversa deorum mihi videntur plena metus. Mais l'idée même manque de sel : il va sans dire que les manifestations hostiles de la volonté des dieux sont effrayantes, et, comme application faite par Atossa à sa personne, cette pensée manque de propriété: la construction est d’ailleurs indigeste.
Hermann ajoute : pessime Blomfieldius τοὶ ϑεῶν. C’est cependant la bonne leçon. D'abord, on se rend facilement compte de la disparition de ce τοὶ par les mains de copistes qui considéraient ϑεῶν comme dissyllabe : puis Heimsoeth ἃ trouvé, par l'application
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de sa méthode, die ind. Ueberl., p.195, des témoins de cette leçon, que Blomf. proposait suo periculo, notamment dans le Scol. Med., ἐναντίω Φαίνεται τὸ ϑεῶν᾽ οἷον ἀντικειμένους ἡμῖν ὁρῶ τοὺς ϑεούς, et dans l'interprétation du Scol. B., & τοῖς ὠνϑρώποις οἱ ϑεοὶ ἐπιφέρουσιν. |
Blomfield, ponctuant d’une virgule le premier vers, parait avoir vu deux propositions dans les deux premiers vers, liées par le τ᾿ du second, et avoir entendu πλέα (ἐστὶ). D'autres, effaçant la virgule après σλέα, paraissent considérer le re comme liant ἐν ὄμμασιν ἀνταῖω à πλέα. Dans ce cas, il vaudrait mieux lire xayraia, le καὶ ne liant que les deux adjectifs ὠνταῖω et πλέα.
Quant à moi, 1] m'est impossible de ne pas mettre ἐν ὄμμασι et ἐν ὠσὶ en parallélisme pour la construction, comme ils le sont pour le sens; et Je n’hésite pas à restaurer (oz d'en βοᾷ τ᾽. L'altération δὲ est vraisemblablement due à l’apparente nécessité de donner un corrélatif à μέν ; car, lorsque dé correspond à τε, il y a toujours une raison suffisante de ce changement de rapport, une accentuation particulière : au membre amené par dé, comme, par exemple, plus bas, au vers 627-698 :
σὺ TE πέμπε pos ϑαλώμους ὕπο γῆς, ἡμεῖς δ᾽ ὕμνοις αἰτησόμεϑα"
! re... δὲν Le premier annonce simplement une coopération prévue ; le second relève et accentue cette coopération.
La construction n’est pas πάντω τοὶ ϑεῶν (sujet) Φαίνεται. Le rayra ἃ encore le sens universel qu’il avait au vers 603 πάντα δειμαίνειν Que; il n’en est que la reproduction ou l'application à la personne d’Atossa. Quand le πάντα est prononcé, la construction est encore πάντω μὲν Φόβου πλέω ἐστὶν, Scilicet, ἐν ὀμμασίν τε ὠνταῖω τὰ ϑεῶν, ἐν ὠσί τε κέλαδος οὐ ποιώνιω βοῶν (double apposition de πάντα μὲν φόβου πλέα) : seulement le verbe ἐστὶ, renvoyé à l’apposition, s’individualise naturellement, à la suite de ἐν ὄμμασι, en Φαίνεται, et cette individualisation appelle celle de oz. Cette sorte d’anacoluthe, qui va rien d'indigeste, explique l’altération de ce texte.
Quant au δέ que faisait attendre le μέν, le rapport a pris un autre tour, par suite de l’anacoluthe, et se résout dans ruycæo....! L'idée qui devait l’amener n’est exprimée que dans la dernière phrase du discours: dAN, © Qi... Δαρεῖον ἀνωκωλεῖσιθε, γαπότους δ᾽ ἐγὼ τιμεὶς προπέμψω. .. 18 lis donc les trois vers:
ἐμοί γ᾽ ἀρ ἤδὴ marre μὲν Φόβου πλέα ἐν ὄμμωσίν τ᾽ ὠνταῖω Φαίνετωι τοὶ ϑεῶν βοῶ τ᾽ ἐν ὠσὶ κέλωδος οὐ παιώνιος.
τ « Proinde hanc viam ex ædibus sine curru, depositoque pristino ornatu relegi, propitias filii mei patri inferias afferens, quæ placandis manibus inserviant (inserviunt). » Schütz. Sur l'expression στέλλειν κέλευϑον, v. Blomf. : seulement
il y a dans l'expression un certain apprêt qui caractérise un
personnage accoutumé à la grandeur.
vou hs DA À
, En terminant l'analyse de ce discours d’Atossa, j'observerai que les commentateurs ont eu tort de mettre en doute et de corriger la leçon Bio dans l'élégante expression ϑαλλούσης βίον du vers 619 :
Blomfield, désespérant d'expliquer l’accusatif βίον, propose la leçon χεροῖν, qu'il tire, en suivant un filon de la mine élargie par Heimsoeth, de la paraphrase du Scol. À : «πάρεστι you ταὶς ἐμαῖς χερσὶ καὶ καρπὸς ἐλαίας ξανθῆς, τῆς αἰὲν ϑαλλούσης τοῖς Φύλ.λοις.» Mais cette paraphrase n’est probablement que celle du mot πάρω. Hartung corrige (βίον en πίων. Dindorf, 5me édit., en ἴσον. Schneider voit dans (βίον l’accusativus temporis. La locution Θώλλειν βίον n’est pas plus extraordinaire que l’homérique πῦρ ὀῷϑαλμοῖσι δεδορκως, Odys. τ 44G, μένεω πνείοντες, Il. β' 536 et autres semblables. C’est une application de l’accusatif de l'effet. On dit très-bien en grec vivre une vie, βιοῦν βίον. Or la vie (τὸ Bow) de la plante consiste dans sa force végétative (ϑώλλειν). Le régime βίον donne au verbe ϑάλλειν le sens de vivre, comme le verbe ϑώλλειν donne au régime βίον le sens de force végétative : &Tolivier qui manifeste en tout temps, dans ses feuilles, sa vie, sa force végétative. » Mon savant et vénérable maître M. le professeur Pétavel.
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ATOSSA. VERS 601-635. 91 626-635 βασίλεια yuva...... πέρας εἴποι.
Dans cette introduction anapestique au deuxième stasimon, je relève, en passant, au vers 630 εὐῴρονας εἶναι κατῶ γαίας, la variante κατοὸ γαῖαν donnée par plusieurs manuscrits. Hermann regarde comme admissibles lune et l’autre leçon, quant au sens: « dici potuit et κατὼ γαῖαν οἱ κατὸὼ γαίας : 564 numerosiorem reddere versum videtur genitivus. » Mais κατὰ γαῖαν ne peut être pris pour εἰς Φῶς, comme le remarque Hartung («ut propiti Darium in terram deducant » Wellauer), et il n’a pas d’application ici dans le sens de sur la terre, c’est-à-dire pendant le séjour qu'il va faire sur la terre. L'interprétation du Scol. εἶναι κάτω τῆς γῆς πραεῖς πρὸς τὸν Δαρεῖον périphrase la vraie leçon κατα γαίας.
Toutes les éditions, à part celle de Schütz, lisent les deux derniers vers, 634-635 :
Schütz, adoptant la conjecture de Pauw, « ἄχος», traduit : am si quid superesse noverit molestiarum, solus mortalium ecquis earum finis futurus sit, nobis dixerit. Hermann ἃ repris le texte des manuscrits ἄκος, et traduit : si quid præterea (præter insti-
tutam supplicationem) remedium habet Darius, hic solus finem malorum poterit indicare. Mais son præter institutam supplicationem n'a pas d'application ici; car cette supplication n’est pas par elle-même un remède aux maux passés: elle n’a d'autre but, dans le sentiment du Chœur, que d’obtenir des dieux infernaux l'envoi de Darius ! sur la terre. D’ailleurs ce serait torturer cette phrase que de lui faire signifier: s'il est quelque remède à nos maux et qu'il le connaisse, lui seul entre les mortels est capable de nous l'indiquer. La correction de πλέον en παρόν" n'ôterait pas à cette phrase ce qu’elle a d’illogique et de forcé. Si Darius connaît un remède, à quel titre est-il le seul mortel capable de nous indiquer une issue ? La réponse : à cause de sa bonté et de sa sollicitude pour le sort des Perses, ne satisfait pas.
Je suis tenté de retourner à la conjecture de Pauw et au texte de Schütz, en prenant πλέον dans le sens de ultérieur (le ἐπέκεινα du Scoliaste). On voit par les vers 520-591 :
qu’on n’avait rien à attendre de Darius pour les maux
{ Nihil illo triste recepto. Virg. En., IX, 262.
? Le savant bibliothécaire de Munich, M. le professeur Halm, me communique verbalement sa conjecture, plus rapprochée du texte, πέλον = ὄν.
passés : ce qu'il peut faire, c’est de prévenir les maux à venir, s'il connaît quelque conséquence ultérieure de l'aveuglement de son fils ; et ce sera bien en effet le résultat de son apparition et des conseils qu'il donnera aux Perses.
J'avoue que l’idée d’un remède aux maux présents paraît si naturelle dans la situation du Chœur, que, la leçon ἄχος füt-elle originale, l’altération 4xeç ἃ dû s'établir avec une autorité presque irrésistible, ce qui expliquerait sa présence dans tous les manuscrits. Cependant il faut peut-être tenir compte de l'idée capitale du poëte (voyez, sur cette idée, ce que j'ai dit dans l'introduction), et de ce que cette idée arrive à sa plus haute expression dans le conseil par lequel Darius conclut la consultation qui lui ἃ été demandée, v. 788 sqq. : τί où, ἄναξ Aapeis........ Nous avons vu plus haut que le Chœur est préoccupé des conséquences futures de ce désastre (v. 558 sqq., οὐκ ἔτι περσονομοῦνται, δασμοφορουσιν), et Darius lui apprendra tout à l'heure que les Perses ne sont qu’au commencement de leurs maux. Je suis donc tenté, comme je l’ai dit, d'écrire ces deux vers:
« Car, s'il connaît quelque souffrance qui nous soit encore réservée, seul entre les mortels 1ἰ est capable de nous en indiquer l'issue. »
Heimsoeth, die ind. Ueberl., p. 57, trouve un témoignage en faveur de la leçon ἄχος dans le Lipsiensis, qui porte, au-dessus de la leçon ἄκος, la glose λύπην, évidemment relative à la leçon ἄχος, et il cite la glose d'Hesychius : ὥχος, λύπη. Il pense avoir restauré notre texte, en lisant les deux vers:
«Il faut, dit-il, que Darius apprenne ce qui est arrivé, pour être en état de donner un conseil. Parais, s’écrie le Chœur, v. 665, en s'adressant à DariUS, ὅπως καινώ TE κλύῃς νέω τ᾽ ἄχη. Envoyez-le à la lumière, s’écrie-t-il ici en s'adressant aux dieux, car s’il connaît (quand 1] connaîtra !) le malheur qui nous accable, seul entre les mortels il est capable de nous en donner l’issue. » Mais je crains bien que le germanisme wenn er weiss, qui traduit littéralement le εἰ οἶδε, n'ait, par inadvertance, égaré le savant Critique.
DEUXIÈME STASIMON
Le second stasimon, v. 636-681, présente des traces d’altération si profondes que je ne l’aborderai qu'avec une extrême réserve, en me contentant d’énoncer quelques postulats, qui me paraissent sortir du contexte, dans l'appréciation des éléments fournis par les instruments critiques.
Dans la strophe α΄, v. 636-649 :
ἡ D die μου paxapiras ἰσοδαίμων βασιλεὺς βάρβαρα σωφηνὴ
ἱέντος ro παναίολ᾽ αἰανη δύςϑροω βώγματα, παντώλων ἄχη διαβοᾶσαι ;
Je ne vois rien de suspect que la leçon διωβοώσω que donnent le Med. et la plupart des autres manuscrits. Ce ne peut être un 5110]. aor. avec le signe de l'interrogation dont le marquent la plupart des dermères éditions : le conjonctif délibératif n’a pas d’ap-
plication ici, car le Chœur n’éprouve pas de doute
sur la convenance de pousser ses cris de douleur. Le futur de l'indicatif serait diBoaroueu. J'approuve fort la correction de Hermann qui écrit, comme je viens de le faire, διαβοῶσαι (infin. aor.), et renvoie le signe de l'interrogation après ce mot: « scribendum διαβοῶσαι, continuatà structurà cum præcedentibus. » Je rejette toutefois l'interprétation comprise dans l'observation qu’il ajoute: « Non chori est διαβοῦν, sed eorum qui audiunt. » La phrase précédente signifie: quand je pousse toutes les expressions, tous les accents de la douleur, et celle-ci: pour proclamer notre immense désespoir, ad miserrimas calamitates clamandas, pour faire parvenir, par l'intensité de mes cris, jusqu'à lui l'expression de notre immense douleur.
Mais comment s'organise ce fracas de cinq épithètes données au substantif Bayuara? La note de Stanley sur l'efficacité superstitieuse de lemploi des mots barbares dans les rites religieux n’a pas grande portée ici, car elle ne porterait guère que sur emploi du mot βωλὴν dans la strophe y. Βάρβαρα doit être mis en rapport logique avec cæ@m : « quand j'envoie sous des formes qui doivent lui être encore familières, dans des expressions dont il doit reconnaître le caracière, l'accent national (prædicativè, δῆλα αὐτῷ, Scol. B), tous Les mots lugubres (la correction de Blomf., adop-
ΑΝ DEUXIÈME STASIMON. VERS 636-681. ον
τᾷ tée par Hartung, Bavyuaræ, ne s'accommode pas | avec βάρβαρα σαφηνη) qui expriment la douleur … sous toutes les formes (τὰ πανωίολα). > Παναίολ᾽ est en rapport logique avec αἰωνή, comme βάρβαρα avec σαωφηνή.
STROPHE ET ANTISTROPHE β΄ 650-659
Dans la strophe β΄, v. 650-654, les indices exté- … rieurs sont en faveur du verbe à la troisième per- - sonne. Le Mediceus, confirmé (en annotation) par les Par. A. C., Colb. I, donne ὧν εἴη. Vit., Ven. Α., Mosc., …. Ox., Par. B (d’après le témoignage de Brunck et de 4 Bekker), Colb. I (de première main), Ald., Rob., ὠνίη. Εν Cantab. 1. 2., Par. A. F., Turn., ανίει, Cette dermère forme est interprétée comme troisième personne ᾿ par le 500]. À, « dyie καὶ ὠνωπέμψει καὶ ὠνωδώσει , τῆς γῆς τὸν Δαρεῖον βασιλέα,» et comme seconde personne (impér.?) dans l’annotation εἴθε ἀνωπέμποις du Par. À, si toutefois cette annotation porte sur la leçon donnée par ce manuscrit. (Comp. Herm. II, ΟΡ. 228.) Quoi qu'il en soit, c’est de cette annotation que Brunck a tiré la leçon ὠνείης, que je vois repro- .… duite par la plupart des derniers éditeurs.
ΕΟ CV ἐ μιν
Ὁ Mage" ᾿ “
Quant aux éléments internes du contexte, sil est permis d'y pénétrer, ils ne me paraissent pas moins favorables à la troisième personne. Nul doute que les deux premiers vers ne soient en rapport logique avec le reste de la strophe. Le Chœur vient de s’adresser directement à la Terre et aux conducteurs des ombres par l'impératif : ἰόντ᾽ αἰνέσωτ᾽ ἐκ δόμων Περσῶν Σουσιγενή Θεὸν, πέμπετε δ᾽ ἄνω...., 645-649; mais il met moins de confiance dans la facilité d’obtenir, à cet effet, l'autorisation du monarque de l’empire souterrain, et Darius confirmera bientôt cette appréhension dans ces mots: ἐστὶ δ᾽ οὐκ εὐέξοδον, ἀλ- Dog τε πάντως χοὶ κατὸ χϑονὸς ϑεοὶ λαβεῖν ὠμείνους εἰσὶν ἢ μεϑιέναι, 689-691. C’est donc pour s’encourager à concevoir l'espérance d'obtenir cette faveur que le Chœur commence la strophe par cette réflexion :
n Φίλος ve, Φίλος ὥχιϑος.᾿ Φίλα yao κέκευϑεν ἤϑη.
Dans cette intuition, il ne me paraît pas possible de passer à l'invocation directe ᾿Αἰδωνεῦ δ᾽, pas même sous la forme mitigée ou supplicative de loptatif : le δέ, au lieu de servir de lien logique, isolerait entièrement la pensée précédente. Le terminatifsous-entendu de Φίλος n’est pas nécessairement et exclusivement
! Teullel remarque, avec raison, qu'il faut nécessairement lire ou de... ὄχϑος OÙ de ... ὦχϑος.
DEUXIÈME STASIMON. VERS 636-681. 99
ἥ μοι: l'expression ἃ un caractère général, et appelle- rait plutôt un rapport aux dieux et à la personne même de Pluton. « Certes et l’homme et le tombeau sont bien de nature à mériter la bienveillance (des dieux et des hommes). »
Les leçons οἷον et οἷον sont également appuyées par les instruments critiques. Je tiens pour certain que la seconde est la bonne : mais elle doit être expliquée autrement qu’on ne l’a fait jusqu'ici. Un Scoliaste l'entend dans le sens de seul roi vraiment digne dece nom, « τὸν μόνον γενόμενον βασιλέα dit τὸ κηδεμονικόν. » Hermann, qui lit le dernier vers : « daioy οἷον cvæuræ Δαρεῖον, fait porter οἷον sur l’épithète dæoy et traduit « hunc solum terribilem hostibus regem. » Je pense qu'il faut mettre le οἷον en rapport avec Pidée exprimée dans le passage cité plus haut, 689 sqq., supra p. 98, en prenant la citation tout entière :
ἄλλως τε πάντως oi κατὰ χιϑονὸς Θεοὶ
ἥκω 689-693, par où l’on voit que les espérances du chœur se sont réalisées par les raisons mêmes sur lesquelles elles se fondaient. « Nous ne demandons à l'avare Orcus que cette exception ; et elle serait bien justifiée, car.... antistrophe @’.» On peut comparer aussi le vers 635, μόνος ὧν ϑνητῶν πέρας εἴποι.
La raison qui paraît avoir fait pencher la balance en faveur de la seconde personne du verbe, c’est la répétition du mot ’Aïdeveus ; mais, outre que la forme nominative, qu'il porte dans tous les manuscrits, rend ce vocatif suspect,‘ je sacrifierais facilement le second, s'il le fallait, quoiqu'il se trouve dans les marñuscerits M. G. Vit. Lips. Cantab. 1. 2. Mosc. Par. À. FL, omis cependant par le Par. B., les autres manuscrits et les éditions antérieures à Brunck : je le ferais d’autant plus volontiers que le ϑεομήστωρ δ᾽ ἔσκεν de l'antistrophe, rendu d’ailleurs suspect par cette forme homérique de limparfait, qui ne se trouve dans aucun des Tragiques, pourrait bien provenir d’une interprétation, du reste assez plate, organisée par les métriciens pour correspondre à la strophe altérée.
Le dernier vers de la strophe se présente sous cette forme :
δωρεῖον οἷον ἄνακτα δαρειοῖν. ἠέ dans M. G. Vit. (ce dernier sans #e) Lips. Par. A. Β. et la plupart des manuscrits et des éditions avant Brunck. Toutefois le Mediceus écrit le dernier mot dæpsiay. Cette forme Δαρειοῖν se retrouve encore aux vers 669, 679 :
βάσκε, πάτερ ἄκακε Δαρειάν quoique Hermann observe, avec raison, qu'elle ne peut servir pour l'accusatif au vers 693, et pour le
‘ Dindorf, 5° édit., a pris son parti de corriger ᾿ΑἸδωνεῦ,
Les, “| Ἐν Ρ dE : dé Gars ve id à É PSI ed PP αι τε dy
DEUXIÈME STASIMON. VERS 636-681. 101
vocatif aux vers 665 et 672. La répétition du nom de Darius dans le même vers, sous deux formes différentes, ne serait admissible qu’à la condition de considérer la seconde comme un terme de tendresse familière (ὑποκοριστικὸν cvoua). J'ai indiqué plus haut la correction de Hermann. Dindorf, 5me édit., admettant, avec Δαρεῖος, trois autres formes du nom de Darius, Δαριάν; Δώριάϊος et Δωριήκης, lit les deux derniers vers :
J'ai peu de goût pour toutes ces variantes du nom de Darius. Peut-être même ce nom ne figurait-il ni au commencement ni à la fin du vers, et la personne de Darius fut-elle signalée par une scolie, soit au commencement soit à la fin, ce qui aurait amené la ridicule explication du Scoliaste À, οἷον τὸν καὶ Aaρειαὶν κεκλημένον. Il ne serait point absurde de tirer parti de la leçon du Mediceus, qui nous mènerait à la leçon δ᾽ ἀρε ἄν suivie par Schneider, qui lit: Aaρεῖον, οἷον dyaxra δ᾽ ἀρεί (opt. aor.) ὧν. Seulement éprouvera-t-on peut-être quelque scrupule de donner au verbe αἴρειν, employé tout nu, le sens de élever, laisser venir à la lumière. On sent ici le besoin de l'idée du mot μεϑιέναι du vers 691, sinon du mot luimême μεϑεὶς.
Cest pour fixer les idées développées ci-dessus, en
leur donnant un corps, et non avec la prétention de restaurer définitivement le texte, que je transeris la strophe suivante :
Φίλα yap κέκευϑεν 19n°
οἷον evo Se dyan Top ἀρει ὧν. En.
« Certes et l’homme et le tombeau sont bien dignes d'une bienveillance signalée, et Aïdoneus pourrait bien, en leur faveur, se départir de son avidité (ἀνωπομπὸς εἰνωι), Oui, Aidoneus pourrait, par une exception unique, faire surgir notre roi des entrailles de la terre. »
On pourrait se passer toute autre fantaisie avec la leçon ὠνείη, en supprimant le second ᾿Αἰδωνεύς, et en terminant la strophe par le mot δαρεῖον. Ge que je considère comme postulats, c’est le verbe à la 3me personne de l’optatif, la suppression de l’un des deux noms donnés à Darius, et enfin le sens que J'ai donné
ἃ oicp.
Le dernier vers de l’antistrophe β΄ est donné sous cette forme, δ᾽ ἔσκεν, ἐπεὶ στρατὸν εὖ ἐποδώκει.
par le Med., le Vitemb. et la plupart des manuscrits et anciennes éditions; encore le Med. donne-t-il cette
DEUXIÈME STASIMON. VERS 636-681. 103
« leçon par correction et de seconde main: il porte, ᾿ς de première main, ὑποδώκει au lieu de εὖ érod. Le Guelf. donne εὖ érodexu avec la glose διῴκει.
} La correction est d'autant plus difficile qu’elle doit tenir compte de la restauration à faire du dernier …. vers de la strophe. Hermann, dans son édition post- — hume, lit εὖ τόϑ᾽ ὠδώκει (τότε, alors qu'il vivait), | en citant le vers 549 sq. : τίπτε Δαρεῖος μὲν οὕτω TÔT ἀβλαβὴς ἐπὴν τόξαρχος πολιήταις. (Voyez ci-dessus, p. 72.) Mais, outre que le τότε se justifie peut-être plus facilement dans le passage cité que dans le nôtre, le sens requiert ici un imparfait. J'en dirai autant de toutes les restaurations ou explications par le plus- ᾿ς que-parfait, notamment de l'explication de Schütz, | qui voit dans la leçon traditionnelle ἐποδώκει une
forme ionique, avec suppression de l’augment pour ἐφωδώκει, même avec la correction de Porson &7w- ᾿ς δώκει, et en admettant l'existence de ce verbe ἐφο- ᾿ς δοῦν. La conjecture de Tanaquil Faber, εὖ ἐποδόχει, fondée sur le passage de Pollux, [, 98, ὁ κυβερνήτης ὁ ἐπὶ τῶν οἰώκων κωϑήμενος, ὁ τῆς νεῶς ἡγεμών, ὁ τῶν γωυτῶν ἄρχων, ὁ ἐπὶ τοῖς οἰωξιν ἑστῶς, καὶ κωτ᾽ ᾿Αντι- Φῶντω ὁ ποδοχῶν, ἢ μᾶλλον κατ᾽ ἐμὲ ὁ ποδηγῶν, El — sur le témoignage d’un grammairien dans les Anecd. de Bekker, I, p. 297, 5. ποδοκεῖν (ποδοχεῖν ), τὸ τῷ ποδὶ κυβερνᾶν (le pedem facere de Virgile, En., V, 830, le πούς étant le cûble par lequel on attache
l'extrémité inférieure de la voile au bord du navire pour serrer le vent); cette conjecture, dis-je, qui ne déplaisait point à Hermann, a été adoptée par Dindorf, qui l'a modifiée en l’écrivant εὖ ποδούχει, De édition (εὖ ᾽ποδούχει ?), par analogie avec les formes homériques telles que σκήπτουχος, dadouyos. La correction est ingénieuse ; seulement cette image, empruntée à la navigation, aurait plus de couleur locale dans la bouche de sénateurs athéniens famiharisés avec les manœuvres du port d'Athènes que dans celle des vieillards de Suze. La leçon ἐφωδήγει fournie par un Par. «Optimus Codex Par. ἐφωδήγει» Herm.
(est-ce la glose ὡδήγει du Par. B.?) correspondrait tant bien que mal à la strophe que J'ai transerite. L'imparfait du verbe ποδηγεῖν se prêterait à d’autres combinaisons.
STROPHE y
Quelques éditions ponctuent les premiers mots de la strophe :
βαλὴν ὠρχιαῖος, βαλὴν, ἴϑι, ἱκοῦ. Dind. Teuf ᾿ d’autres : βαλὴν, ἀρχαῖος (Ban, ἴϑι, ixou. Hem.
La seconde ponctuation me parait préférable. On
DEUXIÈME STASIMON. VERS 636-681. 105
a cité ce vers à l’appui de la forme nominative pour le vocatif au mot ᾿Αἰδωνεὺς répété, au vers 652; mais les deux exemples ne sont pas précisément identiques : le premier βωλὴν est franchement vocatif; dans le second , l’épithète ὠρχαῖος prend quelque chose de prédicatif qui justifie le passage à la forme nominative; c’est une épithète donnée avec réflexion et avec amour.
Le dernier vers de la strophe se lit dans le Mediceus, d’après l'échantillon donné par Dindorf, dans la préface à sa cinquième édition, p. LX VIT:
βάσκε πάτερ ἄκωκε danay oi.
et, répété au dernier vers de l’antist.,.... δαρειαν οἷ, /
Le Guelf. écrit les deux premiers mots: βώσκε περ. De cette forme paraît être née la variante περῶν donnée par Vit. Lips. Mosc. Rob. Du reste, la plupart des manuscrits reproduisent la leçon douar; ainsi G. Ven. A. δωρειοὶν οἴ, Le Lips. δωρειοὶν οἱ, le Vit. δωρειοὶν οἷ᾽.
De la périphrase du 800]. A: « βώσκε καὶ πορεύ- 9ητι, © Δαρεῖε δέσποτω, Siebelis (de Aesch. Persis dhatribe, Lips., 179%) ἃ tiré l’ingénieuse conjecture, qu’il propose comme leçon et que je suis bien tenté d'adopter : δαρεῖ" ἄνα. Schütz : δαρεῖ᾿ avu. Hartung : βάσκε περῶν, ἄκωκε Aapti ao Hermann, se laissant émouvoir par l'accord des manuscrits et
par la scolie, au vers 653, « ἔοικε δὲ ὁ Δωρεῖος καὶ Aaρειοὶν Aéyer deu,» adopte ici, COMME ὑποκοριστικὸν ὄγομνώ, la variante du nom de Darius, et hit le vers :
βώσκε, πώτερ ἄκακε Δαρειών en un crétique, qui se résout en premier Peon, suivi d’un dochmius.
Blomfeld, en proposant la leçon :
βάσκε περῶν duane Δαρεῖ ἰαυοὶ a attiré l'attention sur le passage des Grenouilles d’Aristophane 1052 (1027 sqq.), où le Comique fait évidemment allusion à ce chant du Chœur des Perses : à ces paroles d'Eschyle :
cire διδώξας Πέρσας μετὰ τοῦτ ἐπιϑυμεὶν ἐξεδίδαξα
νικῶν ἀεὶ τοὺς ἀντιπάλους, κοσμήσας ἔργον ἄριστον, Bacchus répond :
ὁ χορὸς δ᾽ εὐθὺς τῶ χεῖρ᾽ ὡδὶ ξυγκρούσας εἶπεν ἰαυοῖ, « φημι intelligebant (cum sentirent) prodire mortuum Darium », Herm.
L'application à ce vers de l’allusion d’Aristophane supposerait que l'ombre de Darius n’apparaît sur son tombeau qu'avec l’épode, mais que pendant la strophe y le tombeau s'émeut et s'ouvre. Dans cette hypothèse la leçon βώσκε περῶν prendrait un intérêt particulier. Mais il serait bien difficile de tirer une leçon
! Restauration adoptée par Herm., au lieu de ἀπηγγέλθη ou
δ...» Lis
DEUXIÈME STASIMON. VERS 636-681. 107
précise de cette exclamation javoi pour notre vers. Cette allusion est une parodie qui semble porter (τὼ χεῖρ ὡδὶ ξυγκρούσας) plutôt sur la gesticulation des personnes du Chœur que sur la forme de l’exclamation, si ce n’est sur l’une et sur l’autre. Comp. Dindorf, préface à sa 5e édition, p. LXVIIT.
Dans l’antist. γ΄, personne ne fera difficulté d’admettre la correction δέσποτα δεσποτῶν de Dind.; seulement Teuffel observe, non sans quelque malice, que c’est peut-être corriger Eschyle lui-même, qui se sera mépris dans l’application δέσποτω δεσπότου (au sing.) de la formule orientale, mais que l'amélioration est incontestable.
Toutes les tentatives de restauration de l’épode, 674-681, ont été impuissantes, et le seront vraisemblablement jusqu'à la découverte de nouveaux manuscrits. Dans un texte qui ne nous est parvenu qu'en fragments ne présentant aucun sens, et qui
n'offre d’ailleurs pas le contrôle que fournirait une .
strophe correspondante, toute correction porte nécessairement un caractère d'incertitude et d’arbitraire ; et la restauration, présentàt-elle en elle-même un sens convenable et une structure correcte, n'aurait jamais le caractère de l'authenticité. N'ayant pas entrepris la publication d’un commentaire continu, Je m’abstiens de discuter les tentatives de Schütz, de Blomfield, de Hermann, de Hartung, de Dindorf, parce
T2 pere Lors
que le résultat de cette analyse serait négatif. Il m’a toujours semblé que des deux δυνώτω δυνώτω du M. (avec cette annotation ἀντὶ τοῦ δυνώστα) ou des deux duvaræ δυνώστα du Vit., l'un provenait d’une glose de l’autre. Quand j'ai été obligé de présenter un sens, par acquit de conscience, comme interprète, je me suis arrêté, entre autres, à cette leçon, que je transeris sans aucune prétention de rétablir le texte d’Eschyle:
τί τώδε, δυνάστα (ou δυνάτα),
παιδί' τε σῷ δίδυμα did γε τὴν ὡμαρτίαν
πάσω τε ya τῶδ᾽ ἐξέφυσαν " αἱ τρίσκαλμοι ὃ
“ ” LES ἄναες VOL.
1 De Blomf. Heimsoeih, die ind. Ueberl., p. 126, semblerait favorable à Πέρσαις.
? Le Med. porte, au lieu de la leçon universelle ἐξέφϑινϑ᾽
οι ai, ἐξέφυντ᾽ αἷ. Mais, comme le remarque Herm., le « de seconde
main n'est peut-être que le $: de la leçon ordinaire. 3 Quatre iambes suivis d’un dochmius.
ταρβῶ, pois δὲ πρευμενὴς ἐδεξώμην. 866.
L'interprétation de Schütz, au 3me vers: «gemui, pulsatur ac tantum non scinditur solum » est, je crois, généralement adoptée; elle se fonde sur l'usage où étaient ceux qui évoquaient les mânes de frapper la terre de leurs mains. Je sais que Naegelsbach, die nachhomerische Theologie, p.102 et 214, a, en quelque sorte, donné un caractère scientifique à cette interprétation, en établissant que les Grecs, dans leurs invocations, étendaient les mains vers les lieux où
était censée habiter la divinité qu'ils mvoquaient ;
ainsi, le plus souvent, vers le ciel ou vers la mer. Quand l’invocation s’adressait à des divinités infernales, on voit, dit-il, par Il. , 568 : la mère de Méléagre, voulant maudire son fils :
et par Hymne à Apollon Pythien, v. 155 (339) : αὐτίκ᾽ ἔπειτ᾽ ἡρῶτο βοῶπις πότνια Ἥρη, χειρὶ κατωπρηνεὶ δ᾽ ἔλασε χϑόνω καὶ Daro μῦϑον᾽ κέκλυτε VUY μοι, Ταϊω καὶ Οὐρανὸς εὐρὺς ὕπερϑεν, »ν. \ ESS \ / TiQmvés τε Θεοὶ, τοὶ ὑπὸ χιϑονὶ νωιετώοντες On voit, dit-il, qu'ils frappaient, des mains ou des pieds, la terre, comme s'ils frappaient, pour ainsi dire, à la porte de leur demeure souterraine. À ces passages il ajoute notre vers d’Eschyle, et Eurip. Troades, 1995 sqq. !
ς 3 / / ͵ Ἂς ᾽ u Ex. ὦ τέκνα, HAUTE, μώϑετε ματρὸς αὐδᾶν.
! Dans le passage homérique, la posture d'Althée πρόχνυ καϑεξομένη, et dans celui des Troyennes celle d'Hécube, γέραιο τ᾽ εἰς πέδον τιϑεῖσα μέλεα, et des Captives, διοίδοχὸν σοι γόνυ τίϑημι yaix, donnent à la gesticulation quelque chose de fort naturel; car, dans tous ces passages, c'est avec les mains que l’on heurte à la porte du séjour souterrain. Dans le passage de l'Hymne, Uranus, comme désignation toute personnelle, peut, malgré l'épithète εὐρὺς ὕπερϑεν, être considéré comme un des Titans retenus dans les entrailles de la terre,
vale, τοὺς ἐμοὺς καλοῦσω νέρθεν ὠϑλίους ὠκοίτας.
Certes, l’application de cet usage est favorable au sens littéral des vers d’'Eschyle. Il est entre autres impossible de n'être pas frappé du rapport de notre χαράσσεται ANeC le χερσὶ yaiay γλύπτουσα δισσαὶς d'Euripide. J’ajouterai que l’action orchestique dans l'exécution du deuxième stasimon peut avoir préparé l'interprétation naturelle des expressions employées dans notre vers, sans qu’il soit nécessaire de se représenter cette gesticulation comme allant jusqu’au ridicule.
Néanmoins j'ai quelque peine à me représenter les expressions du vers d’Eschyle comme exclusivement relatives à cet usage, et je n’ai pu me défaire entièrement des scrupules énoncés par Hermann sur cette interprétation « quam nemo elegantem esse sibi persuadebit. » Le principal passage du deuxième stasimon auquel puisse se rattacher cette action ou gesticulation dramatique, est la strophe +, et, dans cette strophe, le Chœur ne paraît employer d’autres moyens, pour éveiller l'attention et la sollicitude de Darius, que l'intensité donnée à sa voix et toutes les expressions de la douleur pour faire parvenir jusqu’à lui le eri de détresse de la patrie barbare (βώρβαρω σωφηνή
τοὶ παναίολ᾽ αἰωνὴ δύσϑροα (Bayuara). Dans tous les cas, si même la gesticulation supposée a accompagné certaines expressions du stasimon, les mots στένει, κέκοπται, χαρώσσετωι Sont des expressions de la douleur, et supposent que l'émotion éprouvée par le chœur a été ressentie par le sol autrement qu'avec l’insensibilité d’une porte à laquelle on frappe pour se faire entendre. Les deux premières sont assez retentissantes pour vibrer dans le sol; la troisième pourrait être une amplification due à l’imagination de Darius, familiarisée avec les démonstrations excessives de la douleur chez les Barbares. Quoi qu’il en soit, Hermann n’a vu dans notre vers que la sensation éprouvée sous le sol par Darius lui-même : «Π]hil hic aliud quam civium gemitus, pectora manibus pulsantium, intelligi videtur. » Χαράσσεται n’est pas scinditur, mais laceratur. Sans doute le mot πέδον, sujet grammatical des trois verbes, ne peut être pris que dans le sens propre ; c’est solum et non ferra, regio ; mais il faut considérer que l'ombre de Darius n’a pu entendre les gémissements (στένει), les coups sur la poitrine (κέκοπται), les déchirements du sem (χαράσσεται), qu'autant que ces démonstrations ont affecté le sol : Ze sol ébranlé m'a transmis les démonstrations de la douleur et du désespoir de tout un
‘ Comp. la fin du Κομμός, entre autres v. 101, ἔρεσσ᾽, ἔρεσσε, καὶ στέναξ᾽ ἐμὴν χάριν. 1023, καὶ στέρν᾽ pure. . . . 1025, 1028.
peuple, qui gémit, se frappe et se déchire le sein (GæoGBava). Et ici, sur la terre, que vois-je? ma femme près de mon tombeau, où elle vient de verser des libations, et vous....
La hardiesse de ce tour poétique ne serait pas indigne d’Eschyle.
L'idée des vers 4 et 5 était simplement λεύσσων δ᾽ ἄκοιτιν τὴν ἐμῆν, ἥπερ Mods ἐχεώσατο, OÙ χρᾶς χεασαμένην, ταρβῶ ; mais, ensuite de l'émotion que lui cause cette vue (ταρ(βῶ), il exprime sous forme prédicative l'effet favorable que cet acte d’Atossa a produit sur lui : c’est le cœur de Darius qui éprouve le besoin de
- dire (prædicare) à Atossa que ses libations lui ont
fait du bien; ce qui explique la forme paratactique de la pensée. Dès lors la leçon σρευμενής (prædicativè) est préférable à σπρευμενεὶς.
Au vers 687, Heimsoeth, die Wiederk., p.147, a été choqué de cette répétition du mot τώφου à deux vers de distance, et il remplace le second τὠφου par λίαν qu'il construit avec ϑρηνεῖτε. Cette accentuation de l’idée du tombeau où se manifeste la piété conjugale (comp. v. 219, πρευμενῶς δ᾽ œirou.... et 293, ci-dessus, p. 35) d’Atossa, et de la solennité de ce lieu dont le Chœur s’est approché pour procéder à l'évocation de Darius, est moins choquante à mes yeux qu’elle n’a paru l’être au savant Critique.
δίεμαι μὲν pavirar dau, δίεμαι δ᾽ ἀντίω Dar au, λέξας δύσλεκτω Φίλοισιν.
Dans les deux premiers vers, tous les manuscrits lisent δείομαι et dique. Sans parler du mètre, qui requiert un anapeste (ionicus ἃ minore), le mot δείομαι, rattaché à un thème δείω — δείδω est apocryphe. Quant à dique, 11 signifie persequor. Hermann ἃ donné l'excellente correction déeuou, se laisser poursuivre, fuir, de δίημι (homérique), poursuivre à la chasse.
Sile λέξας du paroemiaque était authentique, cet aoriste devrait être pris dans un sens absolu (absence de relation temporelle): « n’ayant à dire que des choses difficiles à dire à des amis. » Hermann corrige προλέγων.
Heimsoeth, dans son premier ouvrage, die Wiederh., p. 409: «bien que le mot δύσλεκτα puisse paraître requérir un mot de même racine pour le participe, je n'hésite pas à écrire ἐρέων δύσιλεκτα Φίλοισιν.ν Il cite à l'appui la scolie B, reproduite en partie dans la marge du (ἃ. « ὀκνῶ δὲ λόγον πρός σε ἄραι, ἐπειδὴ μέλλω λέξειν δύσλεκτω. x. τ. À, et HesyCh. ἐρέω, λέξω. Le scrupule lui était resté; car,
dans son second ouvrage, die ind. Ueberl., p. 98, il complète sa restauration, et lit :
en supposant que les deux mots du texte original ἐρέων δύσρητα Ont été interprétés simultanément par λέξων δύσλεκτα. Ce durera aurait donc été expliqué par δύσλεκτα (comp. Hesych. ὠρρήτως, ὠλέκτως) introduit ensuite dans le texte, et par κωκόφημα, δυστυχή, δύσκολω, dont le dernier ἃ passé dans le texte du Lipsiensis.
AAPEIOZ
-» € ͵ , \ “ / γίγνεται θνητοῖς, ὁ μαᾶάσσων βίοτος nv τωϑῇ πρόσω.
Dans le premier vers, la variante παλαιῶν du Cantab. I, du Vit., où le circonflexe est une correction, de seconde main, de l'accent aigu, et du G., avec cette scolie, παλαιῶν Φρενῶν, τῶν πάλωι προςόντων σοι
ὑπὲρ τῆς ἐμῆς αἰδους λογισμῶν, paraît due à un inter-
prète qui faisait dépendre le génitif φρενῶν du substantif δέος. La leçon de Med. Lips. Ald. Rob. Turn. παλαιόν σοι à Été COrrigée en 7æ&Aaoy σοὶ par Porson, qui ἃ vu que le σοὶ se construisait avec ὠνθίσ- Tara et n'était pas enclitique. Le mot φρενῶν ne se construit point avec δέος. Avec σοὶ ἀνθίστωται, {δὶ adversatur, le génitif φρενῶν exprime, au fond, le même rapport de privation que dans la locution ἐψευσας Φρενῶν Πέρσας du vers 467. Les deux constructions ἀνθίστωσϑθαί τινι Φρενῶν οἱ ἀνϑιστ. τινος Φρεσίν sont aussi légitimes que les deux constructions βλώπτειν τινὸς Φρενές οἱ βλάπτειν τινὰ Φρενῶν. C'est donc sans raison suffisante que Hartung corrige, d’après Blomf., ἀνϑέπτετωι. Le mot φρενῶν est ici pris dans le sens de l'exercice des facultés mentales, la présence d'esprit. Comp. ἀφεστάναι Φρενῶν. Soph. Phil., 865.
Au quatrième vers : ονθρώπειω δ᾽ ἀν τοι πήματ᾽ ἂν τύχοι βροτοῖς. Hartung retranche le premier ἀν. Le second ὧν n’est pas précisément un pléonasme du premier. Il y a ici deux prédicats cumulés ; le sens de ce vers est : l'infortune est un lot attaché à l'humanité, auquel des mortels doivent s'attendre. Proprement : «c’est à titre d’apanage de l'humanité (quand elles arrivent), que des souffrances peuvent être le partage des mortels; » la construction est :
» / el ” ! / ΄, ᾽ \ 1 « οἰνθρώπεια ὧν ὄντα (εἰ τύχοι) πήματ᾽ ἀν τύχοι (Bporois.
Au dernier vers, ὁ μάσσων βίοτος est à peu près synonyme de la vieillesse : « quand la vie, arrivée à la mesure commune et entrée dans le prolongement, se prolonge loin. »
ATOZZA
#3 -“ 7 ς \ 32, » Fm 2 ὥ βροτῶν πάντων ὑπερσχων ὄλβον εὐτυχεῖ πότμω, ε “ἢ 7 » \ € \ \ ὡς ἑως τ᾽ ἔλευσσες αὐγώς ἡλίου ζηλωτὸς ὧν / % / ΄ € \ ΄ βίοτον εὐωίωνω Πέρσαις ὡς Θεὸς διήγαγες,
γῦν τέ σε ζηλῶ ϑανόντα πρὶν κακῶν ide βάϑος"
Au premier vers, la leçon εὐτυχεῖ πότμῳ, tirée du Lips. εὐτυχῆ πότμω, paraît décidément préférable à celle du Med. (où η est toutefois de seconde main, substitué vraisemblablement à εὐτυχεῖ), du Vit., Ven. A., Mosc., εὐτυχη πότμον, qui fait de ὄλβον un accusatif déterminatif. |
Au second vers, du Par. À Brunck et, après lui, la plupart des éditeurs ont adopté ὅς ® ἕως (quod correctionem sapit). Je conserve la leçon ὡς ἕως τ᾽ ἐλευσσεςς. Ce ὡς nam rend raison de lappellation contenue dans le vers précédent : la construction régulière serait : ἕως τ᾽ ἐλευσσες. . .. διήγαγες, νῦν TE ἔϑανες ; mais le ζηλωτὸς précédent a entrainé la périphrase νῦν τέ σε ζηλῶ Savorra moi... Cette espèce
d'attraction ou d’anacoluthe est vraisemblablement la cause de toutes les variantes.
Dans ce dialogue, en 24 vers (στιχομυϑία), entre Darius et Atossa, je me bornerai à faire quelques observations, et à examiner quelques idées des derniers éditeurs.
Heimsoeth, die ind. Ueberl., p. 8, a mis en suspicion le vers 722 :
πῶς δὲ καὶ στρωτὸς τοσόςδε πεζὸς ἤνυσεν περῶν (περῶν ?); ses doutes portent sur le changement de sujet, qui devrait être Xerxès, comme dans les vers qui précèdent et dans ceux qui suivent. Il trouve l’expression ἤνυσεν περῶν incomplète, et celle de στρατὸς τοσόςδε πεζός prosaique. (Mais πεζός est adjectif prédicatif et se construit avec le verbe qui suit.) Bref, il a trouvé dans le manuscrit de Vienne :
il y ἃ vu un témoin de la leçon originale, antérieur à l’altération du texte traditionnel, et 1} lit :
πῶς δὲ καὶ πέρας τοσόνδε πεζὸς ἤνυσεν περᾶν ; avec Xerxès pour sujet. Il suppose que στρατός est sorti d'une explication placée au-dessus du mot πε- Gs, et que cette glose n'était pas encore parvenue à
ΡΥ ct dE D ct de ont ns DÉS" ΤΥ de ΨΥ © +
l'état d’une entière interpolation dans la source du Codex Vindob., comme dans les autres manuscrits et même dans le Med. Du reste, cette discussion vient dans un passage où l’auteur s'applique à réfuter la prétention du Mediceus à être la source universelle de toute notre tradition écrite.
Quoi qu'il en soit, je pense qu’il faut encore surseoir à cette correction. L'expression στρατὸς τοσόςδε est peut-être suffisamment justifiée par les vers précédents, et notamment par le 719 : κενώσας πᾶσαν ἠπείρου πλάκα, comparé avec le 721 : διπλοῦν μέτωπον ἦν δυοῖν στρωτευμάτοιν. Quant au changement de sujet, 1] s'explique peut-être par le changement de personnage, et ne serait pas par lui-même une raison suffisante.
Au vers 727 :
je ne construis pas (si tanti est) πάρεστιν ἰδεῖν οἷον (ὡς) κακὸν (adjectif) τέλος ἤνυσεν, comme paraît lavoir fait Schütz, « adeoque jam videre licet, quam malum facinora ejus exitum habuerint », ni τέλος adverbe; mais οἷον ἤνυσεν κωκόν dépend de ἰδεῖν réλος : c’est le contenu de τέλος, l'issue. « Oui, l'issue nous montre quelle mauvaise pensée 1] a accomplie. » Je vois du reste, par la virgule placée après πάρεστιν, qu'Hermann l’entendait ainsi.
Au vers 793 :
Βακτρίων δ᾽ ἔρρει πανώλης δήμος, où dé τις γέρων. ΤᾺ}.
Hermann, en écrivant οὐδέ τις γέρων, interprète la vulgate: Bactriorum quoque universus perht exercitus, neque ille imbellis. Dans le même sens, Dindorf propose où δή τις γέρων, Hartung οὐ δή τοι, «el ce n'était pas une armée débile (une armée de vieillards), mais l'élite de la nation.
Heimsoeth, die Wiederh., p.119, corrige :
Dans son ouvrage subséquent, die ind. Ueberl., p. 56, il ajoute à cette correction celle du mot πανώ- Ans ON παναλκής, qu'il tire du Scol. À, « τῶν Baxτρίων δὲ ἔρρει καὶ ἐφϑάρη πᾶς δῆμος ὁ πανώλης ἥτοι ὁ ἀνδρεῖος καὶ πολεμικός. » SColie qui est reproduite dans le Vit.et dans le Vind., et qui ne peut s’appliquer au mot πανώλης (à moins que les Scoliastes n’aient voulu donner un sens actif à cette épithète). D’après lui, l’épithète πανωλκής S'applique au peuple pris dans son ensemble, et εἰ μή τις γέρων est une exception à l'expression générale Βακτρίων δῆμος ἔρρει.
Le dernier éditeur des Perses d'Eschyle, M. Teuffel, conserve le texte traditionnel. « L’addition exprime une détermination du mot δῆμος, implicitement renfermée dans l’idée de #@n qui suit.» Ti lui semble plus favorable à la leçon dé qu’à la leçon δ.
L'emploi du mot γέρων, tmbellis, peut bien laisser
quelque scrupule ; mais la double correction de Heimsoeth ne s'impose pas encore nécessairement.
Φεῦ, τωχεῖώ γ᾽ ἡλϑε χρησμῶν πρᾶξις, ἐς δὲ rœid ewoy 710 ᾽ / ἘΝ τ τ 2 Ζεὺς ὠπέσκηψεν τελευτὴν ϑεσφάτων᾽ ἐγω δὲ που
\ [nd / (AE > ᾽ , PAYS do pœxpou χρόνου τὠδ᾽ ηὔχουν ἐκτελευτήσειν ϑεούς ΕἸ “TT / TES , \ ἀλλ᾽ ὅτων σπεύδῃ τις ὠυτος, χῶ Soc συνώπτεται.
Fr CN ἊΨ, Ν “ {78.9.2 / γὺν κακῶν ἔοικε πηγὴ πάσιν ηὑρησθαι Φίλοις.
» 19 α΄. Ἅ # (> » \ 5, ΄ / = mais À ἐμὸς τάδ᾽ οὐ κατειδὼς ἤνυσεν γέω Θρώσει" 745 (74 ͵, « Ν 02 EN / ὅστις Ἑλλήσποντον ἱερὸν δουλον ὡς δεσμωώμασιν 37 / er / CA ee ἤλπισεν σχήσειν ῥέοντω, Βόσπορον, ῥόον ϑεου
\ x / DA “Ὕ κι περιβώλων πολλὴν κέλευθον ἡνυσεν πολλῳ στρώτω