‹ Études critiques et exégétiques sur les Perses d'EschyleChapitre 17 sur 21 · Ὰ ΄“" \ ͵] LA · texte numérisé non relu

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οθγητὸς ὧν ϑεῶν δὲ πάντων GET , οὐκ εὐβουλίᾳ, 750

“ ΄ CN / 0) » , Ϊ“ῳῃ καὶ Ποσειδῶνος HOTTE. πῶς τοῦδ᾽ οὐ νόσος ᾧρενων ΤᾺ CANNOT / \ Ν ͵ ,ὕ εἶχε raid ἐμὸν ; δέδφικω μή πολὺς πλούτου πόνος

ΟΝ ᾽ / / ς / ουμος dySowTois VEVAT I TOU φϑάσαντος APT AY.

Au premier vers, Blomf. aurait préféré ταχεῖ ἀρ A Se. Cette correction recommandée par Heimsoeth, dre ind. Ueberl., p. 125, est parfaitement inutile. Le γε restrictif, dans son opposition à ἐγω δέ που διὰ μώκρου χρόνου. .. donne à l’idée de raygiæ une sorte

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d’accentuation tout aussi favorable au contexte: 4 si ces oracles devaient s’accomplir un jour, il faut avouer que bien prompt ἃ été cet accomplissement. » Du . reste, le Scol. s’est trompé quand 1] a supposé qu'il | s’agit de prédictions que Darius avait faites. Ce sont ou des prédictions faites par le prophète Phinée aux | Argonautes dans la première pièce de la trilogie, ou des oracles de Musée, de Bacis et autres devins, qui étaient parvenus à la connaissance de la cour des Perses : nous voyons, dans Hérodote, VIT, 6, que le devin Onomacrite, qui accompagnait les Pisistratides réfugiés à la cour de Suze, les récitait à Xerxès, quoique, tout en révélant au roi qu’un Perse jomdrait les deux bords de l’Hellespont, 1l passât sous silence ceux qui annonçaient évidemment un malheur au Barbare ; mais il suffit que ces oracles fussent popu- Jarisés dans le public athénien; et nous voyons également, par Hérodote, VIIL, 20, 77, 96; IX, 16, 42, que les imaginations des Grecs s'étaient emparées de ces oracles, qu’elles les avaient répandus en Grèce, interprétés et peut-être multipliés à la suite de ces grands événements.

Au second vers, je vois avec plaisir que Teuffel a rétabli la lecon du Mediceus ὠπέσκηψεν, au lieu de la leçon vulgaire ἐπέσκηψεν ; le premier désignant mieux Xerxès comme le but définitif du trait lancé, dont la portée semblait devoir être plus lointaine.

Aux vers Ὁ et 6, Heimsoeth, die Wiederh., 19, die ind. Ueberl., 72, ayant combiné la variante πηγήν du Colb. I avec la variante interlinéaire εὑρέσϑαι du Vittenb., et avec l’annotation : ὁ υἱὸς ὁ ἐμός écrite au-dessus de la ligne après le mot εὑρήσϑαι dans le Vindob. (si toutefois ce nominatif n’est pas donné par le Scoliaste comme interprétation du mot πηγή), et corrigeant ἤνυσεν en νήπιος, transpose les deux vers, tout en paraissant rapporter le τώδ᾽ à la sentence qui précède. Cette application du procédé de restauration de Heimsoeth m'a paru ici un peu arbitraire, et je n'ai pu encore me convaincre de l'amélioration qui en résulte pour le contexte. Ce n’est pas pour avoir méconnu cette sentence que Xerxès a ouvert une source de maux. L’asyndeton du yw se justifie par la forte opposition avec did μώκροῦ χρόνου. C'est maintenant, on le voit, qu'une source de maux s'est ouverte pour tous nos amis. Mais mon fils n'ayant pas saisi le sens de ces dispositions fatales (ce rade est le même que celui du vers 3), en « précipité l'accomplissement, lui qui...

Au vers 11 (750), Hartung conserve dé en citant des passages où la particule est placée après le troisième mot de la phrase. Ge serait soutenable en soi; mais le sens n’est pas le même que s’il y avait Syyros δὲ ὧν ϑεῶν πάντων ὠετ᾽. ... Blomf. et Herm. mettent, le premier un point, le second une virgule

après ϑνητὸς ὧν, qu'ils rapportent à la phrase précédente. D’autres lisent, d’après le Par. A, ϑεῶν re. La leçon ϑεῶν δέ est la bonne : seulement la place du dé est justifiée par l'intention de mettre une forte opposition entre l’idée de ϑγητός et celle de ϑεῶν; 1] y ἃ une sorte de réticence : étant mortel, mortalis cum sit, 1] ne s'en est point souvenu, il n'en a pas tenu compte, mais.... Cet usage de δέ est analogue à celui de δέ à l’apodosis. L'espèce d’asyndeton qui résulte de cette construction se justifie par la gravité de la pensée. |

Teuffel explique ce dé en référant au vers 720 :

Il y ἃ bien une analogie dans l'emploi du δέ dans les deux phrases ; mais cette dernière ne se résout point en: ἐμώρωνε δὲ 7. τ. πεζὸς ἢ vaurnç; Le sens est: par terre? ou aurait-il eu la témérité de tenter cette expédition par mer ?

Au vers 12, le καί qui précède ποσειδῶνος ἃ la même valeur après πάντων que dans la locution ἀλλων τε καί «οἱ même ».! La phrase qui suit : πῶς τάδ᾽ οὐ νόσος Φρενῶν εἶχε παὶϊδ᾽ ἐμόν; ne présente rien de suspect. Schütz, cédant à l'autorité d’Abresch, lit: πρὸς rad οὐ νόσος x. τ. À. Herm. ἃ parfaite-

1 Je me suis rappelé ce passage d'Eschyle à l’occasion du passage de l'Evangile de Matthieu, VILE, 33, πάντα, καὶ τοὶ τῶν δαιμονιξομένων,

ET

ment expliqué la locution par la fusion de deux constructions : πῶς τῶδ᾿ οὐκ ἦν νόσος Φρενῶν ; et πῶς οὐκ εἶχε νόσος Φρενῶν raid ἐμόν; Dans l'intuition grecque la construction est proprement : πῶς τάδ᾽ οὐ νόσος ὄντω φρενῶν εἶχε mai) ἐμόν;

Dans la dernière phrase, plusieurs éditeurs maintiennent encore la leçon πλούτου πόρος. La leçon xcvos S'appuie sur les meilleures autorités, M., G., Lips., Ven. B, Cantab. 1. 9, Par. C. Εἰ. K., Rob., et s'explique par la forte opposition entre πόνος et ὡρπωγή. Du reste πόνος est aussi légitime que ἁρπαγή, Taplus, qui ne signifie præda que par la même métonymie : ce qui a été pour moi l'œuvre d'une vie longue et laborieuse deviendra l'objet d'un coup de main hardh, laffaire d'un moment : ce qui a été pour moi un πολὺς πόνος ne sera pour l’usurpateur qu’un ἑρπαγή.

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LE ser “- » N/ μέγιστον, ὠείμινήστον, OL0Y οὐδέπω

PAT) 7/ { » 7 \ τόδ᾽ ἄστυ Σούσων ἐξεκείνωσεν σέεσον,

» 13 \ τς Γ᾽} £ LE] LA ἐξ OUTE τιμήν Ζευς VAE τήνὸ ὠπῶᾶσεῳν, ἀγα σὺ φῶ, ᾽ < 1 ᾽ ΄ / εν ἀνδο πάσης Ασίδος μήλοτροῷου

Μῆδος yo ἦν ὁ πρῶτος ἡγεμῶν στρατοῦ᾽ ὠλλος δ᾽, ἐκείνου παῖς, τόδ᾽ ἔργον ἤνυσεν᾽ Φρένες γὰρ αὐτοῦ ϑυμὸν οἰωκοστρόφουν.

τρίτος δ᾽ ὠπ᾽ αὐτοῦ Κῦρος, εὐδαίμων dy, ἄρξας ἔϑηκε πᾶσιν εἰρήνην Φίλοις ᾿ 710 Λυδῶν δὲ λωὸν καὶ φρυγῶν ἐκτήσατο,

Κύρου δὲ mais τέταρτος ηὔϑυνε στρατόν.

πέμπτος δὲ Mapdos ἤρξεν, αἰσχύνη πάτρῳ 775 ϑιρόνοισί τ ὠρχαίοισι᾽ τὸν δὲ συν δόλω ᾿Αρτωφρένης ἔκτεινεν ἐσϑλὸς ἐν δόμοις,

[éxros δὲ Μάραφις, εβδομος τ᾽ ᾿Αρταφρένης.] κὠγω πάλου δ᾽ ἐκυρσα τοῦπερ ἤϑελον, 80 κὠπεστρώτευσω πολλὼ σὺν πολλῷ στρατῷ.

dAN οὐ κακὸν τοσόνδε προσέβαλον πόλει.

ΕΞ 3.5 \ / ax ! -“ Ξέρξης δ᾽ ἐμὸς mais νέος ἐὼν véæ @oovei,

Hermann, choqué de la forme ionique ἐξεκείνωσεν dans le simple dialogue, iamb. trim., v. 762, et de l'impropriété de l'expression πεσόν (empruntée au jeu des dés, πεσὸν δίκην κύβου, Scol. À), rapportée au mot ἔργον, Corrige

quanta nunquan hanc Susorum civitatem vacuefecit

POS S sad ds Dés eue tn ss να δον. dt DE Dés DS et ne Cote: dinde mu ὦ

calamitas. 1] est encore moins heureux dans la seconde édition, 4859 :

quantum nunquam hæc Susorum civitas excogitavit maluim : « ἐκκωινοῦν, novo modo aliquid efficere, non invenitur in lexicis ; sed nmihil obstat, quin recte formatum hoc verbum habeatur. » Si l’on ne peut prendre son parti de lionisme dans la forme du verbe, 1] n’est pas impossible de le changer ; mais aucune tentative de correction sur le mot πεσόν n’a abouti. J'avoue que, sans avoir eu à ma disposition la dissertation de Joseph Scaliger, dans son livre De emend. temp., et la réponse de Walther et consorts (v. Herm.), j'ai eu quelquefois la velléité de rapporter πεσόν à ἄστυ dans un contexte qui signifierait que jamais une prise de la ville de Suze par un conquérant ne l’a dépeuplée, comme vient de le faire l’équipée de Xerxès: cependant je ne trouve, ni dans le contexte, ni dans aucune tradition historique, rien qui soit favorable à cette idée. En attendant mieux, 1] n’est peut-être pas ‘impossible de passer, par οἷον, du sens de ἔργον à celui de calamitas, si l'on considère que le mot ἔργον implique déjà dans les deux vers précédents l’idée d’une entreprise téméraire et funeste.

Mais je passe à l’objet principal de cette note. Tous les commentateurs d’Eschyle, depuis Stanley et Schütz, sont partis de cette idée, que Darius voulait, dans ce

discours, donner un catalogue complet, dans l’ordre

de succession, de tous les rois de l'Asie depuis la fondation de la monarchie, et leurs commentaires ont accumulé autour de ce texte des difficultés inextricables, tellement que le dernier éditeur des Perses, M. Teuffel,! renonçant à les résoudre, observe que «ce coup d'œil jeté sur l’histoire des Perses jusqu’à Xerxês, avec la tendance de montrer que jamais pareil fléau n’a affligé l'Asie, diffère à bien des égards des données d’'Hérodote, et que toute tentative de les mettre d'accord était inutile ; qu’on ne peut raisonnablement attendre d’Eschyle les connaissances exactes d’un Hérodote, qui, né dans l’Asie Mineure, historien de profession et postérieur à Eschyle, était dans une situation bien plus favorable pour arriver à l'exactitude historique. »

Mais voyons ce que dit Eschyle et ce que dit Hérodote. L'idée qui domine cette étude est celle qui est énoncée dans les six premiers vers, « que Xerxès et ses conseillers Ὁ ont consommé une œuvre énorme, tristement mémorable, comme jamais entreprise belliqueuse n’a dépeuplé la ville de Suze, depuis que Jupiter ἃ accordé cet honneur suprême qu’un seul homme tint sous son sceptre et fit marcher sous ses

? Déjà signalés avec amertume par Atossa au vers 754, où l'on a eu tort de corriger l'article τοῖς en τοὶ,

sr NÉ ES

ordres l'Asie tout entière.» Le développement de cette idée n’appelait point Darius à faire le catalogue des souverains qui ont régné sur l’Asie, mais il ne s'arrête qu'à ceux qui par l'étendue de leur puissance et par la nature de leurs entreprises pourraient être comparés à son fils Xerxès.

Qui est donc le μῆδος (v. 766) que nous trouvons au point de départ de cette revue historique ? Faut-il le traduire par le Mède ou par un Mède, et, dans cette seconde alternative, de quel Mède est-il question? Les commentateurs d'Eschyle se sont partagés entre ces deux interprétations. Les premiers, ainsi Stanley, ont entendu, sur l'autorité de Cedrenus, « Mydos Δαρεῖος, καὶ ᾿Αστυοΐγης ἐλέγετο, πάππος δὲ ἦν Κύρου, » Darius le Mède, c’est-à-dire Astyages. Les autres, qui ont pris Μῆδος pour un nom appellatif, ont entendu ou Astyages, d'après Xénoph.,Cyrop., 1, 5, 2, qui fait régner Cyaxares IT entre Astyages et Cyrus; ou Cyaxares 1, d’après Hérod., 1, 46, qui ne compte pas ce règne intermédiaire. Je montrerai bientôt comment une fausse interprétation du vers 769 ἃ égaré les uns et les autres.

Il me semble qu'il est impossible de désigner plus clairement que ne le fait Hérodote, pour le vers 766, Phraortes, et pour le vers 767, Cyaxares son fils. Hérodote nous apprend, au sujet de l’origine de cette monarchie des Mèdes et des Perses, 1, 96, que «tous

les peuples de ce continent se gouvernèrent d’abord par leurs propres lois. » Suit l'histoire de Déjocès et de son élévation au trône des Mèdes, qui se termine au chap. 101 par ces mots : « Déjocès rassembla tous les Mèdes en un seul corps, et ne régna que sur eux.» Ïl ne peut donc être question de lui dans le passage d'Eschyle. Puis il poursuit au chap. 102: « Déjocès mourut, après un règne de cinquante-trois ans. Son fils Phraortes lui succéda. Le royaume de Médie ne suffit pas à son ambition. 11 attaqua d’abord les Perses, et ce fut le premier peuple qu’il assujettit. Avec ces deux nations, l’une et l’autre très-puissantes, 1] subjugua ensuite l'Asie, et marcha de conquêtes en conquêtes, Jusqu'à son expédition contre les Assyriens, et contre la partie de cette même nation qui habitait Ninive. Quoique les Assvriens, autrefois maîtres de l'Asie, fussent alors seuls et abandonnés de leurs alliés, qui avaient secoué le joug, ils se trouvaient cependant encore dans un état florissant. Phraortes périt dans cette expédition avec la plus grande partie de son armée, après avoir régné vingt-deux ans. »

Au chapitre suivant, 103 : « Ce prince étant mort, Cyaxares son fils, et petit-fils de Déjocès, lui succéda. On dit qu'il fut encore plus belliqueux que ses pères.... Ge fut lui qui fit la guerre aux Lydiens, et qui leur livra une bataille, pendant laquelle le jour se changea en nuit (chap. 74). Ce fut encore lui qui,

après avoir soumis toute l'Asie au-dessus du fleuve Halys, rassembla toutes les forces de son empire, et marcha contre Ninive, résolu de venger son père par la destruction de cette ville. Déjà 1l avait vaincu les Assyriens en bataille rangée, déjà il assiégeait Ninive, lorsqu'il fut assailli par une nombreuse armée de Scythes. » Suit l'épisode de l’envahissement des Scythes, jusqu’à la fin du chap. 105. Puis l’auteur reprend, au chap. 106, la suite et la fin du règne de Cyaxares : « Les Scythes conservèrent vingt-huit ans l'empire de l’Asie. Ils ruinèrent tout par leur violence et leur négligence. Outre les tributs ordinaires, ils

᾿ exigeaient encore de chaque particulier un impôt

arbitraire ; et indépendamment de ces contributions ils parcouraient tout le pays, pillant et enlevant à chacun ce qui lui appartenait. Cyaxares (Qoéres yap œvτοῦ ϑυμὸν οἰωκοστρόφουν) et les Mèdes en ayant invité chez eux la plus grande partie, les massacrèrent après les avoir enivrés. Les Mèdes recouvrèrent par ce moyen et leurs États et l'empire sur les pays qu'ils avaient auparavant possédés. Ils prirent ensuite la ville de Ninive.... Enfin ils subjuguèrent les Assyriens, excepté le pays de Babylone. Ces conquêtes achevées, Cyaxares mourut : 1l avait régné quarante ans, y compris le temps qu'avait duré la domination des Scythes. » Trad. de Larcher.

Voilà ce que dit Hérodote, Et que dit Eschyle ?

Précisément la même chose. Le sens le plus naturel et en même temps le plus littéral des vers 766 et 767 est celui-ci : « Ce fut un Mède qui le premier se mit à la tête d’une armée (conquérante): mais ce ne fut pas encore lui, ce fut un autre, son fils, qui consomma cette œuvre. »

Dans le vers suivant on a vu, d’après le Scoliaste du Mediceus, une sorte de jeu étymologique, une périphrase du nom ᾿Αρταφρένης (τος Φρένωας ἔχων ἀρτίας). Plusieurs éditeurs, entre autres Hermann et Dindorf (ome édition), ont même transporté ce vers à la suite du vers 777. Mais Teuffel a déjà fait remarquer, après Heims., die ind. Ueberl., p. 74, que cette transposition fait de ce vers une sorte de parenthèse qui ne s'intercale pas naturellement entre le vers 776 et son complément ξὺν ἀνδράσιν Φίλοισιν. Dans tous les cas, ce vers est parfaitement à sa place là où 1] est. S'il y avait un jeu étymologique dans cette périphrase, 1] faudrait supposer que Artaphrénès était un des noms donnés à Cyaxares, ce que rien ne rend vraisemblable. Nous tenons, dans les chapitres 103 et 106 d'Hérodote, le personnage principal, le vrai consommateur de l’œuvre de la monarchie universelle, qui devait plus tard passer aux mains de Darius lui-même, et il est naturel que celui-ci signale, par l'éloge contenu dans ce vers, l'énergie et l'intelligence de ce grand monarque,

Nous arrivons maintenant au vrai nœud de la αΠΠΠ-culté. Que signifie τρίτος dm αὐτοῦ Κῦρος ? Je ne comprends pas pourquoi il ἃ fallu que le ἄλλος du vers 767 fût un δεύτερος auquel correspondrait ce τρίτος. À qui se rapporte ce pronom αὐτοῦ ? Sans une idée préconçue, je ne pense pas qu'un philologue l'eût rapporté au Μῆδος du vers 766. Il s’agit du troisième; mais à partir de qui ou de quoi ? Prenons l’interprétation dans Eschyle lui-même : ἐξ οὗτε τιμὴν Ζεὺς τήνδ᾽ ὠπασεν Ἑν ἀνδρ’ ὡπάσης ᾿Ασίδος ταγεῖν. Il est évident que cet αὐτοῦ est identique à celui du vers précédent, et se rapporte à celui qui a consommé l'œuvre du vers 767, c’est-à-dire, d’après Hérodote, à Cyaxares [. Le troisième successeur de Cyaxares I, Cyrus, fut l’heureux mortel qui, étant monté sur le trône, assura la paix de tous ses amis (les Perses). Ce fut en sa personne que passa des Mèdes aux Perses l'empire qui devait plus tard passer à Darius et à son fils Xerxès. On voit ici une opposition à la période précédente : « Ce fut un Mède qui le premier se mit à la tête d’une armée conquérante ; un autre Mède, son fils, ! qui consomma l’œuvre. Ce fut le troisième successeur de ce dernier, Cyrus, qui assura la prépon-

1 Cette interprétation rend compte de l'emploi du pronom ἐκείνου (vers 767). Ce pronom s'explique par cette qualité de Mède qui le rend étranger à la monarchie perse proprement dite,

dérance de notre race. » Darius passe sur les règnes des deux premiers successeurs de Cyaxares, Astyages et Cyaxares IT, parce qu’on n’a pas à rapporter à ces rois de ces grandes expéditions, entreprises dans un but de conquêtes, qui pouvaient entraîner des calamités pour leurs peuples. Si, plus bas, il s'arrête à Mardos, ou Smerdis le Mage, ! c’est uniquement parce que la transition était nécessaire pour arriver au règne de Darius.

Cette interprétation de τρίτος dm αὐτοῦ suppose, je le comprends, un Cyaxares IT et nous renverrait à l'autorité de Xénophon plutôt qu'à celle d'Hérodote, qui nous dit au chap. 46 du liv. 1: « Crésus pleura deux ans la mort de son fils. Mais l'empire d’Astyages, fils de Cyaxares, détruit par Cyrus, fils de Cambyses, et celui des Perses, qui prenait de jour en jour de nouveaux accroissements, lui firent mettre un

terme à sa douleur. Il ne pensa plus qu'aux moyens .

de réprimer cette puissance avant qu’elle devint plus formidable. » Je ne sais pas jusqu’à quel point cette mention accidentelle, dans un passage où des expressions comme celle de l'empire d'Astyages, fils de Cyaxares, sont là pour désigner l'hégémonie des Mèdes en opposition à celle des Perses, qui s'élève sous les auspices de Cyrus fils de Cambyses, exclut, par un

! Le Gaumäta de l'inscription de Behistun, dont Teuffel nous donne une traduction allemande d'après Fr. Spiegel.

ss La?

témoignage formel, Cyaxares IT du titre de roi et d’une royauté, même subordonnée et un peu effacée par le prestige de Cyrus.! Quoi qu'il en soit, ce ne peut être le texte même d’Hérodote qui ἃ servi de source à Eschyle ; mais rien n'empêche qu’une tradition commune ait instruit le poëte, aussi bien que l'historien dans le récit non interrompu qu’il donne de la fondation de la monarchie médo-perse, dans les chapitres 96-106 de son premier Livre.

Quant au vers 779, je ne pense pas qu'il sorte jamais des crochets dans lesquels la plupart des éditeurs le renferment depuis Schütz, qui est encore celui qui en ἃ le mieux expliqué l’origine.

Au vers suivant, 780, je ne suis point décidé à sacrifier la leçon du Med., κώγω πώλου δ᾽ ἔκυρσα τοῦπερ ἤϑελον, atque ego tum ; tum vero ego. « Alors J'obtins la faveur du sort que j’ambitionnais,» ce qui

1 On pourrait également induire des chap. 123-130 qu’il n’a pas existé de Cyaxares IT entre Astyages et Cyrus ; mais un témoignage tout négatif, tiré de cette sorte d'épopée consacrée à la gloire de Cyrus, peut-il légitimement infirmer des témoignages positifs et formels? Xénophon, Cyrop., VIII, 5, 49, lui laisse la royauté, au moins nominale, de la Médie. Joseph, Antiq., X, 11, 4, accentue plus fortement encore la royauté de ce Cyaxares IT, sous le nom de Darius, et semble même rapporter à son règne la plupart des conquêtes de Cyrus: Axρείῳ τῷ καταλύσαντι τῶν Βαβυλωνίων ἡγεμονίαν μετοὶ τοῦ, Κύρου τοῦ συγγενοῦς, ἔτος ἦν ἑξηκοστὸν δεύτερον, ὁτε τὴν Βαβυλῶνα εἷλεν, ὃς

Date 74 A Ja" ἂν ἢ 1. 2 wi ] D

suppose un fait généralement connu ; la particule dé désignant la transmission définitivement opérée.

Au dernier vers, 783, les manuscrits portent : νέος ἐὼν νέω Φρονεῖ. M., Où νέος ὧν νέα Φρονεῖ. Turnèbe lit ὧν νέος véæ φρονεῖ. Hermann (v. la note de Blomf.) a d’abord adopté (ad Soph. Aj., 1099) la leçon proposée par Monk (ad Eurip. Hip., 1984) et par Erfurt (ad Soph. Aj., 1109) : ὧν νέος φρονεῖ νέα ; sans doute pour faire correspondre la construction résultant du déplacement de ὦν, autant que par scrupule pour la quantité de νέω devant la muette et la liquide du mot suivant; il ajoute toutefois cette réserve : « etsi dubitari potest, an ne hæc quidem vera scriptura sit. Nam ut recte dicatur σμικρὸν @oove, tamen non sequitur continuo etiam νέον Φρονεῖν recle dici, quod vereor ne neque dixerit quisquam, nec dici potuerit. » Dans son édition posthume, il trouve ingénieuse et adopte la correction de Meineke, ἐνεὸς ἔων ἐνεοὺ Φρονεῖ. Hartung lit ὧν νέος νεαρὰ Ooowi. Aucune de ces tentatives ne satisfait complétement. Dans tous les cas, le jeu de mots νέος νέα doit être conservé, et, à la faveur du jeu de mots, νέω peut fort bien avoir le sens de wrie, où plutôt de juvenilia, comme dans νέῳ ϑράσει, juveuili audacia, du vers 745.

On avouera que, comme construction, aucune de ces leçons ne vaut celle du Mediceus, et je la conserverai aussi longtemps que, malgré la positio debilis,

la quantité νέα φρονεῖ ne sera pas proscrite de la manière la plus absolue. Comp. Matthiæ, ausfuhrl. Gramm., p. 101.

La leçon :

dAN εὐστωλῆ τοι λεκτὸν ὠροῦμεν στόλον n’est plus guères contestée, depuis que Porson, ad Euripid. Med., 848, et Elmslei, ad Heracl., 525, ont établi que la première syllabe du futur ὠρῶ, comme ancien futur de ὠείρω, pouvait être longue. La critique pourrait s'attacher à la variante ὠροῖμεν (Well. dose), isolée, il est vrai, dans le Moscuensis, pour en tirer l’optatif œipouer. Le fait est que le futur de l'indicatif exprime une confiance et une résolution qui semblent moins en rapport avec la situation et la disposition d'esprit du Chœur. La particule ra est appuyée par tous les instruments critiques, et la correction καί de Wellauer est d'autant moins nécessaire que les deux épithètes sont en rapport logique. € Mais nous pourrions mettre en mouvement (optatif), nous ferions partir, une élite seulement, légère dans ses mouvements » (εὐστωλή, ad expeditionem commode armatos, expeditos, v. Blomf.), par cela même que ce ne serait qu'une élite, λεκτόν, en opposition ἃ τοὺς ὑπερπόλλους ἄγων du vers 795.

LOUE ARE An

= gr CHR

Sur la leçon soupçonnée par Heimsoeth :

dAN εὐτ᾽ ὠριστόλεκτον αἴρομεν στόλον.

v. ipsum, die ind. Ueberl., p. 70.

Je m'arrêterai encore à quelques passages de la seconde partie du dernier discours de Darius.

“ » ᾽ Ι Toiy co κοωκῶς δράσαντες οὐκ ἐλώσσονώ 815 / \ ν / » (/ 07 πάσχουσι, τά δὲ μέλλουσι, κοὐδέπω κακῶν Ν «“ ΕἸ 4. AE FO ἃ / HONTIS ὑπέστιν, ὡὧλλ ετ ἐκπαιδεύεται.

͵ LA / ς Ν τόσος ya ἔσται πέλανος αἱμωτοσφαγὴς = “ / / c/ .

πρὸς γῇ Πλωατωιων Δωρίδος λόγχης ὑπὸ -Ὁ " N \ ͵΄ "»" θῖνες νεκρῶν δὲ καὶ τριτοσπόρῳ γονῇ 820 4 ἴω 2 "“" ἀφωνω σημανοῦσιν ὄμμασιν βροτῶν ς ᾽ SARA \ 2 09 ὡς οὐχ, ὑπέρῷευ ϑνητὸν ὄντω χρὴ Φρονεῖν.

“ Δ Ὁ CP VE / / ὕβρις yao ἐξανϑουσ᾽ ἐκώρπωσε στώχυν Ε ε » “ ᾽7ὔ ἄτης, ὅϑεν σὠγκλαυτον ἐξαμᾷ Θέρος.

τοιοῦ ϑ᾽ ὁρῶντες τῶνδε τὠπιτίμια, 820 ΄ EN / f μέμνησϑ᾽ ᾿Αϑηνῶν Ἑλλάδος τε, μηδὲ τις ὑπερφρονήσας τὸν παρόντα δαίμονα LA » \ 4 » / !

“, € ͵ μ, Ζεύς τοι κολαστὴς τῶν ὑπερκόμπων ἄγαν Φρονημώτων ἔπεστιν εὔϑυνος βαρύς. 830 LAN EUX : ἴω LU il πρὸς ταῦτ᾽ ἐκεῖνον σωφρονεῖν κεχρημένοι

λήξαι ϑεοβλωβοῦνϑ᾽ ὑπερκόμπω Soacu.

Les trois premiers vers, 815-817, présentent une difficulté que je ne crois pas encore levée. Tous les manuscrits lisent ἐκπωιδεύεται. Jusqu'ici on ἃ vécu de la correction de Schütz ἐκπιδύετωι. « Quapropter mala cum patraverint, haud minora patiuntur, et passuri sunt, neque enim jam subest fundus malorum, sed potius etiamnum emicare et scaturire pergunt. » Mais cette interprétation ne s’accommode ni avec le verbe ὕπεστιν, à qui il est impossible de faire signifier nous ne sommes pas encore arrivés au fond, ni avec le sens de xoyris. Voyez Hermann, à qui certes personne n’enviera son ἐκμωιεύετωι. Le Scoliaste À se bat les flancs pour expliquer κρηπίς, en passant de ϑεμέλιος à ἐσμος.

L'image κρηπὶς ὕπεστιν est certainement empruntée à l’art du statuaire. Je n’ai pas à ma disposition la dissertation publiée par Guil. Abeken dans les Annales de Jahn, mais il paraît avoir eu la même idée, comme je le vois dans la note de Hermann, et s'être représenté un Prométhée dans son atelier. Le Scol. du Mediceus, αὔξεται, Ta κακά, et la scolie À, ὠλλ᾽ érs ἐκπωιδεύετωι καὶ αὔξεται ταὶ dewæ, Sont dans le vrai. Il s’agit ici d’une œuvre d’art de la Némésis, qui n’est point encore terminée, qui n’est pas encore placée sur sa base, son piédestal ou son socle; seulement, comme il s’agit d’une œuvre vivante, qui reçoit son développement d’une intervention divine dans l’histoire, le poëte passe hardiment à une personnification de ces κακώ (sujet de ἐκπαιδεύεται), dont la personne s'élève et grandit, ! pour parvenir à la parfaite stature qui satisfasse enfin le divin artiste (la Vengeance divine). Peut-être cette image supposeraitelle une locution proverbiale : la statue n'est pas encore sur son socle; l'œuvre n'est encore qu'ébauchée.

« Tant la lance dorienne fera couler de flots de sang qui se figeront dans la terre des Platéens. » Au 1 Comp. Soph. Phil., 1333 (Ed. Erf. Herm., 1345), οἷς γοὶρ

αὶ γνώμη κακῶν μήτηρ γένηται, τἄλλα παιδεύει κακά. Cœtera ita instituit, ut fiant mala,

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