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vers 189, la robe dorienne pouvait se prendre dans le sens général de robe grecque, quoique plusieurs interprètes l’aient prise, dans un sens plus spécial, pour l’ancienne robe que toutes les femmes portaient avant l'introduction de la robe ionienne, χιτῶν ποδήρης, et qui continua à être qualifiée du nom de robe dorienne, d’après Hérodote V, 87. Dans notre passage, Teuffel rapporte l'éloge de la lance dorienne à l’impartialité du poëte. « De même qu'à Salamine ce furent les Athéniens, à Platée ce furent les Péloponnésiens (Hérod. IX, 28) qui constituèrent la principale force de l’armée grecque. Le poëte, dans son point de vue panhellénique laisse aux Doriens les honneurs de cette journée. »
Au vers 820, j'ai laissé la particule δέ au troisième mot de la phrase, parce que Ses νεκρῶν sont inséparables, comme formant une seule idée, dont Sy est le noyau principal, ou présentent une seule intuition. Au vers suivant, l'adjectif ἄφωνα (prædicative) parce qu'il s’agit de proclamer une leçon : « Sans avoir besoin d'employer l'organe de la voix, des monceaux de cadavres proclameront jusqu’à la troisième génération (signaleront aux yeux des mortels) cette
leçon : qu'un mortel ne doit pas élever ses aspirations au-dessus de sa condition mortelle. »
« Car l'orgueil, en développant sa fleur, a pour fruit un aveuglement fatal, d’où il (ὕβρις, sujet) récolte une moisson de misères. » Le mot ἄτη, dans son sens propre, est cet aveuglement qui pousse au crime et
par là à la ruine, que Racine a périphrasé dans ces Vers :
Daigne, daigne, mon Dieu, sur Mathan et sur elle - Répandre cet esprit d’imprudence et d’erreur, De la chute des rois funeste avant-coureur.
(Athalie, acte I, scène 2.)
Comparez ces vers à l'interprétation que j'ai donnée ci-dessus, p. 23 sqq., des vers 162 sqq.
Hartung corrige, d’après Valckenaer, ad Phœn., 199, ἔπεισι, poursuit, venge, punit, et lit κεὔύϑυνος βαρύς. Hermann conserve, avec raison, ἔπεστιν (præest, presidet, comme aux vers 240 et 550) qu'il fait suivre d'une virgule comme tous les autres éditeurs. Gette
virgule est de trop. Εὔθυνος βαρύς fait corps avec ἔπεστιν. Le substantif εὔϑυνος, exactor, dit à quel titre il préside, et l'expression complexe ἔπεστιν εὖ- Suvos βαρύς, dans son rapport avec κολαστής, — le simple ἐστιν. « Jupiter, pour châtier (comme castigator) les prétentions d’un orgueil excessif, préside en exacteur sévère. »
Ce passage présente une des plus graves difficultés de la pièce, tant sous le rapport de la lexicologie que sous celui de la syntaxe.
Le Par. B porte en marge γρ, κεκτημένοι, adopté par Brunck. Cette leçon procède évidemment de l’'embarras où s’est trouvé l’interprète, et n’aurait pas même, comme expression, une propriété suffisante.
Les scolies À offrent trois alternatives d’interprétation : ὑμεῖς οἱ κεχρημένοι τῇ σωφροσύνῃ, ἢ oi χρήζοντες καὶ ϑέλοντες σωφρονεῖν. . .«. Ἢ κεχρημένον, εἰντὶ τοῦ χρείων ἔχοντ καὶ ἄξιον ὄντ σωφρονεῖν.
Les scolies B donnent l'alternative de ponctuer après κεχρημένοι et l'expliquent par χρήζοντες, ou de supprimer la virgule et de construire κεχρημένοι (ἐντὶ τοῦ χρησόμενοι) AVEC εὐλόγοις νουϑετήμασιν. Cette alternative doit être écartée d’emblée. La première de B est la même que la deuxième alternative de A.
Restent les trois alternatives de A, dont chacune ἃ eu ses partisans.
Schütz adopte la troisième, qui consiste dans la correction κεχρημένον, qu'il traduit : « Sapientia et moderatione animi indigentem, » qui a un si grand besoin de sagesse. Je veux bien admettre le sens de indigere ; mais alors c’est σωφρονισιϑήνωι qu'il faudrait, et non σωφρονεῖν ; sans parler de la difficulté d'expliquer l'emploi de linfinitif dans ce rapport, comme je l’établirai tout à l'heure. Il serait d’ailleurs téméraire de s’éloigner de l'usage homérique dans l'emploi d’une forme qui se trouve dans Homère. Or, dans tous les passages homériques, où la forme κεχροημένος Signifie éndigens, et où l'on croit pouvoir l'interpréter par χρήζων, on voit qu'il s’agit toujours d’un besoin plus ou moins senti par le sujet : cindigens, desiderans in usum suum, χρήζων,» Damm ; ainsi: οὔτ᾽ εὐνῆς (xara) πρόφασιν κεχρημένος, οὔτε τευ ἄλλου. 1]. XIX, 262, νόστου κεχρημένον. Od. I, 13; κομιδὴς κεχρημένοι ἄνδρες, 1. 6. ἐπιμελείας χρήζοντες, qui curatione corporum egent. Od. XIV, 124; et, sans régime, au vers 155. Comp. Od. XIX, 77; XVII, 421, 347 ; XX, 378; XXII, 50."
Blomfield adopte le κεχρημένον de Schütz. Du reste l'observation qu’il ajoute, « forsan tamen rectius
! Comp. Soph. Phil., 1264. ri μ᾽ ἐκκαλεῖσϑε: τοῦ κεχρημένοι,
scriberetur κεχρησμένον », n’a pas de portée, car ce participe se rattache au thème χράω, et non à χρῴζω: d’ailleurs Eschyle ne met pas de différence dans la signification de ces deux thèmes, puisqu'il emploie χράω et χρήζω (Choep., 803) dans le même sens de vaticinari, prophétiser. Dindorf lit aussi κεχρημένον. Hermann ne se prononce pas précisément contre la leçon de Schütz ; mais il garde la vulgate dans son texte avec cette annotation : « potest servari κεχρήμένοι, I. 8. χρήζοντες. Vos, inquit, quorum interest illum sapere, monete eum », suivant ainsi la première alternative de B, soit la deuxième de A. Mais il y a plusieurs objections à faire à cette interprétation. D'abord, le sens qu’elle donne n’est pas suffisamment convenable : au milieu de cette catastrophe universelle, les personnages du Chœur ne sont pas seuls à être intéressés à ce que le roi Xerxès se conduise avec sagesse, et c’est d’ailleurs une considération dont ils n'avaient pas besoin; elle ἃ même je ne sais quelle simplicité naïve qui ne sort pas de la situation tragique. Puis cet ἐκεῖνον, qui doit être successivement sujet de σωφρονεῖν et objet de πινύσκετε, n’est pas ce qu'il y ἃ de plus naturel. Il n’y ἃ pas jusqu’au sens même de ce pronom ἐκεῖνον (non αὐτόν), qui ne se prête mieux à jouer le rôle passif d’objet de πινύσκετε, que celui de sujet de σωφρονεῖν. La personne de Xerxès est toujours assez présente à l'esprit des ac-
Ἂν ΩΣ ya :
teurs et des spectateurs de ce drame, pour que l’emploi du pronom ἐκεῖνος doive se justifier par un rapport déterminé au contexte : «ce malheureux, ce pauvre insensé. »
Reste la première alternative de À, qui me paraît, en définitive, renfermer le sens le plus vraisemblable, moyennant qu’on l’envisage moins comme une explication grammaticale que comme une interprétation d’une forme d’Eschyle, dans une langue postérieure à ce poëte.
Wellauer exclut le κεχρημένον, parce que linfinitif σωφρονεῖν ne peut être un génitif et garde κεχρημένοι. Hartung, qui adopte le participe accusatif, lui rétorque l'argument, en lui demandant à quel titre 1l fait de cet infinitif un datif. Ils ont raison l’un et l’autre: linfinitif ne s'explique légitimement que par l’usage de χρήσϑιι avec l’accusatif, ou avec un infinitif en rapport-accusatif,
Je ne doute pas que le thème χρώω ne soit de la même racine que χείρ, et qu'il n’y ait, à la base de tous les mots de la famille de ce radical, l’idée du mouvement que fait la main pour saisir. ! Si le verbe
! Et peut-être, dans le sens de vaticinari, pour octroyer ; Pindare, Οἱ., VII, 470 (92), impertire. La racine dx dans δείκνυμι) δέχομαι, signifie aussi un geste analogue, l’action de tendre la main, pour montrer, où pour recevoir, mais non avec l'énergie du radical de χράω.
est accompagné de l’accusatif, la forme moyenne χρήσϑαι exprime l’action qui fait passer l’objet dans la sphère du sujet! : de là, par exemple, le sens de δανείσασθαι, Mmutuari, cité par Suidas, * le passage de Lucien : ὦ πρὸς ὀλίγον ἐχρήσαντο, quæ ad parvum tempus mutua sumpserant. Necyom. 16, ° le χρησωμένη yae ὕφηνω de la Batrachom., v. 187.4 Du reste Eschyle, dans une multitude de passages, Prom.9235, 247, 285, etc., emploie le verbe χρήζειν dans le sens de desiderare, cupere avec l'infinitif, et même avec le simple accusatif, Prom. 939 :
σύ 9ην ἃ χρήζεις, TAUT ἐπιγλωσσά Διός.
Si le verbe ne renferme d'autre notion que celle du besoin, indigere, le régime se mettra nécessairement au génitif pour exprimer le simple rapport de privation ; ainsi dans la plupart des exemples d’'Homère cités plus haut sur la construction de son κεχρημένος. On peut ajouter à ces exemples ceux d’Eschyle sur le génitif qui accompagne χρήζειν dans le sens de indigere: Prom. 375, οὐδ᾽ ἐμοῦ διδασκάλου χρήζεις, et
1 Comp. Raph. Kühner, ausführt. Gramm., VE, p.14, ὃ 396.
3 χρήσασϑαι, δανείσασθαι. To χρῆσαι τοῦ δανεῖσαι αἱρετώτερον. Τὸ μὲν γοὶρ χρῆσαι ἐπὶ Φίλων" τὸ δὲ δανείσασθαι [POliUS δανεῖσαι, active), πρὸς τοὺς τυχόντας. ϑυϊ(. L'interprèle latin : χρήσασϑαι, fœnerari, fœnori accipere. Mutuo dare satius est quam fœnori dare. Nam illud inter amicos locum habet. Fœneramur vero cuilibet.
8 Edit. Bipont., t. ΠῚ, p. 21.
4 V. le Diction. de Passow, p. 2496. IT,
se
Choeph., 52%, τινὸς βορᾶς χρήζοντα. Enfin si l’objet
est là, s'il est déjà à la disposition du sujet, le verbe xenr Su, prenant le sens de s'emparer d’un objet pour en faire usage, pour en faire un instrument, régira naturellement le datif instrumental. Mais cet usage du verbe χρώομαι, εἴ, parait être d’une origine relativement récente : dans Homère, je ne connais qu’un seul passage, Odyssée, TT, 266, reproduit XIV, 421 et XVI, 398, φρεσὶ γὰρ κέχρητ᾽ dya Saw, où se trouve un exemple de cette construction. Pour que ce sens devint universel et supplantàt la construction primitive, sauf dans quelques applications spéciales, pour construire ce verbe en rapport-ablatif (avec le datif instrumental), 11 ἃ fallu que l’on perdit de vue la force étymologique du radical. Dans Eschyle, cette construction n'existe encore que dans trois passages :
Prom. 324 :
ἘΣ τ ἔμοιγε χρώμενος διδασκώλῳ Agam. 990 :
ἑκῶν yep οὐδεὶς δουλίῳω χρῆται ζυγῷ.
Eum. 646 :
ποίοισι βωμοῖς χρώμενος τοῖς δημίοις ; Pourquoi donc Eschyle, dans le passage qui nous occupe, n’aurait-il pas employé le verbe, sous sa forme κεχρημένος, dans le sens de appetere, in usum suum vertere, ce qui donnerait un sens qui ne difié-
ῪΣ ἈΦ ΦΟΝΕΘΟΣ ΟΣ JD ee nr dl
rerait pas essentiellement de celui de mettre en pratique ? Seulement le verbe-accusatif σωφρονεῖν ferait considérer la sagesse moins comme une provision, comme un objet qu'on ἃ sous la main pour l’employer quand on veut, comme un instrument, que comme un objet de constante préoccupation, comme l’objet d’une application constante : « Vous dont toute la vie ἃ été une aspiration, une application à la sagesse. » Ce rapport est d’ailleurs le seul qui rende entièrement compte de la forme du participe parfait passif. Nous aurions, dans l'usage d’Eschyle, une transition à l'usage, devenu banal, de yoyo dou, uti, avec lablatif, et le Scoliaste aurait exprimé, dans sa langue, une pensée que, bientôt après Eschyle, la langue vulgaire n'aurait en effet exprimée que sous la forme ὑμεῖς οἱ κεχρημένοι τῇ σωφροσύνῃ.
La correction de Heimsoeth, die Wiederh., p. 56, ἐκεῖνον; σωφρόνως κεχρημένοι (αὐτῷ), prise dans la langue vulgaire, «reverenter Xerxem tractantes, en le traitant avec ménagement », ainsi que celle de Meineke, Philoloqus XIX, p. 238, σωφρόνῃ κεχρ., rendraient superflue la tentative que je viens de faire dans le domaine de la grammaire historique; mais Teuffel ἃ déjà remarqué que cw@o. ne signifie pas reverenter, et que la pensée de Darius ne peut être d’exhorter les personnes du Chœur à ramener avec modération Xerxès à résipiscence.
Ἢ πώντω ‘Yep
Stanley, qui traduit πάντα par plane, et Heath, qui l'interprète κατὰ ravra, πανταχῆ, l'entendent dans le sens adverbial, ce qui est inadmissible. Schütz, suivi par Hartung et par Dindorf, corrige, d’après Canter, παντί en le rapportant au substantif σώματι, ce qui n’est guère plus admissible. Hermann entend πάντα comme si le poëte eût dit πάντα yep λωκίδες ὄντω στημορραγεῖ. Cette interprétation est sur la bonne voie, quoiqu’elle n’explique pas suffisamment le génitif ἐσιϑημώτων. Je n'aime pas le πάντω τὰ μέρη du Scoliaste, car le κακῶν ὑπ᾽ ἄλγους, qui suit, prouve que πάντω n’attendait pas un génitif. Le mot πάντα appelait ἐσϑήματα : c'est le λακίδες (prædicativè) qui ἃ amené le génitif ἐσιϑϑημάτων. Cette influence de Aaxidés, pour déterminer le géniuf, se comprend d'autant mieux que c’est la même influence qui ἃ déterminé le pluriel du verbe. Mais je vois que jai été prévenu par Teuffel dans mon interprétation.
Ὅμως se construit avec χαίρετε (v. Herm.), en sorte que la virgule, que quelques éditeurs mettent encore après χαίρετ᾽, doit être effacée. C’est une périphrase du simple χαίρειν, adieu, prise dans le sens vivant que ce mot conservait dans la langue grecque : «vivez en joie même dans le malheur. »
La conjecture de Pauw : ψυχὴν διδόντες ἡδονῇ, n’est pas nécessaire ; elle aurait même trop d'énergie. La pensée de Darius ne peut être d'inviter les vieillards à se livrer tout entiers à la joie (Prien cité par Teuffel) : duxn δούνωι ἡδονήν — genio indulgere.
Hermann interprète x49 ἡμέρων « dum licet. Proprie καθ᾽ ἡμέρων est per diem, i. 6. dum præsens dies durat. » Ce sens pourrait être mis, par une autre application (dum lucet), en rapport avec ἄπειμι γῆς ὑπὸ ζόφον κώτω du vers 841, et avec l'expression qui suit, τοῖς Θώνουσι, «les habitants du sombre empire » ; et alors il faudrait traduire xæ® ἡμέρων « pendant que vous vivez à la lumière du Jour », par une
Pen REURE TT RTS μὴ
159 ÉTUDES SUR LES PERSES D' ESCHYLE à
sorte de jeu de mots, pentrétre permis à à une om mais Le sens s δυατηρδίτε de la tr est de vi
quotidie.
TROISIÈME STASIMON
« C’est un éloge de Darius, qui se rattache à sa récente apparition. Grandeur et félicité de l'empire sous ce roi. Ses services sont rappelés encore une fois avant l’arrivée de Xerxès, pour faire ressortir le contraste. Ses conseils (791 sqq., 825 sqq.) en reçoivent en même temps un double poids. Caractère antique, récit épique, où domine le mètre dactylique, avec plusieurs formes et tournures épiques, dans le genre de Stésichore. » Teuffel.
Les deux premiers vers de l’antistrophe α΄ nous ont été transmis sous cette forme altérée : πρῶτα μὲν εὐδοκίμου στρωτιῶς ὠπεφαινόμεϑ᾽, ἠδὲ νόμιμω (vouiuæ M) τὰ πύργινα πώντ᾽ ἐπεύϑυνον.
Voyez dans Wellauer l’histoire des tentatives de restauration, dont aucune n’a abouti. La correction