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qui à prévalu jusqu'ici, * pour le premier membre de phrase, est celle de Hermann (édit. posth.) : πρῶτα μὲν εὐδοκίμους στρατιος ὠπεφαινόμεϑ᾽,
Cprimum prospere rem gerentes exercitus ostendimus. Est autem ὠποφαίνεσιαι spectandum exhibere aliquid quod nostrum est.» Cette construction est, en elle-même, assez satisfaisante; mais le ηδὲ qui suit, et que le changement en οἱ δὲ de Hermann n’a pas corrigé, semble appeler une correction parallèle, et être peu favorable à un changement de sujet, soit qu'on adopte ἐπεύϑυνεν (sujet Xerxès), soit qu'on conserve ἐπεύϑυνον OÙ ἐπηύϑυνον, troisième ou première personne.
Une autre correction, qui a fait fortune, est encore de Hermann, qui change (in Comm. de metris Pindari, p. 7) νόμιμα τοὺ en νομίσματα. Mais que signifie πύργινα Ὁ Il ne signifie évidemment ni des lois ou institutions civiles (πολιτικά) en opposition à l’administration de la guerre (Brunck et Schütz), ni des lois fermes comme des tours, turritas leges (Bothe). Il ne signifie pas davantage des lois sur les droits de La querre, relatives aux villes qu’on ἃ prises par des siéges, en réponse aux reproches de Darius, 814 566.
1 Dindorf, 5€ édition, conserve encore la leçon des manuserils, εὐδοκίμου στρατιᾶς, que Schütz s'était en vain efforcé de construire avec οἰπεφαινόμεϑ᾽,
Ts Te,
TROISIÈME STASIMON. VERS 894-885. 155
Je demande le sens de πσύργινω au passage, précisément parallèle, des vers 102 sqq. :
ϑεόϑεν yao naTa Moio ἐκρώτησεν
ΣΟ Ua an à UE
Le πολέμους πυργοδαΐκτους interprète très-bien le
πύργινω ; Mais, dans ce sens, l’article τά (des manuscrits) me paraît désirable. D'ailleurs cette méthode de faire la guerre n’est pas l'objet de lois ou de décrets formels ; c'était un usage traditionnel, sanc-
tionné par la Moira. *
L'expression νομιζόμενω ἐργώ τῶ πύργινω, Si elle ne surchargeait pas le vers d’un dactyle, rendrait parfaitement le sens. Je pense que youæa * peut remplacer vouuloueræ ἔργω ; le mot νόpuuæ peut provenir d'une interprétation qui aura passé dans le texte.
Dans ce passage, comme dans celui que je rappelle, la sagesse traditionnelle de la tactique perse est opposée à la témérité avec laquelle Xerxès s’est confié à la marine. Comparez les deux derniers vers de ce stasimon :
puy δ᾽ οὐκ ἀμφιλόγως ϑεόπρεπτω Trad αὐ Φέρομεν
πολέμοισι duaSévres μεγώλως πλωγαῖσι ποντίωισιν.
! V. ce qui ἃ été dit dans l'Introduction.
3 Comp. Hérod. I, 496, 199; IF, 49. Au ρίαν. 1, 135; Π,91; 111,38, 80, 99; LV, 59, 76, 71.
ainsi que l’analyse que j'ai donnée du premier Chœur.
L'adjectif ἐπεύϑυνος, qui fait aller droit, qui dirige, conduit au but, et fait réussir, me paraît aussi légitime que le verbe ἐπευϑύνειν, et, quant à la forme, que le simple εὐϑῦύυνος — εὐθυντήρ, Que nous avons vu, au vers 830, dans le sens de Juge redresseur de torts.
Je résume cette discussion, en proposant lantistrophe α΄ dans la forme suivante :
πρῶτα μὲν εὐδόκιμοι στρατιοὶςς (accus. déterm.) ὠπε- Φαινόμεϑ᾽, ἠδὲ νόμαιω το πύργινω
TOVT ἐπεύϑυνοι.
» / 3 4 OUR EUTLATTOVTES φύγον οἰκους.
Sur la construction syntactique de la str. et anist. β΄, Hermann s'exprime en ces termes: « ὅσσας. male interpretantur quam multas. Friget hoc, omminoque ὅσος aliquanto rarius, quam interpretibus νἱsum est, exclamationibus inservit. » Il construit : Gras δ᾽ εἷλε πόλεις — τοῦδ᾽ ἄνακτος &ioy, QUOl-. quot expugnavit urbes, adjecit imperio. Mais adjecit imperio ne traduit pas &ie, qui signifie : obéissaient et n'obéissent plus au roi, comme aux vers 875 et
TROISIÈME STASIMON. VERS 894-885. 197
881 ἐκρώτυνε était le maître et (son successeur) ne l'est plus. D'ailleurs, il y a évidemment un ton admiratif dans ce passage, et particulièrement dans ces mots : « sans traverser le fleuve Halys et sans même quitter le foyer domestique, » ainsi que dans le pronom οἷωι, quales: «que de villes il a prises, des villes telles que celles qui. ..... » Mais où doit s’arrêter le mouvement admiratif ? J'avoue que je me suis d’abord laissé captiver par le relatif αἵ que Herm. conserve, au lieu de larticle αἱ, jusque dans la strophe y, en même fonction grammaticale que le oi, Considérant comme plus poétique ou plus énergique la construction du pronom relatif avec le participe, sans verbe de mode fini. N’a-t-1l pas voulu plutôt justifier sa construction : ὅσσως εἷλε πόλεις, τοῦδ᾽ ἀνώκτος æio ? Maintenant tout au plus seraisje décidé à conserver le premier αἵ en même fonction que ci, et peut-être serait-il plus simple de ponctuer la fin de la strophe β΄ un peu plus fortement que par une simple virgule : ἐπαύλων", dût-on (?) lire ensuite λίμνας δ΄.
L’épithète ᾿Αχελωΐδες du vers 864 est embarrassante. Une scohe de A résout la difficulté par cette interprétation : αἱ δίυγροι. ᾿Αχελῶον yao πᾶν ὕδωρ λέγουσι. Hermann adopte cette explication et entend, avec une autre scolie : oi εἰσιν αἱ ᾿Αχελωΐδες νῆσοι, les îles de la mer Strymonienne. Ces îles ne
: F | : RES Fa 158 ÉTUDES SUR LES PERSES D’ESCHYLE.
pourraient guère être que Thasos, Samothrace, et peut-être Imbros. Blomfield, tout en reconnaissant que le mot éyeAgos ἃ pris avec le temps un sens purement appellatif (du moins depuis Euripide?), doute qu'il soit arrivé à ce sens banal de aquatique ou de sèfué dans où sur la mer ; et il pense que ce mot ne peut s'appliquer qu’à une eau fluviale ou potable, citant Artémidore I, XXX VIII : ᾿Αχελῷος δὲ τὸ αὐτὸ τοῖς ποτωμοῖς καὶ παντὶ ποτίμῳ ὕδωτι : du reste il n'ose se prononcer. Le sens de maritimes donné au mot ᾿Αχελωΐδες n'est qu'un abus provenant de notre contexte même. La finale δες ne permet de prendre cette épithète que dans le sens patronymique de filles d'Achéloüs, les villes, dont il est question, prenant le nom des Naïades qui les arrosent ou les fertilisent de leurs eaux. Ce ne peut être l’épithète des îles en tant qu'iles. Sans parler d’Amphipolis, située à l'embouchure du fleuve Strymon, il y a sur toute la côte de la mer appelée ici mer Strymonienne bon nombre de villes situées à l'embouchure de fleuves. Dans tous les cas, d’après le contexte, cette épithète est un éloge. Le Chœur exalte la valeur de ces conquêtes de Darius, dans ce vers par une épithète qui exprime la richesse et la fertilité de ces villes, et dans le suivant par une périphrase qui exprime la force de leurs fortifications.
Il me paraît évident que, dans ce morceau, le
TROISIÈME STASIMON. VERS 854-885. 159
poëte veut présenter à grands traits à limagination du peuple athénien, le tableau, d’occident en orient, de toute cette zone qui s'étend du bassin de la mer qu'il appelle Strymonienne, le long du littoral qui domine la mer Egée, à la Chersonnèse de Thrace, au Bosphore, à la Propontide, jusqu’à Byzance et à l’entrée du Pont-Euxin. Nous manquons malheureusement d’une histoire détaillée du mouvement de réaction et d'expansion que prit la puissance d'Athènes et de ses alliés après la retraite des Perses. Ce que nous en connaissons se réduit, en grande partie, aux données sommaires que nous trouvons dans le tableau de l'élévation de l’hégémonie athénienne que Thucydide présente dans son introduction à l’histoire de la guerre du Péloponnèse, aux chapitres 89-118 de son premier Livre. Mais nous savons que dans tout le cours de l’histoire grecque, depuis la légende de lexpédition des Argonautes, et les expéditions de la guerre de Troie, jusqu’à la lutte entre les Athéniens et Philippe de Macédoine, les Grecs et, depuis les guerres persiques, les Athéniens en particulier ont eu leurs regards tournés de ce côté. J’oserais donc émettre l'hypothèse que la pensée du poëte, dans ce morceau, est de signaler toute cette zone à l'ambition des Athéniens (sept ans après la bataille de Salamine, si
! V. Histoire de la Grèce de Grote, traduite par de Sadous, t. VII, p. 268-274.
l'on peut se fier à l'indication de la didascalie qui assigne la représentation de cette pièce à l’archontat de Ménon), ou plutôt de les féliciter d’avoir recouvré et développé les établissements qu’ils possédaient dans ce beau pays jusqu'au Pont-Euxin, et dont la possession était nécessaire à leur sécurité autant qu’au développement de leur prospérité, dans cette grande et belle province qui serait encore aujourd’hui, pour un peuple marin, une des clefs de l'empire du monde. L'idée de ce dernier stasimon serait donc la même que celle de la pièce elle-même, qui n’est, au fond, qu'une glorification de la victoire de Salamine, et l'exaltation des services rendus à la Grèce par la marine athénienne.
XERXÈS SUR LA SCÈNE Complainte finale
Sur la constitution métrique de la complainte (xouμός) qui termine la pièce, je n’en réfère à Rossbach- Westphal IE, p. 116-118. Elle se compose de sept paires de strophes, précédées d’un προωδός et suivies d’un ἐπωῳδός. Le changement de dialecte (formes doriennes) signale le commencement du proodus (Herm., ad v. 902). «Le dorisme prononcé et la libre structure des anapestes caractérisent d'entrée ce chant d’une manière remarquable. Les quatre vers 898-911 constituent une introduction au kommos.» Teuflel.
La première phrase du proodus, 902-4,
ya δ᾽ αἰάζει τὰν ἐγγαίαν
σώκτορι Περσάν᾽ a été mise fortement en suspicion par les commentateurs. Plusieurs éditeurs ont hésité, ou n’ont pu se résoudre, à la mettre, sous cette forme, dans la bouche
du Chœur, à cause de l’irrévérence des expressions. Hermann cherche à atténuer l’objection, en observant que le sujet de la proposition est y& : « non ipse chorus hoc opprobrio Xerxem excipit, sed quid cives dicant exponit. » Ges scrupules sont peut-être superflus. Il ne faut pas oublier que le Chœur exprime presque partout des sentiments belléniques, et Brunck a déjà fait observer que tout ceci se passe sur la scène athénienne. Nous avons déjà signalé dans bien des cas l'absence de ce qu’on appelle la couleur locale. Du reste la construction de Hermann, κτωμέναν Ξέρξω, “Αιδου σώκτορι Περσῶν, l. €. τὸν “Αἰδὴν σώττοντι Περσῶν, Vel Πέρσωις, occisam α Xerxe, Orcum Persis implente n’est pas, en soi, absolument intolérable, bien que ces deux génitifs, rapprochés comme ils le sont dans cette construction, aient quelque chose d’un peu dur. L’ingénieuse supposition de Heimsoeth, de ind. Uebert., p. 84, a bien pour elle un certain caractère de vraisemblance. Il pense que la leçon originale de σάκτορι Περσῶν ES σώκτορι νεκρῶν, QUE “αιδου vient de ἽΑιδω, interprétation donnée par un Scoliaste à σάκτορι, et que Περσᾶν est une interprétation de νεκρῶν. Il lit, en conséquence :
γὰ δ᾽ αἰάζει τὰν ἐγγαίαν ἥβαν κταμέναν σώκτορι νεκρῶν et retranche le reste comme interprétation.