FJT AVEC LE MANUSCRIT B
Ce manuscrit z, source commune de F, de T et de J, est à son tour associé au manuscrit B par plusieurs bévues communes.
En voici le relevé :
1° Ligne 85. [« De quoi vous mettez-vous en peine par qui celui qui vous Ta prêté] DMG : vous le redemande^ JTB : vient (F va) le redemander ».
Il semble d'abord que les deux leçons s'équivalent; mais, si Ton observe que c'est ici une citalion d'Épitecte, et que Pascal connaissait le Manuel par la traduction de Dom Goulu, il convient de se reporter à cette traduction. On y lit : « De quoi vous souciez-vous par qui celui qui vous l'a prêtée [votre terre] vou$ la redemande ». C'est donc la version vous le redemande qui se révèle comme primitive.
2** Ligne 154 : « Cette ignorance qui s'ignore et qu^il [Montaigne) appelle sa maîtresse forme » (M DG).
B, J et F s'accordent à dire : et qu'il appelle sa maîtresse femme. En présence de cette leçon risible, T, impuissant à trouver un texte acceptable, supprime simplement l'incidente.
3° Ligne 468. « Je mn prêt , » dit Pascal à M. de Saci, « à renoncer toutes les lumières qui ne viendront pas de vous^ en quoi f aurai V avantage ou d* avoir rencontré la vérité par bonheur^ ou de la recevoir de vous avec assurance, » Ainsi s'exprime-t-il en D et en M (G manque).
Mais B, J et F donnent pareillement ou de la recevoir de lui avec assurance^ leçon fautive, qui induit T à remanier toute la phrase, en interprétant lui par Dieu.
4® Ligne 540. « Ils se trouvent unis^ eux qui ne pouvaient s'allier dans un degré intimement inférieur (J), dans un degré intimement intérieur (B). »
Cette tare commune associe encore JB. F et T ont ici la bonne leçon [infiniment inférieur)^ qu'il n'était pas difficile de retrouver.
Il résulte de ces quatre observations que le manuscrit B forme avec z (= FJT) une famille que nous appellerons y.
Mais cette nouvelle famille y est à son tour fortement apparentée au manuscrit M, et c'est ce qu'il nous reste à montrer.
c. Parenté du groupe y (=TFJB) avec le manuscrit M.
Relevons les passages qui nous semblent devoir entraîner ce groupement :
1*^ Ligne 188. DG : « Les difficultés croissent à mesure quon les pèse ».
MFJB : « Les difficultés croissent à mesure qu'on espère ».
T : « Les difficultés croissent à mesure qu'on espère les ôter ».
Il suffit de disposer ainsi ces variantes pour qu'apparaisse en pleine clarté la répartition primordiale de tous nos textes en deux familles : la leçon primitive était à mesure quon les pèse (conservée en t?=DG). Un copiste x l'a lue fautive* ment espère. Espère s'impose désormais à tous les textes dérivés de cet x: à MJB, qui le transcrivent passivement, à T, qui le glose avec adresse*.
2* Ligne 432. DG : « // rejette bien loin cette vertu stoique..,. La sienne est naïve, familière. »
MJTB : « Sa (F : La) science est naïve », faute certaine.
1. Celte glose les ôter se lit aussi en F, mais en surcharge et d'une autre main.
3** Ligne 464. D * : « Vous venez de me faire voir le peu d'utilité que les chrétiens peuvent retirer de ces lectures. »
MFJB : « .... le peu d'utilité que les chrétiens peuvent faire de ces lectures, »
T :«.... ie peu de besoin que les chrétiens ont de ces lectures, »
Comme précédemment, la leçon primitive est conservée par D. Elle s'altère en un manuscrit a?, d'où elle passe à M, F, J, B. Ces quatre manuscrits la gardent telle quelle. T la restaure de son mieux, mais sans retrouver le texte vrai.
4® Ligne 477. « La source des erreurs de ces deux sectes est de n'avoir pas su que Vétat de Vhomme à présent diffère de celui de sa création.,, [Montaigne"]^ éprouvant la misère présente et ignorant la première dignité^ traite la nature comme nécessairement
infirme .»
Telle est la leçon de DG. — MFJ donnent « éprouvant la misère présente et ignorant sa première dignité, — T : « sa misère présente,,, sa première dignité, » (B manque.)
C'est une troisième manifestation du même phénomène : ici encore, DG nous offrent la leçon