‹ Études critiquesChapitre 29 sur 74 · De Marcellus, Chateaubriand et son temps^ 1859, p · texte numérisé non relu

De Marcellus, Chateaubriand et son temps^ 1859, p

S'il traversait les montagnes de la Savoie, elles éveillaient aussitôt la vision des Apalaches : « Les Alpes ne m'ont pas paru avoir cette virginité de site que l'on remarque dans les Apalaches. La hutte d'un Siminole sous un magnolia ou d'un Chipowais sous un pin a un tout autre caractère que la cabane d'un Savoyard sous un noyer* ». A la vue des Pyramides, il se rappelait les monuments indiens des bords de l'Ohio*; les plaines de l'Arcadie lui remémoraient les savanes floridiennes ^, et découvrant du large la plage de Rosette, il croyait revoir « les lagunes des Florides* ». Si, à Mégare, un Albanais, son hôte, lui faisait manger à sa table une pcfule de Virginie, il lui faisait dire par l'interprète « qu'il avait voyagé au pays de ces oiseaux^ ». Faisait-il l'ascension du Vésuve, il admirait l'étrangeté de ses destinées vagabondes, et s'écriait : « Mon nom est dans la cabane du sauvage de la Floride; le voilà sur le livre de l'ermite du Vésuve'! » Conversait-il, par de beaux soirs, avec M™® Joubert et M™^ de Beaumont dans le jardin de Savigny, il leur disait ses voyages : « Je n'ai jamais si bien peint qu'alors

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