‹ Études critiquesChapitre 43 sur 74 · Voir ci-dessus, note · texte numérisé non relu

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5. Lettres du 28 juillet, datées de Philadelphie, et adressées à Gouverneur Morris et à La Fayette.

6. Dans une lettre du 7 août, de Philadelphie, à Thomas Johnson, il dit avoir reçu de Th. Johnson une lettre datée du 30 juillet, au moment où il recevait à sa table les juges de la cour suprême (donc dans la première semaine d'août). Voir The W^Htinga of George Washington,.., edited by Worthington Ghauncey Ford, New-York, 1891, t. XII, p. 44 ss.

(le 14), soit le septième (le 19). Il pouvait, à vrai dire, lui rendre visite un jour quelconque, depuis le 6 juillet jusqu'au 6 septembre : car il est presque assuré que Washington n'a point quitté Philadelphie, fût-ce pour un voyage ou une villégiature de quelques jours, entre ces deux dates *.

Mais, dira-t-on, à quelles fins Chateaubriand aurait-il supposé ces deux voyages de son hôte? C'est un phénomène — ou un symptôme — fort banal en pareil cas, et qu'on appelle d'ordinaire le besoin de la précision inutile.

Donc, Washington revient enfin. Chateaubriand frappe à sa porte. « Point de gardes, pas même de valets. Une jeune servante vint m'ouvrir. » La « jeune servante » surprend, et l'absence de valets. Quand Washington sortait dans Philadelphie, toujours en équipage à quatre ou six chevaux, deux valets se tenaient debout derrière son carrosse. Il entretenait toujours, dans ses écuries de Philadelphie, de douze à quatorze chevaux *. Mais il ne

1. De tous les journaux dépouillés par mes correspondants, pas un ne mentionne un voyage ou une villégiature. Et pourtant, m'écrit M. L. Foulet, « ces journaux rapportent des faitsdivers de minime importance ». Et pourtant, m'écrit M. Schofleld, « we hâve information on matters of ail kinds, including much of trivial intcrest ». Et pourtant encore, tous ces journaux, muets sur les prétendus voyages rapportés par Chateaubriand, s'accordent à raconter l'arrivée du Président à Philadelphie le C juillet « au son des cloches, au bruit des salves d'artillerie », et son départ le 15 septembre.

2. S. Goolidge, A short history ofthe city of Philadelphia, Boston, 1887, p. 174.

reléguait pas tout son luxe dans ses écuries : et sachez que, pour traiter les hôtes nombreux qu'il recevait chaque soir, « ce vieux Romain », par un raffinement rare à cette époque, avait un cuisinier français*. Si donc, par quelque accident, une jeune servante eût ouvert à Chateaubriand, le lendemain, reçu à la table du dictateur, il semble que la tenue large et noble de la maison, le haut souci du décorum dont jamais Washington ne se départit, auraient pu corriger l'impression première du jeune convive.

Ainsi, de tous les événements du séjour de

1. S. Coolidge, ibidem. Cf., pour la confirmation de ces jenseignements sur la simplicité fort luxueuse du train de vie de Washington, Henri Cabot Lodge, George Washington, Londres, 1889, t. II, p. 377. Voici quelques autres témoignages, dus à des contemporains, et recueillis par W. S. Baker, Character partraits of Washington, Philadelphie, 1887 : « No person appears to hâve had a higher sensé of décorum, and universal propriety. The eye, following his public and private life, traces an unexceptionale propriety, an exact docorum, in every action; in every word; in his demeanour to men of every class; in his public communications : in his convivial entertainments ; in his letters; and in his familiar conversation. » (Tiraothy Dwight, Baker, p. 113.) — « His domestic arrangements were harmonious and systematic ; his servants seemed to watch his eye, and to anticipate his every wish; hence a look was équivalent toacommand » (Elkanah Watson, Baker, p. 175.) — « A la guerre, il recevait chaque soir trente personnes à dîner » (Prince de Broglie, Baker, p. 20; cf. un témoignage identique du Comte de Ségur, Baker, p. 180); à sa maison de campagne de Mount Vernon, « whether there be compagny or not, the table is allways prepared, by its élégance and exubérance, for their réception. » (Jedidiah Morse, Baker, p. 32.)

Chateaubriand aux États-Unis, un seul peut être contrôlé : le contrôle montre qu'il est imaginaire.

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