Génie du Christianisme, I, V, iv
sont aisément accessibles à tout lecteur ; nous pourrons donc nous dispenser de réimprimer ici une soixantaine de pages du savant jésuite; il suffira d'en donner quelques-unes à titre de spécimens, et de renvoyer aux autres avec exactitude. Au contraire, il est très difficile de se procurer en France les œuvres de Carver et de Bartram, comme nous avons pu nous en assurer dans les principales bibliothèques publiques de Paris. Force sera donc de reproduire ici les textes de ces deux voyageurs. S'astreindre à les citer en anglais, c'eût été, sans grand profit, rendre le travail de comparaison désagréable à maint lecteur français. Et, d'autre part, si nous avions proposé des traductions de notre cru, nous aurions risqué de multiplier malgré nous les coïncidences verbales et de forcer les ressemblances. Nous avons donc pris le parti de citer Bartram d'après la traduction française publiée par P.-V. Benoist en l'an VII *, Carver d'après la traduction donnée par M. de C... en 17842. ^ Toccasion, s'il y a quelque intérêt littéraire à déroger à cette règle, nous communiquerons le texte anglais original.
1. Voyages dans les parties sud de VAmérique septentrionale ^ faits par W, Bartram,.,. traduits en français par P.-V. Benoist, Paris, an VII, 2 vol. in-8.
2. Voyage dans les parties intérieures de V Amérique septentrionale pendant les années i766, 1767 et i768.., traduit sur la 3* édition anglaise par M. de C..., Paris, 1784, 1 vol. in-8.
Le « Voyage en Amérique ».
Notre recherche des sources est restée à peu près vaine pour les 80 premières pages du Voyage en Amérique, Assurément, la plupart de ces récits sont tout spontanés. Mais de longs morceaux, Y Aperçu des lacs du Canada (p. 48-55), la description du cours de TOhio et du Mississipi (p. 64-83), d'autres encore, doivent être empruntés à des livres sur lesquels nous n'avons pas su mettre la main. A peine pouvons-nous, pour quelques fragments, proposer les rapprochements que voici :
Voyage, p. 45.
Lettre écrite chez les Sau- Charlevoix», p. 326. vnges du Niagara,
« Lorsqu'une jeune Indienne « Une mère qui voit sa fllle a mal agi, sa mère se contente se comporter mal, se met à de lui jeler des gouttes d'eau pleurer. Celle-ci lui en deau visage et de lui dire : Tu mande le sujet, et elle se conme déshonores. Ce reproche tente de lui dire : Tu me désmanque rarement son effet. honores. Il est rare que cette
manière de reprendre ne soit pas efficace. Ordinairement la plus grande punition... c'est de jeter aux enfants un peu d'eau au visage. »
1. Lorsque nous citons Charlevoix, sans mentionner aucun titre, nous voulons désigner son Journal historique^ qui forme le troisième volume de son grand ouvrage. Bartram est cité, quand nous renvoyons au texte anglais, d'après l'édition de Dublin, 1797.
Ce trait est reproduit dans Atala.
Voyage^ p. 48. Charlevoix, p. 253.
Le lac Érié a plus de cent Le lac Ërié a cent lieues de
lieues de circonférence» Les na- longueur de Test à Touest. Le
tions qui peuplaient ses bords nom qu'il porte est celui d'une
furent exterminées par les nation de la langue huronne,
Iroquois il y a deux siècles; qui était établie sur ses bords
quelques hordes errantes in- et que les Iroquois ont entière-
festèrent ensuite des lieux où ment détruite. Ton n'osait s'arrêter.
Par une singulière interprétation de Toriginal, Chateaubriand réduit des deux tiers la circonférence du lac Érié. ,
Voyage, p. 50. Charlevoix, p. 282-3.
Le lac Huron abonde en Les poissons les plus compoisson; on y pêche Vartika- muns dans les trois lacs sont... mègue et des truites qui pèsent Vastikamègue, et surtout la deux cents livres. L'Ile de Ma- truite. Il y en a d'une grosseur timoulin était fameuse; elle monstrueuse... Les Ontaouais, renfermait le reste de la nation qui se sont retirés dans les des Ontavvais, que les Indiens lies du lac Michigan, y sèment faisaient descendre du grand du maïs. Les Amikoués fai- Gastor. saient autrefois demeure dans
ces îles; cette nation est aujourd'hui réduite à un très petit nombre de familles, qui ont passé dans l'tle Manitoualin, au nord du lac Huron; elle est pourtant une des plus nobles du Canada, suivant les Sauvages, qui la croient descendue du grand Castor.
Donc, en ces deux phrases, Chateaubriand, trouvant intérêt à nous renseigner sur certain poisson,
sur certaine île et sur les habitants de celte île, estropie le nom du poisson, défigure le nom de Tîle et y transporte une peuplade qui, sans doute, n'y a jamais dressé ses wigwams.
Voyage, p. 87
Journal sans date. ' ' ^
Je n'avais pas fait cent pas Je fus éveillé au matin par
sous bois que j'ai aperçu un le babil des dindes sauvages,
troupeau de dindes... Le soir, Pendant plus d'une heurcr on
elles se perchent sur les cimes n'entend que ce bruit dans
des arbres les plus élevés; le tout le pays; un peu après le
matin, elles font entendre du lever du soleil, elles cessent
haut de ces arbres leur cri leurs appels, et quittent les
répété; un peu après le lever hautes branches sur lesquelles
du soleil, leurs clameurs ces- elles ont couché, et descendent
sent, et elles descendent dans à terre, où, déployant leur queue
I es forêts. argentée, les mâles se pavanent
autour de leurs femelles.
Voyage, p. 72. Bartram, t. I, p. 90.
On appelle lie en Amérique La terre de cet endroit (Biif-
des bancs d'une terre blanche falo Lick) est un argile gras,
un peu glaiseuse, que les buf- visqueux et blanc ou cendré,
fles se plaisent à lécher; ils y que toutes espèces de bêtes à
creusent avec leur Jangue des cornes lèchent avec avidité ;
sillons. Les excréments de ces les habitants pensent que cet
animaux sont si imprégnés de argile est imprégné de vapeurs
la terre du lie, qu'ils ressem- salines; mais je n'ai pu y
blent à des morceaux de chaux, trouver aucun goût. Il est
Les buffles recherchent les lies d'une douceur extrêmement
à causes des sels qu'ils con- insipide. Les bêtes l'aiment
tiennent : ces sels guérissent avec passion, au point que
les animaux ruminants des leurs excréments semblent
tranchées que leur cause la être de véritable argile, crudité des herbes. Cependant les terres de la vallée de rOhio ne sont point salées au goût; elles sont au contraire extrêmement insipides.
Description de quelques sites dans V intérieur des Florides, ( Voyagey p. 84-88.)
Chateaubriand fait précéder les belles pages que nous reproduisons ici de ces quelques lignes ; c'est la principale mention qu'il ait jamais faite de Bartram.
« Immédiatement après la description de la Louisiane, viennent dans le manuscrit quelques extraits des voyages de Bartram, que j'avais traduits avec assez de soin. A ces extraits sont entremêlées mes rectifications, mes réflexions, mes additions, mes propres descriptions, à peu près comme les notes de M. Ramond à sa traduction du Voyage de Coxe en Suisse, Mais dans mon travail, le tout est beaucoup plus enchevêtré, de sorte qu'il est presque impossible de séparer ce qui est de Bartram, ni souvent même de le reconnaître. »
Nous tâcherons de le reconnaître pourtant, et de faire ce départ.
Voyage, p. 84. Bartram, passim.
Nous étions poussés par un (On retrouve, presque à cha-
vent frais. La rivière allait se que page, Bartram occupé de
perdre dans un lac qui s'ou- teis soins dans des paysages
vrait devant nous, et qui for- analogues : il reconnaît un
malt un bassin d'environ neuf petit lac, et fait voile vers un
lieues de circonférence. Trois ilôt : amarrage de sa barque
Iles s'élevaient du milieu de ce aux arbres de la rive, explo-
lac; nous fîmes voile vers la ration des richesses naturelles
plus grande, où nous arri- du lac et de Vilot, pèche,
vâmes à huit heures du matin, chasse, herboHsation, il n*est
Nous débarquâmes à l'orée pas de scènes plus familières
d'une plaine de forme circu- au lecteur de ses récits,)
laire; nous mimes notre canot à Tabri sous un groupe de marronniers qui croissaient presque dans l'eau. Nous bâtîmes notre hutte sur une petite éminence. La brise de Test soufflait, et rafraîchissait le lac et les forêts. Nous déjeunâmes avec nos galettes de maïs, et nous nous dispersâmes dans nie, les uns pour Bartram, t. I, p. 191 chasser, les autres pour pêcher (Dublin, 102).
ou pour cueillir des plantes. ^ ' '
Nous remarquâmes une es- Vhibiscus coccineus croit à pèce d'hibiscus. Cette herbe dix ou douze pieds de haut, en énorme, qui croit dans les se divisant régulièrement de lieux bas et humides, monte manière à former un cône aigu, à plus de dix ou douze pieds, Ses branches se subdivisent et se termine en un cône de môme et sont ornées de extrêmement aigu : les feuilles grandes fleurs pourpre, qu'on lisses, légèrement sillonnées, aperçoit à une grande distance, sont ravivées par de belles
fleurs cramoisies, que Ton Bartram, t. I, P- * ' , aperçoitàune grande distance. (Dublin, p. 14).
L'agave vivipare s'élevait Je parvins à une forêt d'aencore plus haut dans les cri- gave vivipara. Je dis une foques salées, et présentait une rêt, parce que les hampes de forêt d'herbes de trente pieds leurs fleurs avaient près de perpendiculaires. La graine trente pieds de haut. Lorsque mûre de cette herbe germe leurs graines sont mûres, elles quelquefois sur la plante germent et poussent sur les même, de sorte que le jeune branches mêmes, jusqu'à ce plant tombe à terre tout formé, que la hampe se dessèche et Gomme l'agave vivipare croît meure. Les jeunes plantes souvent au bord des eaux cou- alors tombent par terre, se rantes, ses graines nues em- fixent dans le sable et pousportées du flot étaient exposées sent des racines, à périr : la nature les a développées pour ces cas particuliers sur la vieille plante, afin qu'elles pussent se fixer par leurs petites racines, en s'échappant du sein maternel.
Gharlevoix,His^ de la Nouv,- Voyage, p. 85. p^ance, t. II, Descr. S
Le souchet d'Amérique était Le souchet de TAmérique commun dans l'île. Le tuyau est une herbe dont les feuilles de ce souchet ressemble à ressemblent à celles du poicelui d'un jonc noueux, et sa reau;... son tuyau est comme feuille a celle du poireau : les celui du jonc noueux... Les sauvages l'appellent apoya sauvages de la Floride nommasse. Les filles indiennes de ment cette plante apoya matsi, mauvaise vie broient cette plan- Les sauvages la broient entre te entre deux pierres, et s'en deux pierres et se frottent de frottent le scm et les bras. son suc, quand ils veulent se Nous traversâmes une prai- laver , parce qu'ils croient ne semée de jacobée à fleurs qu'elle affermit leurs chairs jaunes, d'alcée à panaches et leur communique une odeur roses, et d'obélia, dont l'ai- fort douce, grette est pourpre. Des vents légers, se jouant sur la cime de ces plantes, brisaient leurs flots d'or, de rose et de pourpre ou creusaient dans la ver- Charlevoix De<icr n ^fi dure de longs sillons. ^nanevoix, uescr,, p. Sb,
La sénéka, abondante dans La sénéka est jaunâtre en les terrains marécageux, res- dedans, bjanche en dehors, et semblait par la forme et par d'un goût acre, un peu aromala couleur à des scions d'osier tique. Elle pousse plusieurs rouge : quelques branches tiges, les unes droites, les rampaient à terre, d'autres autres couchées par terre, s'élevaient dans l'air : la sénéka a un petit goût amer et aromatique. Auprès d'elle croissait le convolvulus des Carolines, dont la feuille imite la pointe d'une flèche. Ces deux
plantes se trouvent partout où Les Sauvages la regardent il y a des serpents à son- comme un spécifique contre nettes : la première guérit le venin du serpent à sonnettes.
1. Cette abréviation désigne une Description des Plantes de l'Amérique septentrionale, par le P. de Charlevoix, publiée en appendice au t. II de son Histoire de la Nouvelle-France.
de leur morsure; la seconde est si puissante, que les Sauvages, après s'en être frotté les mains, manient impunément ces redoutables reptiles. Les Indiens racontent que le Grand- Esprit a eu pitié des guerriers de la Chair-Rouge aux jambes nues, et qu'il a semé lui-même ces herbes salutaires, malgré la réclamation des âmes des serpents.
Voyage, p. 86. Charlevoix, Descr,, p. 24.
Nous reconnûmes la serpen- La serpentaire se trouve taire sur les racines des grands communément sur la racine arbres; Tarbre pour le mal de des grands arbres. — P. 22. dents, dont le tronc et les L'arbre pour le mal de dents branches épineuses sont char- a son tronc et ses grosses gés de protubérances grosses branches presque tous couverts comme des oeufs de pigeon; de protubérances,... dont les Varclosla * ou canneberge, dont plus grandes sont grosses la cerise rouge croît parmi les comme des noix ; — P. 39. La , mousses, et guérit du . flux hé- canneberge vient dans les patique. La bourgène, qui a la pays couverts de mousse; ... propriété de chasser les cou- son fruit est rouge, gros leuvres, poussait vigoureuse- comme une cerise... Les saument dans des eaux stagnantes vages l'appellent, atoca, on le couvertes de rouille. conflt et on l'estime contre le
cours de ventre. — P. 51. La bourgène jette plusieurs verges droites, longues..... on prétend qu'avec un bâton de cet arbrisseau on chasse les serpents.
1. VArctosta. Cette plante s'appelle, selon Charlevoix, non pas Varctosta^ mais V atoca ou canneberge (p. 40). Il va sans dire que les dictionnaires de botanique, qui connaissent Vàtoca, ignorent Varctosta.
Bartrara, t. I, p. 188 (Dublin, p. 101).
Un spectacle inattendu frappa Sur les bords de ce lac [le nos regards : nous découvrîmes lac George, formé par une une ruine indienne; elle était expansion de la rivière Saintsituée sur un monticule au bord Jean], on voit les restes évidents du Icic; on remarquait sur la d'une grande ville indienne, gauche un cône de terre de Elle était située sur un montiquarante à quarante-cinq pieds cule, près des bords du lac. de haut; de ce cône partait un Sur son emplacement est une ancien chemin tracé à travers élévation conique de terre, un magniflque bocage de ma- d'où part une grande chaussée gnolias et de chênes verts, et indienne, qui, traversant un qui venait aboutir à une savane, magnifique bois de magnolias. Des fragments de vases et d'us- de chênes verts, de palmiers tensiles divers étaient dispersés et d'orangers, va aboutir à çà et là, agglomérés avec des une vaste savane. L'île a dû fossiles, des coquillages, des être très peuplée si Ton en pétriflcations de plantes et des juge par les nombreux fragossements d'animaux. ments de vaisselle indienne,
Le contraste de ces ruines les os d'animaux, et autres et de la jeunesse de la nature, débris qu'on y rencontre parces monuments des hommes tout, et surtout sur les coteaux dans un désert où nous et parmi les coquillages qui y croyions avoir pénétré les pre- forment plusieurs monticules, miers, y causaient un grand saisissement de cœur et d'esprit. Quel peuple avait habité cette île? Son nom, sa race, le temps de son existence, tout est inconnu; il vivait peut-être lorsque le monde, qui le cachait dans son sein, était encore ignoré des trois autres parties de la terre. Le silence de ce peuple est peut-être contemporain du bruit que faisaient de grandes nations européennes tombées à leur tour dans le silence, et qui n'ont laissé elles-mêmes que des débris.
Voyage, p. 87.
Nous examinâmes les ruines :
des anfractuosités sablonneuses du tumulus sortait une espèce de pavot à fleur rose, pesant au bout d'une tige inclinée d*un vert pâle. Les Indiens tirent de la racine de ce pavot une boisson soporifique; la tige et la fleur ont une odeur agréable qui reste attachée à la main lorsqu'on y touche.
Cette plante était faite pour orner le tombeau d'un Sauvage : ses racines procurent le sommeil, et le parfum de sa fleur, qui survit à cette fleur même, est une assez douce image du souvenir qu'une vie innocente laisse dans la soli-v tude.
Continuant notre route et observant les mousses, les graminées pendantes, les arbustes échevelés, et tout ce train de plantes au port mélancolique qui se plaisent à décorer les ruines, nous observâmes une espèce d'œnothère pyramidale, haute de sept à huit pieds, à feuilles oblongues *, dentelées, et d'un vert noir; sa fleur est jaune.
Le soir, cette fleur commence à s'entr'ouvrir ; elle s'épanouit pendant la nuit; l'aurore la trouve dans tout son éclat; vers la moitié du matin elle se fane; elle tombe à midi :
Bartram, t. II, p. 234 (Dublin, p. 404).
A quelques milles au-dessus de Taensa (pays de la Mobile) j'aperçus avec étonnement une plante en fleurs, dorée du jaune le plus éclatant. Étant monté sur la côte, je vis que c'était une sorte à^œnolhera; elle s'élève droite à sept ou huit pieds de haut... et forme une sorte de figure pyramidale. Les feuilles sont d'un vert foncé, larges, dentelées profondément en scie. Les fleurs sont d'un jaune éclatant; ses fleurs commencent à s'ouvrir le soir; elles s'épanouissent tout à fait dans la nuit, et sont le matin dans toute leur
1. Et non blondes, comme on lit dans Tédition Blré des Afémoirea d'Outre-Tombe, t. I, p. 403.
elle ne vit que quelques beauté; mais elles se ferment heures, mais elle passe ces et se dessèchent avant la fin heures sous un ciel serein, du jour.
Qu'importe alors la brièveté de sa vie?
A quelques pas de là s'étendait une lisière de mimosa ou de sensitive : dans les chansons des Sauvages, Tâme d'une jeune fille est souvent comparée à cette plante *.
,, û^ Bartram, t. I, p. 9
Voyage, p. 88. ^jj^j^jj^'^ ^ ^,{1)
En retournant à notre camp. Ce qui est vraiment adminous traversâmes un ruisseau rable, ce sont les propriétés tout bordé de dionées; une de la Dionea muscipula. multitude d'éphémères bour- Avançons p^îSs de ce ruisseau, donnaient à l'entour. qui en est bordé; voyez s'ou-
vrir ces lobes vermeils : leurs ressorts sont tendus, ils sont prêts à se refermer sur l'insecte sans défiance : voyez comme une de ses feuilles se replie sur une mouche; une autre a pris un petit ver : elle s'en saisit, et ne le lâchera pas.
Bartram, t. I, p. 48 (Dublin, p. xviii).
Il y avait aussi sur ce parterre L'éclat des myrtes et des
trois espèces de papillons : l'un cactus... attirait plusieurs
blanc comme l'albâtre, l'autre beaux papillons de deux ou
noir comme le jais avec des trois espèces : il y en av^it
ailes, traversées de bandes un noir, dont les ailes supé-
j aunes, le troisième portant rieures étaient... marquées de
une queue fourchue, quatre bandes transversales d'un
1 . Note de Chateaubriand : « Tous ces divers passages sont de moi ; mais je dois à la vérité historique de dire que, si je voyais aujourd'hui ces ruines indiennes de l'Alabama, je rabattrais de leur antiquité. »
ailes d*or barrées de bleu et jaune pâle... Une autre espèce semées d*yeux de pourpre^ était d'une grandeur singu- Attirés par les dionées, ces Hère : la paire inférieure de insectes se posaient sur elles; ses ailes se terminait près du mais ils n'en avaient pas plus corps par une queue longue, tôt touché les feuilles qu'elles étroite et fourchue; le fond se refermaient et enveloppaient de sa couleur était un jaune leur proie. rayé transversalement de ban-
des obliques, d'un téger bleu céleste, dont les extrémités étaient ornées de petits yeux formés par des cercles bleus et rouges. Un plus grand nombre était d'une espèce blanche comme la neige *.
Bartrara, t. I, p. 42 (Dublin, p. 12).
De retour à notre ajoupa, Nous eûmes bientôt pris
nous allâmes à la poche pour quelques poissons, dont un
nous consoler du peu de succès d'une très belle espèce. On
de la chasse. Embarqués dans lui donne le nom de ventre
le canot, avec les filets et les rouge. Il est grand comme la
lignes, nous côtoyâmes la main d'un homme; le haut de