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X. — Le Festin des Ames

Atala.

Une circonstance vint retarder mon supplice : la Fêle des Morts ou le Festin des Ames approchait. Il est d'usage de ne faire mourir aucun captif pendant les jours consacrés à cette cérémonie.

Cependant les nations de plus de trois cents lieues à la ronde arrivaient en foule pour célébrer le Festin des Ames. On avait bâti une longue hutte sur un site écarté. Au jour marqué, chaque cabane exhuma les restes de ses pères de leurs tombeaux particuliers et Ton suspendit les squelettes, par ordre et par familles, aux murs de la Salle commune des aïeux. Les vents (une tempête s'était élevée), les forêts, les cataractes mugissaient au dehors, tandis que les vieillards des diverses nations concluaient des traités de paix et d'alliance sur les os de leurs pères.

On célèbre les jeux funèbres, la course, la balle, les osselets.

Deux vierges cherchent à s'arracher une baguette de saule.

Les boutons de leurs seins viennent se toucher; leurs mains voltigent sur la baguette...

Charlevoix, p. 377-8.

Tous les huit ans, les Indiens célèbrent une fête qu'ils appellent la Fêle des Morts ou le Festin des Ames.

On fait des présents aux étrangers, parmi lesquels il y en a qui sont venus de cent cinquante lieues, et l'on en reçoit d'eux.

On se rend processionellement dans une grande salle de conseil dressée exprès, on y suspend contre les parois les ossements et les cadavres dans le même état où on les a tirés du cimetière... On profite de ces occasions pour traiter les affaires communes ou pour l'élection d'un chef.

Ce motif de danse semble suggéré par un passage de Carver rapporté ci-dessus , p. 229.

XI. — « Le jongleur invoque Michabou, génie des eaux (cf. Charlevoix, p. 344). II raconte les guerres du grand Lièvre contre Machimanitou, dieu du mal (?). Il dit le premier homme et Athaënsic la première femme, précipités du ciel pour avoir perdu Finnocence; la terre rougie du sang fraternel; Jouskeka Fimpie immolant le juste Tahouitsaron (cf. Charlevoix, p. 344); le déluge descendant à la voix du Grand Esprit; Massou {lisez Messou) sauvé seul sur son canot d'écorce (cf. Charlevoix, p. 399); il dit encore la belle Endaë retirée de la contrée des âmes parles douces chansons de son époux (cf. Charlevoix, p. 352). »

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