‹ Études critiques sur la BibleChapitre 12 sur 34 · XVIII, 15; XIX · texte numérisé non relu

XVIII, 15; XIX

rapprochés les uns des autres et destinés, dans Tiu- (ention de celui qui fit ce travail, à se compléter mutuellement, ne forment pas un ensemble assez incohérent pour frapper au premier aspect un lecteur non prévenu. Pendant des siècles, on a lu et étudié ces livres sans se douter de la provenance différente des parties qui sont entrées dans leur composition définitive. Le mélange de ces deux éléments se serait bien vite trahi, s’il y avait entre Elohim et Jéhovah une différence radicale. Au fond, Jéhovah est, au.ssi bien qu’Elohim, le créateur de tout ce qui existe, le vengeur du droit et de la morale, et le protecteur spécial de la famille d’Israël.

Mais si c’est le même Dieu qui est désigné par l’un et par l’autre terme, il n’est pas considéré, si l’on peut ainsi dire, du même point de vue dans les deux dénominations. Le mot Jéhovah exprime de Dieu autre chose que ce que le mot Elohim en représente. Elohim est Dieu en tant qu’une puissance supérieure à tout ce que l’homme connaît ; Jéhovah est Dieu en tant que l’être existant par lui-même.

Le mot Elohim signifie Forts, Puissants, et peutêtre est-il au pluriel pour donner l’idée, non comme le suppose xM. Ilengstenberg, que Dieu possède la totalité de toutes les forces, conception trop métaphysique pour les hommes primitifs, mais qu’il est supérieur à tous les êtres, quelques puissants qu’ils

soient. Dans tous les cas, ce terme porte avec lui l’idée rendue dans d’autres langues par le superlatif. 11 prête en effet à tous les mots auxquels il est joint l’idée de la puissance et de la grandeur qu’il exprime lui-même Une très-haute montagne est la montagne d’Elohim ; le feu d’Elohim est l’éclair ’ ; un ruisseau qui coule à grand flots, une rivière d’Elohim Aussi ce terme n’est pas exclusivement appliqué à Dieu. Les rois, les princes, les juges sont également des Elohim c’est-à-dire des êtres grands, puissants et redoutables. Il ne saurait y avoir le moindre doute sur la conception qui a donné naissance à ce mot, quand on voit que le sentiment que l’Israélite doit avoir pour Dieu est désigné par le mot de crainte.

La crainte d’Elohim est la base de la religion d’Israël ', et c’est en effet par ce terme que devait être exprimé le sentiment inspiré par la Toute-Puissance. Tous les autres termes usités, concurremment avec Elohim, pour désigner Dieu, dans l’âge des patriarches, ont une acception analogue. Le mot

• P$. Lxviii, 16 ; ixxx. tl ; Cen., xxiii, 6; xxxv .5 ; 1 Sam.,

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