XIV
• Ps. Lxviii, 16; XXXVI, 7.
» Ps. CIV. 16.
• Ps. LXV, 10.
• Exode, XXI, 6; xxii, 7, 8; Ps., lxxxii, 1, 6; xcvii,7.
• Prov., 1,7; Job, \i, li; xxviii, 28; Ps. ii, 11; v, 8; cxi., 10.
El, bx. signifie un héros, un homme fort et courageux et tous les termes qui dérivent de la même racine que lui * désignent des êtres ou des productions de la natui e, remarquables par leur force Schadaï, qualificatif à’ El *, mais pouvant être pris substantivement *, dérive aussi d’une racine qui signifie être fort, et a le sens de puissant Adonaï renferme encore l'idée de supériorité due à la puissance, et signifie maître, dans le sens antique du mot ’•
Sans cesser de considérer Dieu comme la puissance la plus élevée, le mosaïsme le présente en même temps comme l’être existant par lui-même. Le Dieu qui a tout produit et qui couvre de sa protection spéciale la famille d’Israël, ne se distingue pas seulement de tout le reste des êtres par sa puissance irrésistible ; il en diffère encore, et à un plus haut degré, par sa nature même. Tandis que.
* Eiéch., XXXI. H ; xxxii, 21 ; Es. ix, 5; Job, xli. 17.
t Gési'uius, Thésaurus, p. 49.
’ Par exemple nSx un arbre robuste, un térdbinlhe; QO chône, un cerf, animal qui l'emporlc sur tes autres par la rapidité de sa course ou par la force de son bois. Gésénius, Thésaurus, p. 4b, 50 et 51.
« Genèse, xvii, 1; xxviii, 3; xxxv, 11-, xuii 14; xlviii, 3 Exod., VI, 2 et 3.
’ .\omb., XXIV, 4, 16; Ruth, i, 20 21 ; Ps. lxviii, 15, etc.
• Gésénius, Thésaurus, p. 1364 et 1366.
’ Genèse, xlv, 8; 1 flots, xvi, 2i.
sur cette terre, tout naît, change et périt, et qu’il n’y a pas un seul être dont les conditions de l’existence soient dépendantes de sa volonté, Dieu est l’étre même, éternel, immuable, au-dessus des atteintes de toute espèce d’accident. Comme Elohim, c’cst-à-dire comme l’étre infiniment puissant. Dieu a, dans la création, non sans doute des égaux, mais des êtres qui lui ressemblent, en quelque manière, par une puissance plus ou moins considérable ; aussi, on l'a déjà vu, il y a même des liommes privilégiés qui peuvent être désignés par son nom et s’appeler, comme lui, des Elohim. Mais il n’y a qu’un Jéhovah ; aucun être créé ne peut, quand on a égard à sa nature, être comparé de près ou de loin à Dieu ; Jéhovah est l’unique, et ce nom lui est exclusivement réservé ; il n’est jamais appliqué à un autre être qu’à Dieu, parce que Dieu seul est l’être existant par lui-même.
Tel est le sens de ce mot; il est facile de s’en convaincre par l’examen de son origine grammaticale.
On est d’accord aujourd’hui à reconnaître que le mot Jéhovah doit se prononcer Jahveh ’• On sait
< Gésënius, Thésaurus, p. 577 b; Ilengstenberg. Authentie des Pentat., t. i, p. 222 et suiv. Ce n’est pas là toutefois nne nouveauté. Rinfaard Simon rapporte qu’un commentateur caraïtp, Aaron fils de Joseph, ne cite le nom de Jéhovah, ou le tetragrammaton que par le« trois lettres iod, vau et hé. Ce
SUR LA BIRLE
que par une superslilion^que quelques historiens veulent faire remonter très-haut, mais qui ne peut s’être répandue parmi les Juifs qu’après la captivité de Bahylone, les Israélites regardèrent le nom par lequel Dieu s’était désigné lui-même ' comme trop pur pour être souillé par la bouche de l’homme ; il fut interdit de le prononcer, et on cuivint de le remplacer, dans la lecture des livres saints, par le mot Âdonaï, et quand, dans le texte, il était joint déjà à Adonaï, par le mot Elohim ^ Il arriva de là, non pas seulement que la véritable prononciation du mot Jéhovah se perdit, mais que ce mot fut en général accon)pagné des points-voyelles du mot Adonaï, de sorte qu’en le lisant tel qu’il se présente à l’œil dans les exemplaires de l’Ancien Testament munis de points-voyelles, on a le mot Jéhovah, prononciation vicieuse, inconnue des Juifs, qui remplacedt toujours ce mot dans la lecture, ainsi qu’il vient d’être dit, mais adoptée par les hébraïsants chrétiens. Il est inutile d’exposer ici sur quelle raison les hébraïsants modernes se fondent pour lire Jah-
qtit me fail conjecturer, ajoute-l-il, que les Caraïtes n’<mt poiol lu Jéhovah comme le texte d'aujourd'hui porte, mais Javé, qui est la f.icon do lire que Théoilorct attribue aux Samaritains. Cérémonies et coutumes qui s’observent parmi les Juifi, trad. de Léon de ilodéne, p. 244.
• Exode, III, 14 et IS.
« nbrP ’nx se litipnr conséquent AdonaT-Elohim.
veh’. Je n’ai qu’à considérer ce mol en lui-niême.
Jahveh dérive du verbe liavali ou liajah -ji,-} être, dont il est un futur pris substantivement * ; il signifie par conséquent em, l’élre qui existe toujours tandis que tous les autres êtres sont soumis au changement et à la mort ; l’être qui est par luimême, par sa propre vertu, tandis que les êtres créés n’existent que par des causes indépendantes d’eux. Le sens de ce mot est confirmé par les paroles que Moïse met dans la bouche de Dieu.
« Lorsque j’irai vers les enfants d’Israël, dit Moïse à Dieu, qui du milieu du buisson ardent lui ordonne d’entreprendre la délivrance de son peuple, et que je leur dirai : Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous ; s’ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je? — H’nx nviX Je suis qui je suis, dit Dieu à Moïse, et il ajouta :
* Voij. Gi%dnius, Thésaurus p. 577 b; llengstenberg. Àuthentie des Pcntat., p. 226 et 227.
* Ccl emploi du futur est dans les analogies de la langue hé-
braïque. Un grand nombre de noms propres sont des futurs pris substantivement: on peut citer pour exemples 3pSi Jacob, de 32?: *19*1’ Joseph, de , ITS’, Japbct, de nnS, nriD’ Jepbté, de nÇ'S; pn?\ Isaac, rie pnX; Joktban, de psp;
p3^; Jabok, de pp3 ; etc.
’ mm traduit dans la version des .'^eptante par xùflo;, dans la Vulgate par Dominus cl dans les versions protestantes en langues vulgaires, par Éternel en français. Lord en anglais, Ewig en allemand. Luther le traduit par Hcrr.
SUIl LA niULE 133
Voici ce que tu répondras aux enfants d’Israël : irnx , Ehejé (je suis) m’a envoyé vers vous. Dieu dit encore à Moïse : Tu diras aux enfants d’Israël : le Étant (nirp Jal*veh), qui est le Dieu de vos pères, le Dieu d’Ahraliam, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob, m’a envoyé vers vous. C’est là mon nom pour toujours ; c’est sous ce nom que je serai connu de génération en génération ’. »
Dieu , en parlant de lui-même , dit rPHN
(TnX sum qui sum, ou simiilcment (THN »um\ quand l’homme parle de lui, il doit le désigner sous le nom de miT' (Jahvch), le Étant. C’est donc l’existence absolue, l'être existant par lui-même, que le terme Jaliveli exprime^ ; il ne saurait rester le moindre doute à ce sujet.
Mais est -il bien certain que celte conception de Dieu appartienne en propi e au mosaïsme, et qu’elle fût inciinnue, aussi bien que le nom divin qui l’expiimc, aux premiers pères de la famille d’Israël? Plusieurs Ibéologiens le nient. M. Valke, qui veut voir dans le jébovismc le culte du feu, assure que le mot Jéhovah fut apporté de la Chaldée par Abra-
• Exode, III, li et 15.
• üucei , dans son coimnciilairc sur les Psaiimcs, sous le pseudonjinc d’Arclius Felinus, traduit , - 11 ,- 1 ') par aureçuT.;, celui qui se produit liii-iiiCiiie, qui existe par lui-mimo.
ham'. Celle opinion me paraîl diflicile à prouver; je ne connais pas un seul fail positif qui puisse lui servir d’appui, cl l’on clierchcrail en vain au delà de l’Euphrate, jene dis pas le mol Jahveli, maisquclquc terme qui offre avec lui une analogie satisfaisanle.
M. Hengslenberg prétend, de son colé, que les mots Elohim et Jéhovah remontent à la même antiquité, cl qu’ils ont été usités de tout temps parmi les descendants d’Adam, du moins dans la branche de laquelle est sorti le peuple élu. Et comme il est nécessaire d’expliquer l’emploi différent de ces deux dénominations dans l’Ancien Testament, il cherche à montrer que tout en s’appliquant également au vrai Dieu, elles le désignent, l’une, Elohim, en tant que puissance créatrice, et l’autre, Jéhovah, en tant que le père de la grâce et de la miséricorde. D’après lui, les Hébreux se servent constamment du mot Elohim, quand ils parlent de Dieu comme créateur, maître et conservateur du monde , et du mot Jéhovah, quand ils représentent Dieu dans ses rapports de bienveillance cl d’amour avec les hommes. Dieu s’étant fait connaître dans l’alliance qu’il traita avec Israël, par le ministère de Moïse, comme le sauveur des hommes, il n’est pas étonnant, assure M. Hengslenberg, qu’il soit désigné de préférence sous ce dernier nom dans le
• Valke, Biblische Theol., 1. 1 , |i. 677.
SUR LA HIBLK
mosaïsme. Mais il ne suit pas de là qu’il ne fût pas déjà connu des patriarches comme leur Sauveur, et, par conséquent, aussi sous le nom de Jéhovah
Si l’on ne connaissait les principes dogmatiques de cet écrivain, on serait étonné de le voir transporter, au mépris de la vérité historique, dans l’ Ancienne Alliance, un ordre d’idées qui n’appartient en propre qu’au christianisme. Les théologiens chrétiens ont long .cment disserté sur la distinction du Dieu de la nature et du Dieu de la grâce; mais quelle étrange confusion d’idées que d’attribuer cette subtile métaphysique aux patriarches? M. Hengstenberg vit, du reste, dans un monde de fiction qui n’a rien de commun avec la réalité historique. C’est ce dont on ne saurait douter quand on le voit, entre autres, au lieu de demander à la langue elle-même le sens étymologique du mot Jéhovah, aller en chercher l’explication dans un passage de l’Apocalypse’.
Moïse a pris soin lui-même de déclarer que cette dénoiiiination de Dieu avait été inconnue aux patriarches. Il met dans la bouche de rfilernel ces paroles : a Je suis Jéhovah; j’apparus à ALraharn, à Isaac, à Jacob, comme El-Schadai (le Dieu Tout- Puissant) ; mais sous mon nom Jéhovah je ne leur ai pas été connu’. »
• Hrngslenhorg, Aulhent. desPentat., l.i, p. 222-305.
* Hcngslcnbcrg, ibid., t. l, p. 236-2i2.
’ £aod«, VI, 2 et 3.
M. Hengsleiiberg ne veut pas [ji'endre à la lettre celte déclaration si simple et si positive. Dieu aurait voulu dire, s’il faut l’en croire : Les patriarches m’ont connu principalement comme le créateur et le maître de tout ce qui existe ; ils n’avaient pas encore une idée claire et complète de ce que je suis comme le Dieu de la grâce. Désormais, c’est surtout comme leur Sauveur, par la manifestation de mes miséricordes, que je me révélerai aux enfants d’Israël'.
Celte traduction, ou celle explication des paroles de Moïse, comme on voudra rap[ieler, est certainement un peu trop libre. 11 est incontestable que Moïse, rattachant ses institutions aux traditions antérieures de la famille de Jacob, présente Jéhovah comme une manifestation plus complète d’Elohim ; mais il annonce très-clairement que celle manifestation supérieure était, non pas obscurément connue, mais tout à fait inconnue aux patriarches. Le sens de ses paroles est fort clair. Abraham, Isaac et Jacob ont adoré Dieu comme la puissance suprême ; leurs descendants en auront désormais une connaissance plus parfaite ; ils l’invoqueront comme l’Être immuable, éternel, existant par lui-même, et c’est pour exprimer cette idée nouvelle de Dieu qu’Elohim est annoncé aux enfants d’Israël sons la dénomination de Jéhovah.
' Hcngslcnbcrg, Aulheiit. des Vcutat., l. i, p. 289-298.
SUR RA nini.K
Il est vrai que ce mot se retrouve dans le récit d’évéïieiuents bien antérieurs à Moïse. On lit dans la Genèse (iv, '2()), que du temps de Seih on commença à célébrer ou à invoquer le nom de Jéhovah. Et ce n’est pas le seul passage de ce livre dans lequel Dieu est mentionné sous ce nom. Noé, Abraham, Isaac, Jacob, y sont représentés plus d’une fois comme invoquant Jéhovah'. M. Ilengstenherg trouve dans ces passages une preuve décisive en faveur de sa thèse. Son argumentation repose sur un malentendu. La présence du mot Jéhovah dans des traditions antémosaïques est simplement due au rédacteur de ces antiques récits. Persuadé que les pères de la famille Israélite professaient la vraie religion, c’est-à-dire la religion qu’il professait lui-méme et dans la forme même sous laquelle il la connaissait, il transporta dans les temps antérieurs les expressions usitées de son temps*. Il y a dans la Genèse bien d'autres anachronismes de ce genre. C’est ainsi, pour ne citer qu’un seul exemple, qu’on attribue à Noé la connaissance de la distinction des animaux en purs et en impurs, et la pratique des prescriptions légales qui datent de Moïse*.
On peut conclure, ce me .semble, avec une entière
I Genèse, viii, 20; iiii, 4; xxi; 33; xxv, 2i, 22; xxvi, 2ô ; XXVIII, 21,
t Knobel, IHe Genesis erkiœrt. p. 61.
’ Genèse, vu, 2, 8; viii, 20.
ETLDES CRlTlyUES
certitude, des considérations que je viens de présenter, que la désignation de Dieu par le mot Jéhovah et par conséquent aussi que la conception du divin dont ce terme est incontestablement l’expression, sont des traits caractéristiques du mosaïsme. On est ainsi autorisé à regarder la révélation mosaïque comme un progrès dans le monothéisme. L’élohisme et le jéhovisme enseignent, l’un aussi bien que l’autre, l’unité de Dieu; mais ils ne l’enseignent ni avec la môme pureté, ni avec une égale élévation. Ils forment deux degrés différents dans la classe des religions monothéistes, et si c’est une erreur d’attribuer au mosaïsme, comme on l’a fait quelquefois, la gloire d’avoir substitué le culte d’un Dieu unique à un culte polythéiste dans la famille d’Israël, un peut du moins assurer qu’en représentant Dieu comme l’étre existant par lui-môme (Jéhovah), il a assis la doctrine de l’unité de Dieu sur une base plus solide que celle que pouvait lui donner une conce[iticm dans laquelle Dieu était pensé comme la puissance suprême (Elohim).
Ce n’est pas que l’idée de Dieu considéré comme la puissance la plus hante ne bannisse entièrement tout polythéisme. Si Dieu est la puLssance suprême, aucun être ne peut ni être mis sur la même ligne que lui, ni même lui être comparé. Seul, il a des droits incontestables aux hommages des êtres sur lesquels il domine, cl il domine sur tous. Sous ce
rapport, l’élohisme peut, à aussi juste titre que le jéhovisine, inspirer à ses fidèles sectateurs l’observation du premier des dix commandements :
O Tu n’auras point d’autre Dieu devant ma face’.»
Mais suffit-il pour supprimer, avec le second commandement , toute représentation symbolique d’Elohim ? S.ins doute, une raison droite et réfléchie comprendra facilement qu’aucune image ne peut donner une idée parfaite de l’Être tout-puissant ; et les mœurs simples des patriarches suffirent pour les garantir de toute idolâtrie. Il n’en est pas moins vrai que la conception de Dieu comme puissance suprême peut facilement s’allier avec des pratiques idolâtriques *. La force suprême n’a rien, il est vrai, qui l'égale sur la terre ; mais elle y a des analogues. Pour être inférieure, et de beaucoup, à celle de Dieu, la puissance royale, celle des héros, et, dans
i Exode, XX, 3.
• On confond d’ordinaire, sans la moindre raison, le polythéisme et l’idolâtrie. Il n'y a ccpcnclanl rien de commun entre ces deux formes religieuse’. Le polythéisme, adoration de plusieurs dieux, pourrait à la rigueur o’étre pas idolâtrique, quoique en fait il ait été toujours lié à f idolâtrie; et l'idolâtrie, de son cété, n’est pas inséparable du polythéisme; elle est, en effet, un culte rendu â des représentations symboliques (ii^toXev, image, figure) d’un dieu ou de pliisicirs dieux. Il y a une idolât'ie monothéiste, comme il y a une idolâtrie polythéiste. Il y eut bon nombre d’idolâtres chez les Hébreux ; il n'en manqui' pas encore aujourd'hui parmi les chrétiens. Il n'en est pas moins vrai que les Hébreux furent en général monovliéistes, aussi bien que le sont les chrétiens.
^un autre ordre de laits, la force de certains êtres, celle d’un grand nombre de phénomènes de la nature, ne laissent pas que d’être redoutables et de rappeler en (pielque chose et sous certains rapports la puissance intinie de Dieu, lit c’est hien là ce qu'avaient pensé les Hébreux, en donnant le nom d’Elohim, le même nom qui servait à désigner Dieu, aux puissants de ce monde, et en déterminant par ce môme terme tout ce qui, dans la nature, leur paraissait grand et imposant. Il y avait donc dans le monde, aux yeux des enfants de Jacob , des symbolesd’Elohim. IS’e.sl-il pas à craindre qu'on ne finisse par re[)réscnter Dieu sous l’image de quelqu’un de ces êtres qui rappellent, par leurs qualités, son caractère essentiel, celui sous lequel il est connu et d’après lequel il est nommé ?
Ajoutez que l’exemple des [leuples avec lesquels Israël est en contact et qui ont tous des représentations symboliques de leurs dieux, pourra exercer une funeste influence sur des hommes qui paraissent avoir été faciles à la séduction et qui, dans plus d’une circonstance, se sont montrés enclins à imiter les mœurs et les coutumes étrangères. Ajoutez encore que la nature humaine ne répugne pas entièrement à l’idolâtrie ; qu’elle a au contraire un penchant très-prononcé à donner un corps à ses conceptions ; qu’elle ne se contente pas facilement de ne voir que des yeux de l’e.sprit les objets de ses
Sun LA BIBLE
croyances ; qu’elle aime à avoir des dieux qui marchent devant elle ne fùt-ce que pour ne pas avoir besoin d’aller les chercher au delà des espaces inlinis qu’elle se prend parfois à regarder comme imaginaires. Les sophismes d’ailleurs ne manquent pas à celte tendance sensualisle du sentiment religieux, et l’on sait que dans des religions bien autrement spiritualistes que celle d’Elohim, on fait l’apologie des images, en les donnant comme des moyens heureusement employés pour rappeler les idées religieuses aux esprits incultes qui forment toujours et partout le plus grand nombre et qui, sans ces représentations sensibles, courraient le risque de ne les point comprendre du tout et de n’eu tenir compte à aucun degré. Si des suggestions de ce genre ont pu contribuer pour une grande part à introduire une sorte d’idolâtrie dans le christianisme, dont la première doctrine est celle de la spiritualité de Dieu, que ne pouvaient-elles pas produire dans l’élohisme, dont le Dieu était caractérisé par une idée qui pouvait être facilement représentée par de nombreux symboles?
L’élohisme, qui exclut tout polythéisme, pouvait donc se transformer en une idolâtrie, c’est-à-dire en un culte de Dieu représenté sous une forme symbolique. Il n’en était pas de môme du jého-
' Exode, XXXII, 1.
visme. La force peut être figurée, d’une manière sensible, sous uno foule de symboles ; 1 idée de l’existence absolue et permanente ne trouve rien, dans un monde où tout est contingent et périssable, qui puisse l’exprimer aux yeux, et on ne saurait représenter par aucune image empruntée au inonde des sens ce qui n’a point d’analogue dans ce monde. Aussi, tandis (jue l’élohisme peut, en restant conséquent avec lui-même, prescrire de n’avoir d’autre Dieu qu’Elobim, le jébovisme seul peut ajouter à cette défense celie de ne représenter Jéhovah sous aucune figure sensible.
La conception mosaïque de Dieu devait donc avoir pour effet de rendre à jamais impossible dans la maison d’Israël toute espèce de culte idolâtrique, puisqu’elle était par elle-même entièrement incompatible avec une représentation sensible quelconque de la Divinité. Tel est bien certainement le but que se proposa Moïse, en substituant la notion de Jéhovah à celle d’Elohim ; telle est dans tous les cas la conséquence qu’il tire de l’idée sous laquelle il présente Dieu. On en a la preuve dans les injonctions si souvent répétées, non pas seulement de bannir du milieu d’Israël les divinités étrangères, c’est-àdire le polythéisme, mais encore de ne faire aucune image de Dieu et de ne rendre aucun culte à des représentations sensibles de l’Eternel. J’ai déjà fait remarquer que le premier des dix commandements
est dirigé contre le polythéisme et le second contre les images symboliques de Dieu, ou, en d’autres termes, contre un monothéisme idolâtrique. Les déclarations mosaïques sur ce dernier point abondent dans l’Exodo, le Lévitique et les Nombres. Il est inutile de les rapporter ici ; mais je dois insister sur un passage du Lévitique, parce qu’il montre fort clairement que le législateur ne repoussait pas seulement le polythéisme, mais encore tout ce qui dans l’élohisme pouvait se prêter à une sorte d’idolâtrie.
« Ne vous faites point d’idoles, est-il dit dans ce passage ; ne vous dressez point d’images sculptées, ni de stèles ; ne souffrez point de pierres figurées dans votre pays Il ne s’agit point ici du culte des dieux étrangers, ni de pratiques empruntées aux peuples polythéistes voisins. Le législateur parle de ces représentations symboliques d’Elohim qui étaient en usage de son temps parmi les Hébreux, comme le prouve le veau d’or fait par Aaron sur la demande du peuple ^ et qui continuèrent à l’être après lui, comme le Livre des Juges en donne de si nombreux témoignages Il parle encore de ces monuments primitifs, de ces bétyles que leurs pères avaient coutume d’élever en témoignage de leur reconnais-
I Lévit., XXVI, 1.
> Exod., XXXII, 1-6, 21-25.
^ Juge», VIII, 27; xvii, 3-5, 10-13.
ÉTUDES CniTIQUES
sance pour la protection divine Aaron, jugeant des choses religieuses au point de vue des croyances générales de la famille d’Israël, n’avait point regardé comme un outrage à Dieu de le représenter sous une forme sensible, et plus tard des hommes pieux, mais restés en dehors du mouvement imprimé par Moïse, se prosternèrent sans scrupule devant des images d’Elohim Le législateur, en condamnant sans aucune restriction toute espèce de représentation sensible de Dieu, proscrit l’idolâtrie qui s’est montrée si souvent dans le monothéisme hébraïque. L’élohisme avait vu un acte de piété dans l’érection des bétyles ; le mosaïsme y vit des occasions d’un culte idolàtrique et prononça contre cet usage une condamnation absolue.
Le de.ssein du législateur de supprimer tout ce qui dans le monothéisme traditionnel des Hébreux, pouvait donner un prétexte à une idolâtrie quelconque, n’éclate pas en traits moins marqués dans le soin avec lequel il saisit toutes les occasions d’enseigner que Dieu ne peut être visible à l’œil de l’homme. C’est une remarque déjà ancienne, mais sur laquelle on ne saurait trop insister, (|ue les anthropomorphismes, si fréquents dans la (ienèsc, ne se rencontrent plus dans les autres livres du
I Genèse, xxviii, 18; xxxi, 43; xxxiii, 20; xxxv, 14. t Juges, viii, 27 ; xvii, 3-3, 10-13; xviii, 11-20,30 et 31.
Sun LA RIBLE
Pentateuque. Tandis qu’Elohim vient en personne, sous une forme humaine, traiter alliance avec Abraham et plus tard encore lui annoncer la naissance d’Isaac et lui rappeler les destinées glorieuses qu’il réserve à sa postérité ^ Jéhovah, invisible aux yeux de Moïse, lui parle du milieu du buisson ardent ’ ou du sein d’une nuée fulgurante \ 11 ne se manifeste jamais à lui sous une forme sensible, car nul homme ne peut voir la face de l’Éternel Même dans le tabernacle, où il habite sur le propitiatoire, entre les deux chérubins, il reste invisible. Quand Moïse entre dans le lieu saint pour consulter l’Éternel, une voix lui répond, mais aucune figure n’apparaît à ses yeux
On ne peut douter qu’en insistant si fortement sur l’idée de l’invisibilité de Dieu, le législateur n’ait eu le dessein de bien convaincre les Israélites qu’on ne saurait, sans rabaisser sa majesté, le représenter sous une forme sensible. Les écrivains de l’Ancienne Alliance ne s’y sont pas trompés. L’auteur du Deutéronome, entre autres, ne manque pas de lier la conséquence au principe, en expliquant catégoriquement que, puisqu’on ne peut voir
* Genèse, xvii, 1 el suiv.
« Genèse, xviii, 1-10, 16-19.
» Exode, III, 2-6.
‘ Exode, XIX, 18-20; xxiv, 15-17; Deut., iv. 10-12.
’ ExoJe, XXXIII, 18-23.
* Nombres, vu, 89’
diG K T un ES en [TIQUES
Dieu, on ne doit en aucune façon le représenter sous une forme sensible. « Au jour que vous vous ôtes présentés devant votre Dieu en Horeb, fait-il dire à Moïse parlant au peuple réuni, et que l’Éternel vous a parié du milieu du feu, vous avez bien entendu une voix qui parlait, mais vous n’avez vu aucune figure; rien qu’une voix... Prenez bien garde à vous, car vous n’avez vu aucune ressemblance au jour où l’Éternel vous parla à Horeb, du milieu du feu ; de peur que vous ne vous corrompiez et que vous ne fassiez quelque sculpture, l’image de quelque figure, la ressemblance d’un mâle ou d’une femelle, la figure de quelque béte qui soit sur la terre, la figure de quelque oiseau ailé qui vole dans les airs, la figure de quelque reptile rampant sur le sol, la figure de quelque poisson qui soit dans l’eau, au-dessous de la terre ; de peur aussi qu’élevant vos yeux vers le ciel et que voyant le soleil, la lune et les étoiles, toute l’armée des deux, vous ne soyez poussés à vous prosterner devant eux, et que vous ne leur rendiez un culte... Gardez-vous d’oublier l’alliance que Jéhovah, votre Dieu, a traitée avec vous, et de vous faire quelque image taillée '. » Que ces paroles soient le développement de quelque discours de Moïse ou qu’elles soient simplement un commentaire de sa doctrine.
I Dent. IV, 10-12, 15-19, 23. Conip. Exnde, xx, 22 cl 23.
elles n’indiquent pas moins, dans un cas comme dans l’autre, l’intention du législateur de bannir l’idolâtrie, sous quelque forme qu’elle pût se produire désormais.
Cette défense si souvent répétée de ne point faire des images de Dieu était-elle donc nécessaire en Israël ? Pour pouvoir donner à cette question une réponse-satisfaisante et conforme à la vérité historique, il est nécessaire de se faire d’abord une idée nette de l’état des esprits dans la famille de Jacob, par rapport aux choses religieuses, au moment de la sortie d’Cgypte.
De l’horreur que, depuis l’époque d’Esdras et de Néhémie, les Juifs n’ont cessé de nianifester pour toutes les représentations sensibles de la Divinité, on a conclu que ce sentiment était naturel à leur race et avait toujours existé, au même degré, dans la famille d’Israël. Le culte polythéiste des dieux, étrangers et le culte idolâtrique d’Elohim, sur les hauts lieux et dans tes bocages, remplissent, il est vrai, bien des pages de son histoire ; mais les théologiens expliquent ces erreurs religieuses comme des défaillances, des infidélités, des faiblesses, dues à l’influence des peuples voisins. C’est l’homme naturel, nous dit M. Hengstenberg, qui dans ce moment reprend le dessus et ferme les oreilles aux enseignements révélés. L’idolâtrie fut en Israël, s’il faut l’en croire, ce que le rationalisme est parmi les
chrétiens , rapprochement certes spirituel , mais propre tout au plus à nous apprendre que M. Hengstenberg, quand il lui plaît, manie agréablement la plaisanterie. La vérité historique, c’est que cette horreur des représentations sensibles de Dieu' n’est devenue générale au milieu des descendants de Jacob, que depuis la captivité de Babylone ; elle ne distinguait auparavant qu’une faible partie de la maison d’Israël, celle qui suivait le mosaïsme ; tout le reste du peuple, la grande majorité, n’avait point pour l’idolâtrie cette répugnance qui l’a caractérisée depuis.
Il est ici nécessaire de distinguer l’un de l’autre deux faits que l’on confond trop souvent. Quand je dis que la masse du peuple Israélite fut idolâtre depuis son séjour en Égypte jusqu’à la ruine de Jérusalem par les Chaldéens, je n’entends pas qu’elle fut polythéiste, loin de là. Une foule égarée fit sans doute fumer trop souvent un encens sacrilège sur les autels des faux dieux; mais le polythéisme n’avait pas de racine dans la maison de Jacob, il y était une importation étrangère. Le culte des faux dieux et le culte des dieux étrangers sont dans les livres saints des expressions équivalentes. Si le polythéisme trouva des partisans parmi les Hébreux, pendant leur séjour dans le désert', ce fut un sou-
* itmo», V, 25 cl 26; Ps. xcv, 10.
s ü U LA BIBLE
Tenir d’Égypte ou peut-être aussi en partie le déplorable résultat de la présence parmi eux des tribus errantes qui vinrent à cette époque grossir leurs rangs Après leur établissement dans la Palestine, le culte des faux dieux fut introduit parmi eux, dans les premiers temps, par les populations cananéennes au milieu desquelles ils vécurent parfois en alliés, plus souvent encore en tributaires Plus tard, il fut dû principalement à la funeste influence que les princesses étrangères, femmes des rois, exerçaient sur les mœurs de la nation *.
Mais en dehors et à côté de ces cultes des divinités étrangères, qui étaient un véritable polythéisme, il régnait parmi les Hébreux un monothéisme idolàtrique, consistant en un culte rendu à des représentations symboliques d’Elobim. Telle fut la religion la plus répandue en Israël depuis la sortie d’Égypte jusqu’à la restauration de Jérusalem par Esdras et Néhémie. On en a la preuve presque à chaque page des livres saints. Pendant le temps des juges, on voit Gédéon faire un éphod * , qui devint pour tout Israël, dit le texte sacré, l’objet d’un culte illicite ^
I Etéi:h., XX, 7, 8, 24; xxiii, 2 et 3.
• Exode, XII, 38; Levil., xvii, 10, 12, 13; Juges, i, 16.
» Juges, t, 19, 21, 27, 29, etc.; ii, 3, 21-23; iii, 6, 7, etc.; IV, 1,2, 8, etc.
♦ 1 Fois, XI, 8; XV, 13; xviii, 19; xix, 1 cl 2. etc.
» Juges, VIII, 24-27.
* Juges, VIII, 33.
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Mais ce culte n’avait rien de commun avec le polythéisme, quoiqu’il eût pour conséquence d'en favoriser l’introduction au milieu des Hébreux. Ce ne fut qu’après la mort de Gédéon, que le peuple éleva de nouveau des autels aux faux dieux ; l’écrivain sacré le fait remarquer avec soin comme s’il voulait lui-méme prévenir toute confusion entre l’éphod de Gédéon qui, quoique constituant une idolâtrie, était cependant consacré à Klohim, et le culte des faux dieux qui était un polythéisme avoué. On voit plus tard Mica l’Ephraïmite faire également un éphod avec des téraphim et le consacrer au culte d’Elohim ^ Mica ne laisse pas, malgré son idolâtrie, de se regarder comme monothéiste ; il croit même, en fabriquant son éphod, se rendre particulièrement agréable à Elohim, et il prend dans sa maison, pour vaquer au service de son idole, un lévite qui n’a pas plus que lui l’intention de renier le Dieu de ses pères ^ Les Danites ne sont pas dominés par un autre sentiment, quand ils enlèvent l’éphod, l’image sculptée et les téraphim de Mica, et qu’ils emmènent avec eux le lévite pour continuer d’exercer le culte rendu à l’idole ‘.
Le culte dans les hauts lieux et dans les bocages
< Juges, VIII, 27 et suiv.
« Juges, XVII, 1-6.
» Juges, XVII, 7-13, xviii, 5.
* Juges, xviii, 17-21.
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était également adressé à Elohim, mais à Elohim représenté par des figures symboliques. Les prophètes le distinguent très-nettement du culte des dieiu étrangers, c’est-à-dire du polythéisme. Ils condamnent sans doute l’un et l’autre, mais non avec le même degré de sévérité. L’idolâtrie des hauts lieux et des bocages est une erreur et une faute ; le culte des faux dieux un crime que rien ne peut absoudre, parce qu’il est une révolte contre Dieu. On peut citer des preuves incontestables de cette distinction. L’auteur du premier livre des Rois blâme les Hébreux qui, sous le règne de Roboam, construisirent des hauts lieux et des bocages ; mais il regarde comme infiniment plus pervers ceux qui se livrèrent aux abominations des nations que l’Éternel avait chassées devant les enfants d’Israël '. C’est que les premiers étaient restés monothéistes, tout en rendant un culte à des images d’Elohim, et que les seconds avaient adopté les superstitions du paganisme cananéen. Ailleurs les écrivains sacrés rendent à quelques rois de Juda le glorieux témoignage d’avoir marché sur les traces de David, quoiqu’ils eussent eu la faiblesse de laisser subsister le culte idolâtrique rendu dans les hauts lieux à des images d’Elohim ; mais ils avaient purgé la maison de Jacob des dieux étrangers, et cette destruction
' I Rois, XIV, 23 cl 24.
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du polythéisme en Israël les lavait en partie de leur tolérance pour l’idolâtrie
Le veau d’or du royaume d’Israël, imitation de celui qu’Aaron fît au désert à la demande du peuple, n’était qu’une représentation symbolique d’Ëlohim. Les Hébreux ne l’ont jamais considéré autrement. Néhémie en rend témoignage ^ et Jéroboam présenta lui-méme les idoles qu’il proposait à l’adoration des dix tribus, comme des images de l’Elohim qui avait fait sortir leurs pères du pays d’Égypte Aussi Ëlie ne place pas sur la même ligne les quatre cent cinquante prophètes de Baal et les quatre cents prophètes des bocages. 11 fait mettre à mort sans miséricorde les premiers ; le silence de l’écrivain sacré sur le sort des seconds nous autorise à croire qu’ils furent épargnés Il est parlé de Jéhu, roi d’Israël, à peu près dans les mêmes termes que des rois de Juda, Asa et Joas. Il renversa les autels des divinités étrangères ; mais il maintint le culte du veau d’or. Les prophètes ne manquèrent pas de le condamner pour avoir laissé subsister l’idolâtrie
I 1 Rois, XV, 11-14; 2 Rois, xii 2 el 3.
1 Néh., IX, 18. Ce ne fut que plus tard, quand, après le triomplic complet du mosalsme, il ne resta plus de traces des anciennes conceplious éloliistcs, que les Juifs considérèrent le veau d'or comme l’image d’une fausse divinité. Dans le livre de Tobie (1,5) il est dit que les dix tribus sacrifiaient rp B«oX, rÿ
1 Rois, XII, 28. Comp., Exode, xxxii, 8.
* 1 Rois, XVIII, 18, 19. 40.
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érigée en religion d’Ëtat par Jéroboam ; ils reconnurent cependant que cette faute était en partie rachetée par le zèle avec lequel il avait exterminé Baal et ses serviteurs
Josaphat, flls d’Âsa, se conduisit dans le royaume de Juda, d’après les mêmes principes que Jéhu, roi d’Israël, a II purgea le pays de ce qui était resté de gens qui s’étaient prostitués du temps d’Asa son père ^ » ce qui signifie qu’il renversa les autels des divinités étrangères, et qu’il punit ou chassa de son royaume les prêtres et les adorateurs de ces faux dieux. « Cependant les hauts lieux subsistaient encore, et le peuple continuait à y offrir des sacrifices et de l’encens ’ ». Cela n’empêche pas l’écrivain sacré de déclarer que Josaphat a fit ce qui plaît à l’Éternel, » c’est-à-dire qu’il était un homme pieux *.
Cet état de choses remontait-il à l’époque de Moïse? On ne saurait en douter. Les Hébreux qui sortirent d’Égypte sous sa conduite étaient des monothéistes, sans doute, mais des monothéistes idolâtres. Ils ne connaissaient pas d’autre Dieu qu’Elohim, ils n’adoraient que lui; mais ils le représentaient sous des formes symboliques, et ils
1 2 ttoin, X, 28-31 > 1 Jtois, XXII, 47.
» Ibid, XXII, 44.
‘ Ibid, XXII, 43.