‹ Études critiques sur la BibleChapitre 3 sur 34 · KTUI1KS cnrTiQUKs · texte numérisé non relu

KTUI1KS cnrTiQUKs

ment à Moïse ne fût réollcmenl son œuvre. Mais des difficultés bien aulremenl sérieuses s’élèvent contre celle opinion.

Déjà Spinoza avait fait remarquer « qu’un peu d’attention suffit pour faire voir que tout dans le Pentatenqne, préceptes et récits, est écrit pêle-mêle et sans ordre; que la suite des temps n’y est pas observée; que les mêmes récits reviennent à plusieurs reprises' et souvent avec de graves différences’. »

A l’appui de celte observation, il avait cité quelques exemples ®, et, à vrai dire, il aurait pu en pro- • duire de beaucoup plus frappants *, empruntés à des faits bien autrement considérables que ceux auxquels il s’arrêta. J’en mettrai deux sous les yeux du lecteur.

La révélation de la loi fondamentale, du Décalogue, est racontée de deux manières tout à fait dif- * férentes dans le même livre. D’après Exode xx, 1-17, l’Elernel prononce lui-même les dix commandements; d’après Exode xxrv, 12, et xxxi, 18, il les grave sur deux tables de pierre. Et comme si le rédacteur de l’Exode s’était douté que les futurs théologiens voudraient expliquer cette contradiction en

1 Sur la réix'lilion d’un même fail, Eichhorn, Einleil. ins ail. Tesl., 5 418.

* S|iinûza, Traite Ihe'olng.-polilique, dans (Euv., l. i, p. 201.

* .Spinoza, ibid., 1. 1 , p. 197 cl 200.

* Comparez, cuire auires. Exode, xxxiii, 7-10, cl iVomêre*,

Page 1