‹ Études critiques sur la BibleChapitre 31 sur 34 · Î8 KTUDES C.HITiyrKS · texte numérisé non relu

Î8 KTUDES C.HITiyrKS

comme un dcsceiidaiil de David, destiné à relever son trône, et à régner sur le monde entier, après avoir vaincu les nations étrangères et assuré la prédominant e au peuple élu. Cet idéal change après le retour de la captivité de Babylone. Son rôle de héros victorieux s’amoindrit. A l’épée dont les prophètes antérieurs l’avaient armé, Haggée, Zacharie et Malaehie , suivant sans iloute les tendances générales de leur temps, sont tentés de substituer l’encensoir. Le Messie est bien encore un roi ; mais à côté de lui siège le sacrificateur ; le roi et le sacrificateur sont les deux branches d’olivier qui s’élèvent de chaque côté du chandelier d’or', les deux enfants de l’onction qui se tiennent devant le Seigneur de toute la terre''. Zacharie repousse bien loin tout l’appareil belliqueux dont le libérateur d’Israél avait été entouré auparavant. « Ce n’est point par armée, ni par force, mais c’est par mon esprit, fait-il dire à l’Éternel, que la délivrance s’accomplira". » Kt plus tard Malaehie parlera du Messie comme du messager de l’alliance (jui vient purifier les fils de Lévi '.

D’où vient cette transformation, sinon d’utie ten- <lance sacerdotale qui fut constamment étrangère

' Zacharie, iv, 2 cl 3, 11 el 12.

< Ibid., IV, 13 cl 14.

- Ibid., IV, 6.

• Malach., iii, 2 el 3

su H i.A mm, K

aux {)rophèles antérieurs à la captivité deBabylone, et qui domine dans ceux qui assistèrent à la restauration de Jérusalem? L’Église militante desArnos, des Miellée, des Ésaïe, a fait place à une Église organisée selon le cœur des enfants de Lévi ; chacune d’elles a fait le libérateur à son image.

Une différence plus considérable encore semble séparer, sur le sujet du Messie, les nouveaux prophètes d(“s anciens. Tandis que ceux-ci renvoient à une époque future indéterminée l’avénement du libérateur, ceux-là paraissent considérer le retour de la captivité de Babylone comme le commence meid de la réalisation des espérances messianiques. Tout ce qui avait été prédit de la punition d“'S crimes de la famille d’Israèl et de la dispersion de ses enfants parmi les nations, de sa repentance, de son pardon et de son rappel dans la Terre Sainte, tout cela ne s’est-il pas accompli ' ? Les descendants de Jacob se sont convertis à l’Éternel, et l’Éternel, de son coté, se souvenant de ses gratuités, les a recueillis du milieu des peuples parmi lesquels ils avaient été dispersés. Il est vrai qu’une partie de la tribu deJuda est revenue seule à Jéru.salern ; mais Zacharie, s’appuyant sur les prédictions antiques attend la délivrance prochaine des Israélites du nord’. L’Éternel ramènera bientôt, s’il faut l’en

• Zacharie, i, ti.

a Osée, I, 15; iii, 3; xiv, 4-8.

Zacharie, viii, 13

croire, la maison de Joseph ' ; Ephraïm va être associé à Juda^.

Ce retour de la faveur divine se reconnaît encore à d’autres signes. Le temple se relève de scs ruines. Ce n’est toutefois qu’un faible commeneeiiient% presque rien en comparaison de la magniricenee de l’ancien sanctuaire*; mais que le peuple se fortifie et travaille; l’Eternel des armées est avec liii^; les mains de Zorobabcl l'achèveronl et la gloire de cette dernière maison éclipsera celle de la première’. Enfin, l’alliance ancienne est renouvelée; l’esprit de Dieu est au milieu de la famille d’Israël". Elle sera désormais pour l’Eternel un peuple , et l’Elernel sera pour elle un Dieu". Ces heureux événements ne sont-ils pas les premières manifestations de l’ère de gloire et de bonheur promise à la race de Jacob? L’heure de l’accomplissement des anciennes prophéties n’a-t-elle pas sonné déjà?

Et, en effet, les temps messianiques sont arrivés. L’Éternel va étendre sa main sur les nations qui ont

1 Zacharie, x, 6-12.

» Ibid., IX, 10, 1,3; vm, 7, 8.

= Ibid., IV, 9, 10.

• Haijyce, ii, 3.

5 Ibid, II, 4.

B Zacharie, iv, 9 cl 10.

r llagiice, ii, 7 et 9.

« Zacharie, i, 16 cl 17; Haggée, ii, S.

» Ibid., VIII, 8 .

SLR LA BIBLE

pillé son peuple élu ; il va les asservir à son tour à ceux qui avaient été leurs esclaves*. Désormais ces nations viendront de tous les points de la terre pour chercher l’Élernel et pour l’implorer^' ; elles viendront avec ce qu’elles ont de plus précieux, pour lui en faire hommage dans sa maison’. Chaque Juif sera entouré de dix hommes des pays étrangers, qui, saisissant le bas de sa robe, lui diront : « Permettez que nous vous suivions, car nous avons appris que Dieu est avec vous*. » La maison de Juda et celle d’Israël, qui avaient été en malédiction parmi les nations, seront dès ce moment une bénédiction pour la terre entière’.

En même temps , les quatre jeûnes de l’année vont être transformés, pour la maison de Juda, en des jours de joie et d’allégresse, en des fêtes solennelles de réjouissance". Maintenant que l’Éternel ne sera plus pour ceux qui ont survécu aux désastres de la nation, tel qu’il avait été dans les jours qui venaient de s’écouler, on sèmera en paix; la vigne rendra son fruit ; la terre portera ses productions; les deux donneront leur rosée’. Chacun in-

* Zacharie, i, 15; il, 4, 8, 9, 13; xii, 9; Haygée, ii, 22.

* Ibid., VIII, 20-22.

s Haggce, II, 7.

‘ Zacharie, viii, 23.

» Ibid., VIII, 13.

« Ibid., VIII, 19.

’ Ibid., vin, 11 et 12.

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KTLDKS CIUTIQUKS

vilera son prochain sous sa vigne el sous son figuier Ce n’est pas dans un avenir lointain que ces glorieux événements doivent se passer; non, c’est dans ces jours mômes, dit Zacharie. « Si autrefois, faitil dire à Dieu, j’ai songé à vous faire du mal, quand vos pères m’avaient irrité, en ces jours je songe de nouveau à faire du bien à Jérusalem et à la maison de Juda^ Maintenunt je ne serai plus comme auparavant pour le reste de ce peuple^. « Ce rejeton de la race de Dasid qui devait relever la maison d’Israël, est déjà venu'. Haggée et Zacharie le virent évidemment dans la personne de Zorobahel, qui appartenait en effet à la famille du grand roi a II est le serviteur de l’Cternel, dit le premier de ces deux prophètes ; Jéhovah l’a choisi ; il le placera comme un sceau", » sans doute sur l’œuvre de la restauration du peuple élu , pour indiquer qu’elle est délinilive. Zacharie ne cesse de célébrer le pieux héros dont les mains ont fondé la maison de l’Éternel el en achèveront la construction \ Devant lui tomberont tous les obstacles. « Qu’es-tu , grande

• Zacharie, iii, 10.

* Ibid., vin, 14 cl lo.

' Ibid., vm, 11.

» Cœlln, Bibl. Thcolog., 1. i, p. 480; Ewalil, Geschichte det Yolks Israël, l. iv, p. 117 et 118.

“ 1 Chron., in, 19.

» Haggée, II, 23.

’ Zacharie, iv, 9.

SI.R LA Uini.E

inonlagne , devant Zorobabel? une plaine'. » Ce Zorol)abol qui bâtit le temple de l’Éternel est le véritable rejeton \ « Il portera la majesté; il sera assis en dominateur sur le trône ; le sacrificateur sera à côté de lui sur le trône ; un conseil de paix sera entre eux deux". » Zorobabel cl Jehosclioiiaje descendant de David et le grand sacriliealeur, sont les deux hommes de la situation. Par leurs efforts réunis, ils rétabliront le peuple élu‘.

Il est facile de comprendre comment ces espérances s'emparèrent des cœurs des prophètes, aux premiers moments de la restauration de Jérusalem et du temple, après que la famille ti'Israël avait traversé de si grands désastres. Kn voyant le peuple élu rendu à sa patrie, et le culte de rÉlcrnel rétabli, on crut que toutes les promesses annoncées par les anciens hommes de Dieu allaient immédiatement se réaliser. Un descendant de David était à la tête de la colonie naissante : pouvait- on douter qu’il ne fût appelé à remplir les antiques prédictions?

Ce n'était là cependant que des illusions; la triste réalité ne larda pas à les (!issi[»cr. Le rétablissement

1 Zacharie, iv, 7. La Bible de (Malien donne une explicalion Irès-sa'isfaisanlc de ces passages nuHaphori.iues, T. xii, p. 14:L ^ Ibid., VI, 12.

Ibid., VI, 13.

' llaggce, i, II; Zueb., iv, 3, 14; llihie de Cahrn, l. xii, p. 143 cl 141.

de la nation juive n’eiil pas cet éclat qu’on en avait attendu. Les travaux languirent ; la conslruclion du temple n’avança que lentement, à travers de nombreuses interrupiions ; les mœurs publiques ne furent pas meilleures qu’auparavanl ; la misère et la souffrance devinrent le partage du plus grand nombre de ceux que le zèle religieux avait ramenés dans la Terre Sainte. Les enfants d’Épliraiin ne vinrent pas joindre leurs cœurs et leurs bras à ceux de leurs frères de Juda. Le polythéisme et l’idolâtrie étaient, il est vrai, bannis pour toujours du milieu du peuple élu ; mais les jours du Messie n’étaient pas encore arrivés ; il ne pouvait rester là-dessus le moindre doute. Un demi-siècle environ après Haggéc et Zacharie, Malachie ne partage plus leurs espérances ; il renvoie de nouveau dans un avenir indéterminé le grand et redoutable jour du Seigneur'.

' Malach, iv, 1-3, 5 cl 6.

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