‹ Études critiques sur les sources de l'histoire CarolingienneChapitre 14 sur 56 · Œboke, De Academia Caroli Magni. Aix · texte numérisé non relu

Œboke, De Academia Caroli Magni. Aix

2. Il l(Miait sans doute ce nom d' Albinus, élève de Théodore et successeur d'Hadrien comme abbé de Cantorbéry, qui fournit ;\ Bédé de précieux renseignements pour son Histoire ecclésiastique.

3. Nec ego quid noviter possum nunc pandere vobis, Sed vêlera, ammoneo, vestrae commendite menti.

(Duemmier, I, 294.) Ces vers sont adressés ;\ Charles.

giques soulevées par les dates de fêtes ecclésiastiques que pour réfuter les hérésies de Félix d'Urgel, ou pour faire exécuter avec un soin scrupuleux d'admirables copies des livres saints. A Tours, il forme une troupe de copistes qu'il dirige et gourmande; il n'est pas un monastère où il ne compte des amis ou des élèves, et on le voit fabriquer, avec une inépuisable fécondité, des inscriptions en vers pour les églises, les dortoirs, les réfectoires et les bibliothèques des couvents. Ses disciples remplissent les sièges épiscopaux et abbatiaux, et le moine de Saint-Gall dit de lui, à la fin du ix" siècle, que, grâce à son enseignement, les Gaulois et les Francs peuvent s'égaler aux Romains ou aux Athéniens (ch. ii).

Il eut cependant, à la fin de sa vie, à une époque où la vieillesse se faisait sentir à lui par de douloureuses infirmités, le chagrin d'entrer en lutte avec l'évêque d'Orléans, Théodulf, et d'encourir, à cette occasion, les reproches de Charlemagne. Il y avait peut-être, au fond de cette querelle, une secrète rivalité d'école. Théodulf était un Goth d'Espagne*, qui, attiré par Charlemagne à la cour au moment où Alcuin se sentait de plus en plus absorbé par ses devoirs monastiques, resta indépendant de ce groupe d'amis où l'on se désignait familièrement par des noms de guerre empruntés à l'antiquité sacrée ou profane 2. Les Italiens de la première époque et les Anglo-Saxons avaient entre eux de nombreux points de rapprochement, tandis que Théodulf pouvait leur paraître un intrus. Il fut comblé de faveurs, reçut les abbayes de Saint-Aignan, de Saint-Mesmin, de Saint-Benoît-sur-Loire, de Saint -Lifard et d'autres encore avec l'évêché d'Orléans; en 798, il fut investi, avec Leidrad de Lyon, des fonctions de missiis dans la Narbonnaise ; il était reçu familièrement à la cour, et ce prélat magnifique, lettré et ambitieux, beaucoup plus jeune qu' Alcuin 3, et formé en dehors de son influence, contribua, pour sa part, à faire fleurir les études dans son diocèse et à rehausser l'éclat des dernières années du règne de Charlemagne. Alcuin vit-il avec une certaine mélancolie sa place prise par des hommes plus jeunes que lui et qui ne le valaient pas? il serait téméraire de l'affirmer ; mais le ton des lettres postérieures à 801 le ferait soupçonner.

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