‹ Études critiques sur les sources de l'histoire CarolingienneChapitre 23 sur 56 · Doclrinae studiosissimo » [Lup. epist · texte numérisé non relu

Doclrinae studiosissimo » [Lup. epist

BIST. CARGLINGIENXE. 3

du Palais. Il y accueille avec honneur J. Scot Erigène, qui était non seulement l'iionime le plus savant de son temps, mais un penseur original et hardi, mystique et rationaliste à la fois, un Alexandrin égaré chez les barbares du Nord. Autour de Jean Scot, nous trouvons encore d'autres Irlandais, l'évêque Marc de Soissons, Elied'Angoulême, attirés par Charles le Chauve. Après Jean Scot nous trouvons encore à la cour Mannon, qui fut abbé de Saint-Claude et qui nous a laissé de beaux manuscrits. De celte école sortent les évêques les plus remarquables de ce temps : Foulques de Reims, Wigbald d'Auxerre, Etienne de Liège, Mancion de Ghâlons, Ratbod d'Utrecht. « Le palais mérite encore, dit Herich d'Auxerre', d'être appelé une école ; car on s'y adonne autant à l'étude des lettres qu'aux exercices militaires. » « La cour, » disent les Gestes des évêques d'Auxerre, « est le gymnase de toute science ^ »

Après Louis le Bègue, la cour n'est plus le centre des études et du mouvement intellectuel, et les vers d'Abbon, de Rémi d'Auxerre, de Flodoard, d'Adalbéron de Laon sont un triste témoignage de la rapidité avec laquelle tombaient en oubli les leçons des maîtres de la renaissance carolingienne. Et, cependant, les germes excellents qu'ils avaient semés n'étaient point morts. En Allemagne, où la chute avait été plus rapide et plus profonde qu'en France, le réveil de l'activité littéraire se produit subitement sous Otton P"", et en France, Reims, grâce à ses archevêques, devient, en dépit des troubles incessants du x'' siècle, un véritable centre intellectuel. Pendant cette période d'anarchie et de guerres civiles, la lente formation de la féodalité prépare pour le XI® siècle un mouvement intellectuel nouveau qui se manifestera au XII* sur plusieurs points à la fois. On mettra sans doute quelque temps à retrouver la science grammaticale, l'habileté dans la métrique, le goût littéraire qui avaient été si répandus au ix" siècle, mais les esprits façonnés dans les écoles qui avaient conservé la tradition du temps de Charlemagne ne le cèdent pas en vigueur à leurs devanciers. Flodoard, Richer, Gerbert, Abbon

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