‹ Études critiques sur les sources de l'histoire CarolingienneChapitre 37 sur 56 · Cf. a. 783 et passim · texte numérisé non relu

Cf. a. 783 et passim

ï. Ici encore on constate des rapports évidents avec les Annales Petaviani, les Mosellani, Laureshamenses ou leurs sources (Kurze, IVeties Archiv, XX, 32-33).

3. Cf. a. 771, 773, 777, 779, 781, 785, etc. — Si MM. Arnold et Bernays s'étaient contentés de dire cju'il devait y avoir dans les archives de la chapelle du palais des notes annalistiques qui ont servi ensuite à la rédaction des Annales que nous possédons, on pourrait le leur accorder. Leur erreur a été de prétendre qu'il a existé des Annales officielles [Hofannalen) développées dont les Annales que nous possédons ne sont que des extraits.

4. A. 769, 773, 774, 775, 776 : « Auxiliante Domino; » a. 772 : « Divina largienle gratia » (un torrent se remplit d'eau par miracle); a. 774 : Apparition miraculeuse; a. 775 : « Deo volente ; )> a. 776 : « Cum Dei adjutorio. » — Le silence gardé sur les révoltes et les guerres d'Alamanie de 744 et 746 [)our-

eiST. CAROLINGIENNE. 8

Ce clerc était-il un moine de Lorsch, comme l'a pensé M. Pertz ; est-il au contraire un prêtre bavarois, l'évêque Arn de Salzbourg, comme l'a soutenu M. W. de Giesebrecht? Ce dernier appuie son opinion sur l'importance attachée par l'annaliste aux événements de Bavière et sur l'incorrection du style qui s'explique mieux dans un pays où l'influence d'Alcuin n'avait encore pénétré qu'à la cour ou dans son voisinage. Ces arguments ne sont pas suffisants. Le récit de l'année 787, où Arn est accusé de mensonge, ne peut émaner ni de l'évêque de Salzbourg ni d'un de ses disciples '. Il est d'ailleurs impossible d'admettre que l'œuvre la plus développée sur les premières années de Charlemagne ait été écrite au fond de la Bavière, loin du centre de la vie politique. Le contraste avec les autres annales bavaroises suffit à écarter cette hypothèse.

Celle qui suppose les Annales écrites à Lorsch n'est appuyée sur aucune preuve positive, mais elle ne se heurte du moins à aucune invraisemblance. Le monastère de Lorsch était, comme nous l'avons dit, en étroite relation avec le siège épiscopal de Metz et avec la cour. Chrodegand l'avait fondé, et Charlemagne l'avait comblé de faveurs. Il lui avait accordé, en 772, un diplôme d'immunité, l'avait pris sous sa mainbour et l'avait rendu indépendant de la juridiction épiscopale^ Il lui avait en outre fait plusieurs donations*. L'évêque de Metz Angilramn (769-791), le successeur de Chrodegand, fut archichapelain de Charlemagne et dirigea toutes les affaires ecclésiastiques du royaume k partir de 784. Il dut plus d'une fois résidera Lorsch, situé tout près des résidences de Worms et d'Ingelheim^ et où se trouvaient les reliques de Saint Nazai.re qu'y avait fait déposer Chrodegand. Qu'y aurait-il d'étonnant à ce qu'en 788, après le retentissant procès de Tassilon, cet évêque cultivé et intelligent, qui savait l'importance de l'histoire puisqu'il venait d'inviter Paul Diacre à écrire l'histoire des évêques de Metz, ait poussé un moine du

rail faire croire que l'autour était lui-même un Alaman ; mais il faut se méfier d'hypothèses établies sur d'aussi faibles indices, d'une nature toute négative.

1. Si l'on voulait absolument attribuer une origine bavaroise aux Annales Laurissenses, ce serait non pas Arn, mais Aribo (évétjue de Freising jusqu'en 784), qui pourrait en être l'auteur. Il devait, en etlet, être l'ennemi de Tassilon et de sa femme Luitgarde et fut disgracié |)ar eux. Les Annales Laurissenses respirent la haine la plus vive contre Luitgarde.

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