Jahrbuch des d. Reiches unter Karl dem Grossen, II
2. Ces rapports, qui ont été signalés i)ar M. Simson dans sa brochure De slatu quaestionis, etc., et par M. Dlinzcluiann {Neues Archiv, H, 497), se réduisent à peu de chose ; mais le rai)port du chapitre 14 de la Vita avec l'année 810 des Annales Laurissenses n'est pas douteux.
3. « Vitae illius moduui potius (juam belloruni... eventus raemoriae mandare... animo esset [>rei>osituui. »
4. Einhard parle, en effet, de ceux qui veulent conserver pour la postérité « nominis sui famain. » Il ne peut s'agir ici d'anonymes auteurs d'Annales.
comme formant une sorte de fonds commun où tous venaient puiser, qui ètsiientjuris publici pour ainsi dire*.
MM. de Giesebrecht, Ebrard, Simson, Dorr, Ranke, Manitius, Wattenbach, Kurze pensent que ce qui achève d'ôter toute force à l'argument de M. de Sybel c'est qu'Einhard a dû être luimême l'auteur des Annales de 796 à 813 et que par conséquent ses paroles s'expliquent à merveille, les Annales de 796 à 813 n'étant que les notes mêmes écrites par lui pendant les dix-sept dernières années du règne de Charlemagne et qu'il a ensuite utilisées pour sa biographie de l'Empereur.
Nous verrons plus loin ce qu'il faut penser de cette collaboration supposée d'Einhard aux Annales, collaboration que rien ne rend impossible, mais que rien non plus ne rend certaine ni même probable. — Serait-il admissible qu'Einhard n'eût rien connu des Annales qui existaient de son temps et que la première partie des Annales Laurissenses fût ignorée de lui? Le raisonnement fait par M. de Sybel à propos de la dernière partie des Annales aurait autant de valeur pour la première, ce qui ne peut un instant se soutenir. La phrase de l'introduction d'Einhard ne peut en aucune façon être alléguée en faveur de l'attribution à Einhard d'aucune partie des Annales. Elle signifie simplement qu'aucun lettré à sa connaissance n'a écrit la biographie de Charlemagne.
Les Annales de 801 à 829 ont-elles été écrites par un même auteur? Ceux qui en ont attribué la rédaction à Einhard l'ont prétendu en se fondant sur des raisons de style. M. Kurze, qui accepte cette manière de voir pour les années 797 à 819, doute qu'Einhard ait été aussi l'auteur des années 820 à 829, sans toutefois se prononcer d'une manière positive. M. Dùnzelmann, par contre, qui attribue à Einhard la composition des Annales de 797 à 801, lui refuse toute participation pour la période qui s'étend de 801 à 829. Il croit reconnaître au style quatre auteurs différents, qui auraient travaillé, le premier de 801 à 806, le second de 807 à 815, le troisième de 816 à la fin de 820, le quatrième de la fin de 820 à 825.
Nous verrons tout à l'heure les motifs qui nous font attribuer à l'archichapelain Hilduin les années 819 à 829. Nous croyons cette attribution aussi certaine que peuvent l'être des attributions
1. Le biographe de Louis le Pieux, qui, de 814 à 829, suit pas à pas les Annales Laurissenses, n'y fait aucune allusion ; il dit qu'il raconte quae vidi et comperire potui. Les Annales étaient mises par les gens de la cour, évidemment, sur le même pied que les renseignements oraux qu'ils pouvaient recueillir.
de cette nature, en l'absence de témoignages directs. Si cette hypothèse est exacte, en la rapprochant de ce qui a été dit plus haut de l'attribution à l'influence de l'nrchichapelain Angilramn, la composition des années 741 à 791, et à celle des archichapelains Angilbert et Hildebald, la composition des années 792 à 801, nous sommes autorisés à penser que les Annales de 801 à 818, qui conservent absolument le même caractère que les années précédentes, ont aussi été composées par des clercs de la chapelle royale, pendant que Hildebald, qui mourut le 3 septembre 818, la dirigeait ^ Rien ne nous permet toutefois d'attribuer à Hildebald lui-même une part dans la rédaction des Annales. S'il y avait mis lui-même la main, on y trouverait plus d'unité de style et de composition, et probablement aussi, du moins à l'année 814, lors du changement de règne, quelques accents plus personnels. Nous avons évidemment affaire, au contraire, à des scribes qui notent au fur et à mesure les événements importants pour en conserver la mémoire d'une manière très impersonnelle. Est-il possible de déterminer combien de fois les Annales ont changé de mains de 801 à 818? Cela est très difficile, et M. Kurze a remarqué avec raison que les différences qu'on remarque dans la rédaction peuvent provenir de causes tout extérieures. Quand il ne s'est produit qu'une série de faits sans grande importance et qui se passaient au loin, comme c'est le cas depuis les dernières lignes de l'année 801 après la mention du retour de Charleraagne dans le Nord^ jusqu'à la fin de 805, le récit peut se réduire à une série de courtes phrases mal liées entre elles. Quand le narrateur a assisté à une cérémonie qui a vivement frappé les imaginations, comme l'arrivée des cadeaux d'Haroun el Raschid en 807, il entre dans des détails circonstanciés et il s'anime un peu. — Aussi ne pouvons-nous conclure de l'uniformité du style de deux années différentes qu'elles ont eu le même rédacteur, ni de divergences légères dans la narration que nous sommes en présence de deux rédacteurs différents.
1. M. Siiiison (Ludwig der Fromme, II, 232) admet la date de 818 d'après les An7i. S. Pétri Coloniensis, coalinaée par le fait (jiie, le l-' mai 819, Louis accorde un diplôme à la prière de llilduin, archichapelain. Pourtaut, les Ann. Coloniensis brevissimi et les Ann. S. Emmerani Ratisp. mas., donnent la date de 819, mais elles cominellent plusieurs fois une erreur d'une année dans la date des événements. Le jour de sa mort est donné par le nécréloge de Sainl- Géréon.