‹ Études critiques sur les sources de l'histoire CarolingienneChapitre 45 sur 56 · Translatio SS. Marcellini et Pétri, g · texte numérisé non relu

Translatio SS. Marcellini et Pétri, g

Cela n'est pas seulement invraisemblable ; cela est impossible, si l'on songe aux relations qu'Einhard avait eues avec Hikluin, précisément à l'occasion de ces mêmes reliques. Le notaire d'Einhard, Ratleic, qui s'était rendu à Rome pour y enlever subrepticement les reliques des Saints Marcellin et Pierre, avait été accompagné par un émissaire d'Hilduin, le rusé prêtre Hunus, qui avait promis d'en ra])porter les reliques de Saint Tiburce ; n'ayant pu se les procurer, Hunus avait dérobé à Ratleic une bonne partie de son précieux butin, en subornant un de ses compagnons à prix d'argent; il avait rapporté à Hilduin le fruit de son larcin et Hilduin avait déposé à Saint-Médard ces reliques injustement acquises. La chose s'ébruita. Hilduin dut l'avouer et il ne rendit les reliques dérobées qu'après s'être fait passablement tirer l'oreille. C'est d'Einhard lui-même que nous tenons tous ces détails : Licet ille paulo durior ac difficilior , quatn optaveram, in assensione fuisset, victus tamen est sedulitate precum me arum, cessitque ùnjjrobitati meae, qui se paido ante nidlius iussioni, in hac praesertim causa, cessurum pronuntiavit ^ .

La mauvaise volonté d'Hilduin ne s'arrêta pas là. Quand les reliques volées eurent été transportées à Aix-la-Chapelle, dans l'oratoire privé d'Einhard, il empêcha Louis le Pieux de s'y rendre, et l'empereur ne les vit et ne leur offrit ses dévotions que lorsqu'elles furent déposées dans la basilique de Notre-Dame.

Et l'on s'imagine qu'Einhard, dont les ressentiments se montrent si mal apaisés dans la Translatio, écrite en 830, aurait, en 827, dissimulé sa rancune au point d'exalter les mérites de Saint Sébastien au détriment de ses propres Saints, qu'il avait eu tant de peine à lui arracher ! Après toutes les misères que lui avait faites ce prélat magnifique et orgueilleux qu'il nous représente couchant devant la porte de l'empereur pour empêcher les autres d'y pénétrer, il aurait parlé en termes aussi exagérés des miracles du sanctuaire de Saint-Médard ! Ce n'aurait plus été de la modestie ni de la grandeur d'âme; c'aurait été une naïveté touchant à la sottise, une trahison envers les Saints dont l'honneur lui était confié et, de plus, une hypocrisie.

Supposons, au contraire, que c'est Hilduin qui a écrit les Annales de 819 à 829, tout s'explique sans peine : la sécheresse et la brièveté du passage relatif aux reliques des Saints Marcellin et Pierre, la prolixité et l'emphase du passage relatif à Saint

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