De Sanctis Eboracensis ecdesiae, vv
Les innombrables missionnaires qui partirent d'Angleterre pour évangéliser la Germanie n'étaient pas seulement des missionnaires de la foi clirétienne, ils étaient aussi des missionnaires de la civilisation anglo-saxonne, de cette civilisation deux fois romaine, par l'admiration et l'étude des chefs-d'œuvre antiques et par l'attachement inviolable au siège de Rome, centre de la chrétienté catholique. Cliarlemagne avait connu dès son enfance ces missionnaires anglais. Il avait pu voir saint Boniface; il avait peut-être eu des Anglais parmi ses maîtres ; il était d'avance disposé à s'entourer de ces hommes d'un esprit si cultivé et d'un caractère si énergique, si respectueux envers les puissances laïques et ecclésiastiques et si habiles organisateurs, qui servirent puissamment à cimenter l'union entre les chefs francs et la papauté, union qui devait avoir pour conséquence la restauration de l'Empire romain. L'appel d'Alcuin et de ses disciples à la cour de Charlemagne est un événement qui s'explique tout naturellement par les relations déjà existantes entre les pays francs et l'Angleterre.
Quant à l'Italie, indépendamment des liens qui l'unissaient à l'Eglise anglaise, l'influence qu'elle exerça fut le résultat direct des relations avec la cour de Rome et des guerres de Peppin et de Charlemagne dans la Péninsule*. Dès 776, nous voyons Charlemagne faire une donation au grammairien et théologien Paulin qu'il éleva en 787 ■- au siège patriarcal d'Aquilée et par qui il fit écrire un ouvrage théologique en trois livres contre Félix, évêque d'Urgel. Paulin vint sans doute à la cour de Charles, car il est mentionné à côté de Pierre de Pise dans une pièce de vers d'Alcuin de 780^. Le grammairien Pierre de Pise dut être appelé de très bonne heure à la cour du roi franc, peut-être dès la campagne de 774 ^ et Charlemagne se mit à apprendre la grammaire
1. Paul I" envoyait à Peppin, entre 758 et 763, un antiphonaire, un responsal, (les manuscrits d'Aristote et de Denys l'Aréopagite, une t^éoniétrie, une orthographe, une grammaire {Cod. Car., c. 24).