‹ Études critiques sur Properce et ses élégiesChapitre 104 sur 200 · Me juvet hesternis positum languere corollis · texte numérisé non relu

Me juvet hesternis positum languere corollis

Quem tetigit jactu certus ad ossa deus. Actia Vergilio, etc.

2. C'est ainsi que l'on traduit généralement. Voyez ce que je dis à ce sujet un peu plus loin.

qui vivait heureux dans son jardin où les fleurs et les fruits abondaient en leur saison. On voit l'ignorance du faussaire : il confond les Bucoliques avec les Géorgiques, le vieillard dont Virgile raconte l'histoire avec Virgile lui-même.

Tel est l'argument le plus spécieux de M. Heimreich. On peut y répondre de deux manières.

Virgile, au moment où Properce écrivait cette élégie (environ 25/729), devait être en Gampanie ^ Il travaillait à l'Enéide ; il avait achevé les Géorgiques depuis cinq ans, et auparavant il avait voyagé du côté de Tarente et visité les bords du Galèse, comme le prouve l'épisode du vieillard d'Œbalie; quant aux Bucoliques, elles étaient terminées depuis 37/717'-^. Serait-il surprenant qu'à douze années de distance Properce se fût trompé, qu'il eût cru lesBucoliquesoucertainesd'entre elles écrites dans le sud de l'Italie, alors qu'elles avaient été composées près de Mantoue ? S'imagine-t-on que, chez les anciens, les biographies des vivants étaient répandues comme elles sont aujourd'hui ? et même de nos jours, qu'y aurait-il d'extraordinaire si quelque poète, célébrant Lamartine, croyait une Méditation écrite à Saint-Point, alors qu'elle a été écrite à Paris ou à Ischia ?

Bien que cette explication soit salisfLiisante, ce n'est pas la meilleure. J'ai traduit le distique 67-G8 comme on le fait généralement en rapportant umhrosi subter pineta Galœsi à Virgile ; mais au point de vue grammatical, ce membre de phrase peut aussi bien se rapporter à Thyrsis et à Daphnis : « G'est toi qui chantes Thyrsis et Daphnis

1. Cf. E. Benoist, Œuvres de Virgile, t. I, Notice sur Virgile, •2« édit., p. 122.

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