‹ Études critiques sur Properce et ses élégiesChapitre 109 sur 200 · L. Millier, Prop. EL, Prœf., p · texte numérisé non relu

L. Millier, Prop. EL, Prœf., p

5. Voy. aussi l'hypothèse, moins probable, mais admissible, de M. James Cranstoun, Tlie Eleg. of Prop. transi, into Engl. verse, Edimbourg et

Un copiste italien, celui qui a rédigé le quatrième Vossianus, entrevoyant la vérité, avait senti que Properce ne devait pas se nommer Aurelius; mais se trompant dans l'application, au lieu de supprimer le faux nom, il lui en substitua un autre, AULUS, d'où la suscription Incipit AuLi Propertii Vmbri elegia ad Tullum.

De tout ceci ne ressort pas seulement la connaissance exacte du nom de Properce, mais aussi une conclusion relative au Neapolitanus. Ce manuscrit ne porte ni nautay m Aurelius; les manuscrits de M. Bœhrens*, au contraire, offrent ces deux traces d'ignorance et d'interpolation. Il y a là en faveur de N une présomption de plus, et une présomption très sérieuse ^

Properce naquit en Ombrie, comme il nous l'apprend luimême 1, 22 et IV, 4, 6S-6A et 121-126; mais dans quelle ville? Il y en a jusqu'à neuf qui se disputent l'honneur de lui avoir donné le jour : Asisium (Assise), Hispellum (Spello), Mevania (Bevagna), Ameria (Amelia), Fulginia (Foligno), Trebia (Trevi), Montefalchium (^Jontefalco), Yectonium (Bettona), Perusia (Pérouse). Il faut, dès l'abord, écarter les cinq dernières : on n'a produit en leur

Londres, 1875, en tête Life of Prop., p. 13. M. Cranstoun pense que Aurelius pourrait être une corruption de Amerinus, la ville d'Amérie ayant été considérée par quelques-uns comme la pairie de Properce.

1. Le Vossianus, le Laurentianus et TOttoboniano-Vaticanus ; quant au Daventriensis, je rappelle qu'il ne commence qu'à I, 2, 14, un feuillet s'étaiit perdu; par conséquent il ne peut offrir de titre.

2. Le Groninganus donne nauta; mais il ne donne pas Aurelius.

faveur aucun argument sérieux. Des quatre autres, Assise a pour elle Lilio Gyraldi de Ferrare^ Juste Lipse% Lachmann (en dernier lieu^), Hertzberg (dans son édition ^), Keil, Haupt, MM. L. Millier, Bsehrens, K. P. Schulze, Liitjohann, Volz, Cranstoun, Davies, Postgate, Growell et Jacoby. Spello, proposée par Thaddée Donnola dans un petit livre écrit tout exprès à ce sujet et auquel je renverrai fréquemment dans les notes % a été adoptée par Fr. G. Barth, Burmann, l'éditeur de la collection Lemaire, et M. W. Binder. Mévanie a réuni les suffrages de Raphaël de Yolaterra, de Beroaldo, d'Alberti, de Ph. Dubois, de Broekhuyzen et de Paldam (dans son livre Rômische Erolik^).kméne a plu à Scaliger et àPasserat^ En présence d'une si grande diversité de jugements, on se doute bien que les passages des Élégies de Properce, sur lesquels on s'appuie pour déterminer le lieu de sa naissance, sont devenus fort obscurs pour nous, si jamais ils ont été bien clairs pour les anciens. Voici ces trois passages :

1. Lil. Greg. Gyraldi, De poetar. hisloria dialog. IV (dans ses œuvres complètes, Leyde, 169G, t. H, col. 222, G).

2. J. Lipse, Aïitiq. lect. lit. V, cap, X (dans ses œuvres complètes, Wesel, 1675 , t. I, p. 427).

3. Pendant longtemps, Lachmann accepta Mévanie, voy. plus loin.

4. Dans sa traduction, Hertzberg prenait parti pour Spello, Prop. Elegien, Stuttgart, 1838, p. 7, Einleitung.

5. D'après l'édition réimprimée en 1713 par les soins de H. L. Schurzflcisch ; Thaddœi Donnolœ I. C. Hispellatis de patria Sex. Aurell, Properll poetœ percuriosa dissertatio, etc. //. L. Schurzfleischius denuo edidit, etc. Vitembergœ, formis Creusigianis anno cio id cxiii.

6. Paldam, Rom. Erot., p. 59. Dans son édition, il faisait naître Properce à Spello (Prop. Carm., Prœf., p. 7).

7. Volpi et Carutti restent neutres, M. Paley, p. 10 de sa préface Prop. Carm., dit positivement que Properce naquit à Mévanie, et p. 233 du te.vte, à la note de IV (V), 1, 125, dit non moins positivement qu'il naquit à Assise. Il faudrait pourtant choisir. M. Wratislaw hésite entre Assise et Spello, en inclinant toutefois du côté d'Assise.

Qualis et unde genus, qui sint mihi, Tulle, Pénates,

Quseris pro nostra semper amicitia.

Si Perusina tibi patriae sunt nota sepulcra ^ 3

Proxima subposito contingens Umbria campo. 9

Me genuit terris fertilis uberibus.

« Quel je suis et de quelle race, quels sont, TuUus, mes pénates, tu le demandes au nom de notre constante amitié. Connais-tu Pérouse , sépulcre de la patrie...? Eh bien, la partie de l'Ombrie qui la touche de plus près, et sous laquelle s'étend une plaine, m'a donné le jour, pays fertile aux grasses campagnes. »

b) IV, 1,61-66

Ennius hirsuta cingat sua dicta corona, Mi iblia ex hedera porrige, Bacche, tua :

Ut nostris tumefacta superbiat Umbria libris, Umbria Romani patria Callimachi.

Scandentes quisquis cernit de vallibus arces, 65

Ingenio muros sestimet ille meo.

N. C. — V. 65 quisquis N D V (juasvis F siqiiis G V ??i 2. cernit N H D V cernet F G j Éditions : Quisquis rétabli par L. Millier, que Bœhrens et Palme r ont suivi; cernit rétabli par Palmer. Tous les autres : si quis cernet.

(( Qu'Ennius couronne ses vers du rude laurier; tendsmoi, Bacchus, des feuilles de ton lierre, alin que l'Om-

1. Je supprime des vers qui n'ont point d'intérêt pour la recherche dont nous nous occupons en ce chapitre. Voy. la pièce entière, plus liau'. , Question des interpolations, et la note.

NOM ET 1»ATUIK D !•: PU OPE KG t. 177

brie toiUc fière s'enorgueillisse de mes livres, l'Ombrie, pati'ie du Callimaque romain. Quiconque, de la vallée, voit celte liauleur escarpée, doit en estimer les murs d'après mon génie *. »

c) IV, 1, 1^21-1^26

Umbria te notis antiqua penatibus edit

(Menlior? an patriae tangitur ora tua3) Qua nebulosa cavo rorat Mevania campo

Et lacus œstivis intepet Umber aquis, Scandenlisque arcis consurgit vertice murus, 125

Murus ab ingenio notior ille tuo \

X. C. — V. m quam FDVH || V. 12i uher mss d'ordre inférieur, Askewiamis, Leidensis 2 de Barmann \ Dorvillianus 2; imber autres Mss. de peu de valeur ou perdus. \ Éditions : Si tepet L. Millier ut tepet uher Bœhrens. Il V. 125asis N FG assis H axis DV. I Éditions : A\\s Avanzio {aldine de 1515), Muret, Scaliijer; arcis Ganter, Passerai, Guyet, Liévcns, Ph. Dubois^ Broekhuijzen, F.-G. Bartli, Burmann, Kulnœl, Lachmann (1816), Paldani, éd. Lemaire, Carutti; Ash Jacob, Hertzberr/, Palnier ; asis Lachmann (1829); Asisi Lachmann définitivement ^, Keil, Haupt, L. Millier, Bœhrens, Liltjohann, Paleij, Wratislaw.

1. Ingenio meo, ablatif de prix, sans aucun doute (Hertzbcrg, Paley, Schulze). Cf. Ovide, Amor., III, 15, 11-14 :

Alque aliquisspectans hospes Sulmonis aquosi

Mœ.nia, quœ campi jugera pauca tenant, « Quœ tantiun » dicat « poluistis ferre poetam

Quantulaciimque estis, vos ego magna voco. »

2. Je repousse la ponctuation : v. 12'2 ... ora tuœ, — v. 1:20 ... ille tuo? (Paldam, Ilertzberg, Pahner). Si on Padopte, tangitur et ora reprennent le sens propre; le premier mot n'est plus dit au figuré, le second signifie frontière : « Touchc-t-ou à la frontière de ta patrie, dans l'endroit où, » etc.

3. Ne i)as confondre avec le Mentelianus, I^eidensis 2 de François d'Oudendorp. Voy. plus haut, Manuscrits, chap. i", ^ 4 in fine.

Page 1