‹ Études critiques sur Properce et ses élégiesChapitre 127 sur 200 · Ghr. Lutjohann, Commentât. Prop., Kiel, 1869, p · texte numérisé non relu

Ghr. Lutjohann, Commentât. Prop., Kiel, 1869, p

laquelle paraît bien être un adieu définitif du poète à sa maîtresse ^ Ainsi, lorsqu'ils se sont séparés pour toujours, ils rompaient une liaison de cinq années.

111, 16, 9. Properce à Cyntliie :

Peccaram semel et totum sum piilsus in annum. « J'avais péché une fois, et je fus chassé tout le cours d'une année. »

Cette année de séparation, de discidium, comme oni dit les intei^prèles, ne doit pas être comptée, si l'on en croit Lachmann, parmi les cinq années dont il est question plus haut : comment admettre, dit-il, que Properce ait servi Cynthie {quinque tihi potui servire fideliter annos) pendant cette année où elle l'exclut de sa présence? Donc, avant les cinq ans de III, 24, 23, les deux amants ont vécu séparés pendant une année. La séparation elle-même est intervenue à la suite d'un congé donné par Cynthie à Properce (III, 16, 9) et par conséquent après une premièi^e liaison dont il faut rechercher la dui^ée. Ce renseignement est donné par Télégie 1 5 du livre IIl :

Ut mihi prœtexti pudor est velatus amictus

Et data libertas noscere amoris iter, 111a rudes animos per noctes conscia primas • 5

Inbuit heu nuUis capta Lycinna datis.

1. Sous bénéfice de Tobservation due à M. Cranstouu et que nous verrons dans la suite; mais que Propercc et Cyntbie aient renoué ensuite leurs rapports ou qu'ils se soient définitivement séparés, il importe peu pour rétablissement du tableau chronologique.

Terlius haut multo minus est cum ducilur anniis, Vix memini nobis verba coisse decem.

Cuncla luiis sepelivit amor, nec femina post te

UUa dédit collo dulcia vincla meo. 10

N. G. — V. 3 pra3te.\ti N pra3texta F D V H prelesta G prietextte Mss inférieurs, Leidens. Foss. sublalus Mss Inférieurs, Palatin, sumcus N F V w 2 H aniictus D V m 1 amictu G . | Éditions : PrœtexlEe Vulg. prœtexli Haupt, Bœhrens, Palmer exvelatus Scaliger, Broekhuyzen [Voy., contra, la note de Volpi à ce vers) ablatus Heinsius, Haupt elalus Guyet, Kuinœl exsinuatus Santen relevatus Fontein sublatus Bœhrens amicus rétabli peut-être avec raison par Carutti {pudor amicus prœtextœ, la pudeur amie de la robe prétexte). Il V. G inbuit N imbuit F D V H V. 7 auL N hautU m :2haud FDV m 1.

« Dès que la pudeur eut disparu pour moi avec la robe prétexte et que je fus libre de connaître le chennin de l'amour, c'est Lycinne qui, le long des premières nuits, apprit à mon ignorance ce qu'elle savait bien, Lycinne, bêlas ! que je n'avais séduite par aucun présent. Voici, il ne s'en faut guère, la troisième année qui s'écoule : à peine, depuis ce temps, me souvient-il qu'elle et moi ayons échangé dix paroles. Ton amour a tout enseveli; et nulle femme après toi n'a misa mon cou les doux liens de ses bras. i>

D'api^ès Lacbmann, Properce n'aurait point osé écrii^e les derniers vers (9-10) après \cdiscidium. Lachmann ne s'explique pas clairement sur le motif qui, selon lui, s'y oppose. Il pense sans doute que les infidélités de Properce pendant le discidium ne lui auraient pas permis, à moins d'impudence ou de ridicule, de dire ensuite à Cynlbie : « Ton amour a tout enseveli; et nulle femme après loi n'a mis à mon cou les doux liens de ses bras. » Donc l'élégie III, 15 a du être écrite ou avant les discussions qui ont amené le discidium ou plutôt en môme temps que ces discussions. Or le vers 7 nous apprend qu'entre la rupture avec Lycijine et le moment ou le

poète écrivait ces vers, il s'était écoulé un espace de deux années au moins : telle est, par conséquent, la durée de la première liaison avec Gynthie. Enfin Lachmann suppose que les relations de Lycinne et de Properce occupèrent une année environ, et l'on a vu III, 15, 3, qu'elles commencèrent dès que Properce eut quitté la robe prétexte.

Ainsi : une année pour les relations avec Lycinne; deux pour la première liaison avec Gynthie ; une pour le dlscidiuin; cinq pour la seconde liaison avec Gynthie. Total : neuf années, entre le jour où Properce quitta la robe prétexte pour prendre la toge virile et le jour où Gynthie et lui se séparèrent définitivement. Nous savons à quel âge on quittait la robe prétexte : c'était à seize ou à dix-sept ans, à la fête des Liber alla, aux calendes d'avril; si donc l'on peut déterminer l'époque de la dernière rupture avec Gynthie, on n'aura plus qu'à rem.onter de neuf plus seize ou dix-sept, c'est-à-dire de vingt-cinq ou de vingt-six ans en arrière, pour connaître, à une année près, la date de la naissance du poète.

Lachmann croit pouvoir fixer l'époque de la rupture définitive en 24/730 ou 23/731 . Il s'appuie, à cet effet, sur un passage obscur \ certainement défiguré par les erreurs et par la fantaisie des copistes :

Num jam, dura, paras ^ Phrygias nunc ire per undas Et petere Hyrcani htora nota maris ?

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