Liitjohann, Commentât. Prop., p
i. Hertzberg [Trad., p. 99) traduit tueri par sehen, voir; Jacob et Binder {Trad., p. 37) par schauen, contempler; M. Cranstoun {Trad., p. 03) préfère le sens de protéger, défendre, to fight. Le mot tueri, comme tous les mots qui ont plusieurs sens, peut les avoir séparément, mais aussi les présenter enseniblc; car si les diflérentes nuances n'étaient pas susceptibles de se fondre, elles ne pourraient pas être représentées par un même mot. Pour tueri, la gradation est facile à saisir : regarder attentivement, veiller sur, protéger. Je crois que, dans le passage qui nous occupe, tueri a plutôt le deuxième sens, celui qui fond les deux nuances extrêmes : l'Euphrate contemple les Parthes pour les protéger au besoin ; il ne se borne pas à les voir, il suit attenliveme7it l'effet de leur ruse militaire. Faute de l'avoir compris, Hertzberg {Prop. El. T. II, Commen-
du cavalier Partlie et s'afflige d'avoir saisi ^ les Crassus. Et même, Auguste, l'Inde tend le cou pour ton triomphe, et tu fais trembler l'Arabie intacte encore. »
C'est en ^OjlSi qu'Auguste passa de Grèce en Asie pour obtenir la soumission des Arméniens et des Partlies, et qu'il se fit rendre par ces derniers les drapeaux de Crassus. 11 avait auparavant parcouru la Grèce et la Sicile. Or il n'avait pu quitter Rome pour la Sicile avant la fin de ^2illlS^'\ et Properce, de son côté, n'a pu i-eprésenter les Parthes frappés de terreur, comme il le fait II, 10, 13-14, avant le départ d'Auguste.
A côté du système de Lachmann, adopté et légèrement modifié par MM. Eschenburg et Lûtjohann, doit prendre place celui de Hertzberg'.
Herlzberg pense, comme Lachmann, que le poète n'aurait pu écrire les vers 9 et 10 de III, 15 après le discidium :
9. Cuncta luus sepelivit amor, nec femina post te Ulla (ledit collo dulcia vincla meo.
Comme Lachmann, il s'en rapporte donc au distique 7-8 de la même élégie pour fixer la durée des relations de Properce et de Cynthie avant le discidium :
7. Terlius haut multo minus est cum ducitur annus, Vix memini nobis ^ verba coisse decem.
lar., p. 1"2'2, note des vers 13-16 in fine) a fiiit à Properce un reproche innnérilé. Voy. au contraire l'excellente note de Paley à ce vers, dans son édition. 11 traduit lo luatch for, etc.
1. Tenuisse: Palcy explique non remisisse. Le mot tenere veut dire à la lois se rendre maitrede et retenir : en fiançais, nous n'avons guère que le mot saisir qui puisse rcpréscnler ensemble les deux sens.
2. M. IjiLjolianu renvoie, sur ce point, à Dion Cassius, LIV, 1 sqq. — Voy., au surplus, Liitjoliann, ouvr. cit., p. 80.
\i. llcmb., Prop. El. T. I, Quœsl., p. 15-17. 4. Lycirnie et lui.
Mais d'abord il voit dans le vers 7 l'indication d'un espace de trois ans et non de deux ans, ayant précédé le discidium. Ensuite il pense que les cinq années de lll, 24, 23 : Quinque tibijwtui servire fideliter annos, indiquent la durée, non pas seulement de la seconde liaison, de celle qui a suivi le discidium, mais bien de la liaison tout entière, sans qu'il y comprenne toutefois, pas plus que Lachmann, Tannée du discidium. Ainsi, d'après lui, l'amour de Properce pour Cynthie se renferme dans une période de six ans, au lieu de s'étendre sur un espace de huit années comme dans le système précédent. De plus, tandis que Lachmann et MM. Eschenburg et Lûtjohann voient dans l'élégie II, 10 la dernière des élégies amoureuses, Hertzberg' juge qu'elle se rapporte au temps du discidium, et il en fixe la date à l'année 25/729*. Enfin il assigne, se fondant d'ailleurs sur une idée fausse', une durée de deux ans aux relations avec Lycinne; et c'est ainsi qu'il arrive aux conclusions suivantes :
Naissance de Properce 46 708
Il prend la toge virile 30 72i
Liaison avec Lycinne du milieu de 30 "24 au milieu
de 28 7-26 11 quitte Lycinne pour Cynthie. au milieu de 28 726
Discidium 25 729
Rupture définitive avec Cynthie au commencement de 22 73-2