Voy. plus haut même page, notes 2 et
la même gloire, comme si toute la poésie de leur temps se résumait en eux\ »
M. Pierron, sévère pour les Alexandrins, accorde ironiquement à Philétas a cet avantage que presque tous ses vers ont péri et que nous sommes dans l'impossibilité de contrôler les jugements de ses admirateurs- ». Mais d'abord, si l'admiration d'hommes tels qu'Ovide et Properce peut quelquefois s'égarer, ce n'est jamais bien loin, ni bien à faux : le nom des admirateurs garantit dans une certaine mesure la légitimité de l'admiration. Au surplus, les œuvres de Philétas n'ont pas si entièrement péri que veut bien le dire M. Pierron : de ces fragments, trop rares sans doute et trop mutilés, quelques-uns conservent Tempreinte du génie personnel, une empreinte assez nette pour ne laisser aucune incertitude sur les caractères qui devaient distinguer le poète de Gos entre ses contemporains. Enfin, Théocrite fut son élève ; les élèves doivent aussi compter parmi les œuvres d'un maître, ce n'est que justice. Par quelques vers échappés à la destruction, par Théocrite formé à son école, par les hommages passionnés des élégiaques latins, Philétas a gardé cette immortalité qu'il s'était promise lorsqu'il disait : « Il n'en sera pas de moi comme de l'aune des montagnes qu'arrache un pauvre paysan à l'aide d'une pioche; mais ayant su l'art des vers, m'étant donné beaucoup de peine, devenu habile dans tous les genres de poèmes... (je vivrai toujours ou longtemps). »
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