A. Couat, la Poésie alexandrine, p
2. A. Pierron, Hist. de In lUt. grecque, p. 471 do la 7^ éailion.
HISTOIRK DE L'ElRGIE. 207
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Ce sont là des vers gracieux ; mais ils n'ont pas seulement pour nous le mérite d'une heureuse comparaison : rapprochés de certains autres fragments, ils nous mettent sur la voie des qualités propres à Philétas et du jugement que l'on doit porter sur ses œuvres. M. Couat l'a compris^ ; il rappelle et groupe des passages où le poète fait allusion à des superstitions rustiques : le faon piqué par l'épine du cactus et dont les ossements muets ne peuvent plus rendre de sons; les abeilles nées du cadavre d'un bœuf; d'autres vers dans lesquels Philétas se représente sans doute lui-même, assis à l'ombre d'un platane, et si l'on se reporte au fragment d'Hermésianax", célébrant sa Battis; enfin, la comparaison que je viens de citer; et de tous ces indices rapprochés il conclut légitimement que la poésie^ de Philétas avait « un caractère bucolique, quelque chose de populaire et de famiUer, l'amour pour objet et la nature pour cadre ». Ainsi Phi-
l. A. Couat, ouvr. cit., p, 77.
iJ. Fragment d'Hermès., vers 75 sqq.
3. M. Couat dit les Elégies. Il vaut mieux ne pas choisir spécialement, dans l'œuvre de Philétas, les élégies pour leur attribuer un caractère bucolique et populaire; ce serait oublier que le poète s'était exercé aussi dans la poésie bucolique proprement dite, comme le témoigne un passage tie Tiiéocrile VII, 39 sqq :
(( ... o'j yâp TTW xaT'éfjLov vôo-^ o'jte tôv âaÔXôv ]SixsXîôav vîxTjfjit TÔv âx 2(i[Jiw 6'jôè <î>tXr)Tav àeîôiuv, pârpaxoç TuoT'dxpîôaç w; xiç êpîcyôw. »
N. Bach {Phil. Herm. Phan. rel., p. 17) invoque aussi, comme preuve, des vers de Mosclius III, '.)('» sqq.; mais le passage de cette idylle, qui d'ailleurs n'est pas de Mosclius, paraît interpolé à M. H. L. Alirens (voy. p. 114 de son édit. de Théocr. Bion Moscli., Leipzig, 18G9).
268 ÉTUDES SUR PKOPERCE.
létas se distinguait parmi les Alexandrins par le goût de la nature et la recherche de la simplicité. Sa poésie devait avoir une fraîcheur qui respire encore dans les distiques épars sauvés de l'oubli. En voici un que nous a transmis Stobée et qui mérite d'être cité. Le poète prie Battis de ne point l'oublier quand il sera mort : « Du fond du cœur verse quelques larmes, dis une douce parole, et quand je ne serai plus, rappelle-toi cependant. »
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Un effort souvent heureux pour être simple, l'amour sincère de la nature, ce sont là des traits remarquables à toute époque, mais plus méritoires dans le monde où vivait Philétas que dans tout autre; ils doivent lui être comptés; ils expliquent et justifient la passion de ses admirateurs. Je ne doute pas que Virgile n'ait aimé Philétas; je soupçonne Tibulle de l'avoir souvent imité*.
11 semble au premier abord que Ton puisse juger Gallimaque plus directement et prononcer en quelque sorte, les pièces en main : il nous reste de lui quatorze cents vers environ. C'est peu de chose relativement à ce qui est perdu; son œuvre était considérable : mais c'est beaucoup par comparaison avec Philétas; ce sont des poèmes entiers dans un état de conservation très supportable. On y trouve cependant un médiocre secours pour ^ connaître le génie du poète ; ce qui n'a point péri est justement ce qui était moins digne de survivre : des hymnes, pièces officielles nécessairement froides et guindées qui ont fait chez les modernes plus de tort que de