‹ Études critiques sur Properce et ses élégiesChapitre 166 sur 200 · Eragni. d'Ilcrniés., vers 75 S(|q · texte numérisé non relu

Eragni. d'Ilcrniés., vers 75 S(|q

SOUS un platane et chantant Battis; l'autorité d'Hermésianax pour ces sortes de renseignements n'est pas de grande valeur*; mais Ovide, à deux reprises, parle de Battis dans des termes qui ne permettent pas de douter qu'elle n'ait été célébrée avec quelque insistance par Phi lé tas :

Trist. I, 6, 1-2 :

Nec tantum Clario Lyde dilecta poetae, Nec tantum Coo Battis amata suo est.

Ex. Pont. [11,1, 57-58 :

Nec te nesciri patitur mea pagina qua non Inferius Coa Battide nomen habes.

Battis eut-elle une existence réelle? était-ce simplement un nom sous lequel Philétas se plaisait à mettre ses sentiments d'amour? Le rapprochement avec la Lydé d'Antimaque, que nous trouvons dans les vers des Tristes, m'inclinerait à le croire. Quoi qu'il en soit, on peut suivre le progi^ès de l'élégie dans le monde antique et le voir s'accomplir parallèlement au progrès de l'amour : les premiers élégiaques, ou soi-disant tels, avaient chanté le plaisir et la volupté; les Alexandrins chantèrent la Femme; l'élégiaque romain chantera une femme, moins l'amour qu'un amour, le sien, et, par le choix individuel ennoblissant le désir et l'élevant jusqu'aux régions de l'âme, il ennoblira en même temps le genre de poésie consacré à de telles impressions'.

Page 1