IV. - L'ÉLÉGIE ROMAINE. - TALENT DE PROPERCE
Elegia Grœcos provocamuSy écrivait Quintilien : (( Pour l'élégie, nous ne craignons pas les Grecs ^ » On peut dire qu'il s'est tenu, dans l'éloge, au-dessous de la vérité : les Romains ont tellement surpassé leurs modèles, qu'ils ont mérité de les faire presque oublier. De tous les genres que tenta de s'approprier la poésie romaine, aucun n'a été cultivé avec autant de faveur ni avec d'aussi heureux résultais. On le comprend sans peine. L'épopée demande, pour être irréprochable, une naïveté que n'avaient plus les contemporains d'Auguste ; la poésie lyrique exige un enthousiasme prompt, une facilité à perdre de vue la terre, du sublime et du léger qui n'étaient pas dans le sang latin. Los Romains avaient le tempérament grave, les habitudes réfléchies et pratiques, les impressions profondes et durables; il y avait chez eux un antagonisme entre la tête froide et le cœur ardent. L'élégie, a bien faite, a-t-on dit, pour les âmes susceptibles de puissantes émotions, mais qui savent en retour se maîtriser'-», était donc des trois genres celui qui leur con-