‹ Études critiques sur Properce et ses élégiesChapitre 176 sur 200 · Voy. IV · texte numérisé non relu

Voy. IV

d'aborder les grands sujets, il se prenne aux origines de Rome dans des vers passionnés et vigoureux qui lui sortent du cœur^ Comme Virgile et à la différence d'Horace et d'Ovide, il a été vraiment saisi par le passé; si, dans cette admiration du vieux temps, il faut faire la part de l'ennui du présent et du dégoût des plaisirs, il faut y reconnaître aussi un sincère enthousiasme patriotique. Properce parle d'Enniusàplusieursreprises;bien qu'imitateur des Alexandrins, il a, vivant en lui, le culte du passénational, de Vhistoire romaine^, de^la patrie armée^; il garde, à travers la recherche de l'élégance hellénique, un parfum rude du terroir italien.

Mais c'est surtout dans la onzième élégie du livre IV qu'il s'est élevé à une hauteur de sentiments tout à fait remarquable. M. Cranstoun dit qu'on ne peut lire ces vers sans reconnaître au poète i< une tendresse presque chrétiennes. Nous voilà bien loin de l'idée qu'on se fait généralement de Properce. J'ai publié, à lafm de ce travail, le texte complet de cette élégie, afm que le lecteur puisse se prononcer en connaissance de cause : le début est un peu traînant et pénible; mais tout le reste du poème, la fm surtout, est d'une beauté souveraine. Je ne sais rien, pour ma part, de plus majestueux et de plus touchant que les dernières paroles prêtées par Properce à cette jeune mère irréprochable qui se voit mourir et qui s'oublie elle-même pour ne penser qu'aux êtres chers qui lui survivent : « Que son époux s'acquitte auprès de ses

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