Voy. Il, 19, \-A
Etsi me invita discedis, Cyntfiia, Roma
Lœtor quod sine me dévia rura colis :
Nullus erit caslis juvenis corruptor in agris
Qui te blanditiis non sinat esse probam.
lUic assidue tauros spectabis arantes Et viteni docla ponere falce comas *.
Lui-même, il abandonnera Rome; il ira chasser dans les bois, sans s'attaquer au rude sanglier pour lequel n'est point fait son timide courage; c'est assez pour lui de s'en prendre aux lièvres peureux ou de percer de sa flèche quelque oiseau, là-bas où les bœufs blancs descendent boire, sous l'ombre des arbres, Feau du Glitumnus :
Qua formosa suo Glitumnus flumina luco Integit et niveos ahluit unda boves^.
Properce, qu'on a voulu faire passer pour un poète froid et pédant, est au contraire doué de beaucoup d'animation; il y a du mouvement dans ses élégies. On peut lui reprocher les exclamations et les apostrophes, si on ne les aime pas; mais on ne peut nier qu'elles correspondent à un état de cœur passionné et bouleversé. On n'a pas assez remarqué que chez lui, par un privilège des poètes de race, le premier vers est presque toujours d'une grande beauté; les élégies débutent avec éclat ^ Le trait final ne manque pas non plus d'ordinaire; mais le poète, en général, commence mieux qu'il ne finit.
Il me paraît d'ailleurs incontestable que le premier livre est, sinon le seul achevé, au moins le mieux et le plus heureusement travaillé; j'ai dit plus haut comment,