Voy. plus haut, p. 168, à la note
± H. A. J. Munro The journ. of Philologij, vol VI, n' 11, p. 28. 3. Voy., sur la langue de Properce, une intéressante brochure de M. B. Kuttner (Berlin, 1878).
TALKNT DE PROPERCE. 29.')
plus énergique, mais parfois moins claire et moins sévère, elquela versification, en se rapprochant de plus en plus de celle d'Ovide, perd selon moi à cette évolution. Pour nous en tenir au pentamètre dont la construction est si particulière chez Properce, je trouve qu'Ovide et son école ont nui beaucoup à ce vers en voulant le terminer constamment par un mot ou un groupe ïambique. Les mots de cinq, de quatre ou de trois syllabes, placés à la fin du pentamètre, lui donnent une grâce, une langueur charmantes, et selon les sujets que chante le poète, le vers gagne à finir sur un de ces mots un peu longs. On évite ainsi la monotonie, d'autant plus fatigante * que le rythme du pentamètre terminé par un disyllabe a quelque chose de sautillant, et perdant la grâce, ne gagne guère en solidité.
M. Paley a très bien compris que Properce construisait ainsi le pentamètre avec intention^ ; il s'élève avec raison contre l'opinion générale qui reproche au pentamètre à fin polysyllabique de manquer d'harmonie; il cite un passage de la vingtième élégie du premier livre ^ dans lequel sept pentamètres de suite se terminent par des mots polysyllabiques, et trouve avec raison que le poète en tire un heureux effet. Il aurait pu rappeler aussi le panégyrique de Virgile dans lequel l'intention de donner une certaine mollesse au rythme devient tout à fait évidente *.
1. M. Lucien Millier reconnaît cet effet monotone cliez Ovide. Voy. de Re metrica, p. 91.
2. F. A. Paley Sex. Prop. carm., Pref of the second édition^ p. 7 in fine et 8; voy. surtout p. 8 m p,ne.
3. Voy. I, 20, 29-42. — M. Paley ne va pas jusqu'au vers 44 qui se termine par le mot umero, sans doute parce qu'il considère le mot anapestique comme déplaisant à la fin du vers.