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iivait le mieux jugé. Si je me prononce d'une manière aussi catégorique, c'est que j'appuie mes observations personnelles de l'autorité incontestable de M. Léopold Delisle et de M. Châtelain \ qui ont bien voulu examiner avec soin les fac-similé rapportés de Wolfenbûttel. Je reproduis ces fac-similé à la fin du volume : le lecteur, s'il a des connaissances paléographiques, sera donc à même de contrôler la valeur de mes conclusions.
D'autre part M. Bsehrens oppose au Neapolitanus quatre manuscrits, qu'il prétend plus anciens. J'ai pu me renseigner sur l'un d'eux, l'Ottoboniano-Vaticanus, par l'intermédiaire de MM. Maurice Faucon et Pierre deNolhac, membres de l'École française de Rome. Les renseignements qu'ils m'ont transmis et leur opinion, fortifiée de celle de M. Stevenson fds, me permettent de contester les affirmations de M. Beehrens.
Peu d'éditions d'un même auteur ancien présentent entre elles, au point de vue du texte, autant et d'aussi considérables différences que les éditions de Properce. Gela ne tient pas seulement à l'état des manuscrits; les transpositions de Scaliger ^ et la
1. J'ai suivi, à TÉcolc des Hautes Études, le cours do paléographie latine de M. Châtelain; je dois beaucoup à ses leçons publiques et à ses conseils particuliers pour la confection du chapitre des Manuscrits.
2. On trouvera peut-être que j'ai trop attaqué Scaliger ; je n'ai dii voir en lui (juc l'éditeur de i'roperce auquel il a fait beaucoup de mal et fort peu de bien.
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division en cinq livres, de Lachmann, en sont les causes principales. Les transpositions qui bouleversent et dénaturent les éléi^^ies ont donné naissance à une famille d'éditions, qui jusqi/à ces derniers temps a subsisté parallèlement au texte de la vulgate. Quant à la division en cinq livres, erreur plus récente et moins grave, elle est une source de lenteurs et de difficultés dans les travaux relatifs à Properce, et elle défigure son œuvre inutilement.
J'ai pensé, de plus, que l'étude des éditions importantes formait une page de l'histoire de la philologie latine qui pouvait offrir quelque intérêt : je ne me suis point borné à les énumérer et à les décrire ; c'eût été rédiger un catalogue qui n'avait point sa place ici. J'ai apprécié avec le plus d'équité et d'attention possible leur couleur philologique; j'ai taché de déterminer quel est leur caractère, ce qu'elles ont apporté de secours ou de trouble dans l'établissement et l'interprétation du texte, en un mot, par quelles vicissitudes les élégies de Properce ont passé jusqu'à nos jours, et quelle est l'utilité de chaque édition.
On est porté, depuis quelque temps, avoir en maint endroit de l'œuvre de Properce des interpolations. Il ne faut pas laisser ainsi dépouiller et mutiler l'antiquité classique. J'ai défendu l'authenticité des principaux passages contestés du deuxième livre, notamment du panégyrique de Virgile; ceux qu'on
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attaque, dans ce livre et dans les autres, sont si nombreux que j'ai du m'arrêter après en avoir étudié un certain nombre. J'ai voulu surtout indiquer la méthode d'après laquelle j'entends traiter ces sortes de questions. Il y a bien quelques vers que j'effacerais volontiers de l'œuvre de Properce; mais je ne les considère pas précisément comme le résultat d'interpolations : c'est plutôt que les copistes n'ont pu bien lire et qu'ils ont successivement, sans intention le plus souvent, altéré le texte au point de le rendre méconnaissable.
Le nom de Properce, le lieu de sa naissance, la chronologie de ses œuvres et de sa vie, sont autant de matières obscures et discutées. Il faut connaître les controverses auxquelles elles ont donné lieu et les résultats qu'on est en droit d'en dégager. On se demandera peut-être pourquoi j'ai consacré une longue étude à la chronologie, puisque je devais aboutir, en lin de compte, à une conclusion à peu près négative. J'ai pensé que, le sujet ayant été complètement négligé en France, quelqu'un de ces systèmes erronés, mais plus ou moins spécieux, pourrait d'un jour à l'autre faire chez nous son apparition. Dans des livres traitant de questions générales, comme serait par exemple une histoire de littérature latine, nous serions exposés à voir présenter comme acquis les résultats d'un système ou d'un autre. Ce qui est inutile peut être nuisible, et il est