Volpi, Prop., t. I, p. 294 (II, 10, 1, à la note
'écl * à défendre la vulgate et la leçon des manuscrits, au ieu de chercher à introduire dans le texte de nouvelles :onjectures. En cela, il convient de le dire, il reprenait la radition indiquée par Muret, mais que Scaliger, dont le lens commun et la simplicité ne faisaient point l'affaire, ivait rompue si bruyamment. L'édition de Passerat est jne édition conservatrice : le rôle qu'il a choisi n'est pas le plus éclatant, mais il est le plus solide. Je ne veux pas dire qu'il ait maintenu les leçons ou les interprétations fautives des éditions antérieures ; loin de là : il s'agit de la fidélité au texte des manuscrits quand il n'est pas évidemment corrompu. Passerat en eut plusieurs sous les yeux, bien qu'il n'en nomme qu'un seul, le Memmianus (n" 8233 de la Bibliothèque nationale). On peut reprocher aux commentaires quelque diffusion et quelque lourdeur: ils n'en restent pas moins un trésor de science et de justes vues, où l'on a beaucoup puisé sans toujours le dire, où les éditeurs futurs de Properce devront puiser encore. Yolpi en a parlé en termes admiralifs-, et Tinjusticc de quelques savants ^ à l'égard de Passerat n'enlève rien à la gloire de ce dernier.
1. L'érudition et le goîît de Passerai sont incontestables; c'était de plus un charmant poète. Ou sait le beau sonnet dans lequel Mathurin Régnier a rendu hommage à son ami :
Passerat, le séjour et l'honneur des Charités...
{Œuvres de Régnier, p. l-iO, édit. E. Courbet.)
2. Volpi, Prop., t. I, Prolegom. p. 1, in fine, % 3. — Cf. môme ouvr., p. 512 (II, 32, 16 à la note) : Quid, rogo, non vidit Passerat ius, homo infmitœ lectionis, qui admirabili memoria, diUgenlia incredibili, oplimo plerumque judicio ad Propertium explicandum aggressus est? ex cujus tfiesauris locupletissimis qui secuti poslea sunt, supelledilem suant auxerunt; et ipsi laudabiles, nisi interduni fateri nollent, per quem profecerint. —Cf. Hcrtzberg, Prop. Eleg. T. I, Quœst., p. 253.
3. Ghebardt, par exemple, contre lequel Broekhuyzen l'a souvent défendu voy. Volpi, Prop., t. I, Prolegom., p. 5).
J'ai nommé plus haut, à propos de l'édition de Scaliger, celle de Gabbema (Utrecht, 1659) *. Elle n a point de valeur, non plus que celle de Philippe Dubois (Silvius) ad usum Delphini (Paris, 1685)'. Celle de Jean-Georges Grœfe (Gra3vius), reproduisant les commenlaires de Scaliger, de Muret, d'Avanzio, d'Estaço (Achilles Statius), des Yan der Does père et fils, etc., publiée à Utrecht en 1680, est au contraire utile et bien faite. Quant à l'éditioi^-de Cambridge (1702), beau volume in-^", Barth s'en est exagéré l'importance.
La même année parut à Amsterdam, chez les Wetstein, l'édition de Broekhuyzen, réimprimée en 1727^ Dans ses notes, Broekhuyzen fait preuve d'esprit et de goût ; il se préoccupe des variantes des manuscrits (le Groninganus, îes Colbertini, les Regii) ; son édition est préférable à celles de ses contemporains. Mais là s'arrête le bien qu'on en peut dire. Broekhuyzen avait l'esprit plutôt ingénieux que juste; s'il collationne les manuscrits, c'est avec négligence ; il retient d'ailleurs les dispositions de Scaliger ; i il ne sait pas le grec, ce qui est une grande faiblesse pour l'interprétation des élégies de Properce ^; enfin, on I lui a reproché d'avoir mal parlé des savants qui l'ont ' précédé et dont plusieurs ont fait mieux que lui. I
L'édition Barbou (Paris, 1754), contenant Catulle, Ti-' bulle. Properce et Gallus, est une édition détestable; elle' reproduit les transpositions de Scaliger ; elle offre