‹ Études critiques sur Properce et ses élégiesChapitre 49 sur 200 · Hcrtzb., Prop. El. T. I, Quœd., p. 258 in fine · texte numérisé non relu

Hcrtzb., Prop. El. T. I, Quœd., p. 258 in fine

74 ÉTUDES SUR PROPERGE.

ner les motifs. La prudence, qui vient naturellement avec l'âge, le scrupule qui vient presque toujours avec la science et qui fait que plus on apprend, moins on croit savoir, expliqueraient la suppression d'un grand nombre de conjectures, mais non l'intention formelle de reproduire, avec des fautes, le texte des manuscrits. Yoici ce que je pense pour ma part: Lachmann, à ce moment mieux qu'atout autre, s'est rendu compte de la qualité de son propre génie ; il a pressenti d'une manière plus vive de quel genre de progrès les lettres latines lui seraient redevables. Il a entrevu que, du côté de la conjecture et de l'interprétation, son œuvre aurait plus d'éclat que de durée ; que son vrai titre de gloire était la restitution paléographique. Alors il a conçu l'édition des trois poètes erotiques sur le plan suivant : débarrasser le texte des interpolations dont trois siècles et demi l'avaient surchargé, y joindre les variantes principales des meilleurs manuscrits, et remettre ainsi aux mains des futurs éditeurs l'instrument de reconstitution. Il a renoncé à se servir lui-même de cet instrument qu'il avait découvert ; et comme c'était par défiance de ses propres forces, peutêtre l'aveu lui en a-t-il trop coûté, ce qui expliquerait son silence. En tout cas, lorsqu'après l'édition franchement conjecturale de 1810 il a donné l'édition purement diplomatique de 1829 S il a voulu, non pas publier le bon texte, mais livrer h d'autres le secret et le moyen de rétablir; ce qu'il voulait faire, il l'a fait.

Les Allemands, dans leurs livres de bibliographie latine-, passent sous silence une édition de Properce

1. Il ne s'est écarté de la fidélité aux manuscrits qu'en maintenant sa détestable division en cinq livres.

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