Teufîel, B.iehr, r>ernhardy, Nicolai, Hiibner
qui parut en France, à Paris, en 1832. Elle forme le dernier volume de la collection Lemaire, le dernier par ordrû de date, mais non de mérite ; peut-être môme estce un des meilleurs. Elle fut publiée sans nom d'auteur ; dans une courte préfiice, P. -A. Lemaire explique le scrupule excessif qui fit désirer au savant éditeur de demeurer inconnu. Après la vie de Properce de Yolpi et celle de Barth annotées, vient le texte des Élégies avec notes en latin au bas des pages, et à la suite du plus grand nombre, les imitations des poètes français ^ ; enfin un Index latinitatis, établi soigneusement, et un Index nominiim. Sans doute, cette édition est une œuvre de seconde main ; à côté des noms de Burmann et de Lachmann, trop souvent reviennent ceux de Barth et de Kuinœl - ; l'éditeur a le tort de dire en maint endroit « les manuscrits )>, codices, au lieu de nommer celui ou ceux qui donnent la leçon citée ; dans les notes, il n'accorde pas à la grammaire la place qu'elle est en droit d'obtenir ; quant à la métrique, il la supprime; enfin on peut regretter qu'il n'ait nulle part exposé son but et sa méthode. Malgré tous ces défauts, il a donné des Élégies de Properce une édition recommandable'',une de celles qui offrent au lecteur.
1. Il y a trop de vers de Parny, de Berlin, de Bernard, de M"" Dufrcnoy, etc., dans ces Imitationes GaUicœ; mais à côté de cela, elles nous remettent sous les yeux des chefs-d'œuvre d'André Chénier et quelques beaux vers de Le Brun Pindarc.
"1. 11 est juste de dire que, lorsque Kuinœl est nommé, c'est presque toujours pour être blâmé. Cf. I, 2, 8 ; i, A; 10, 13; 19, 2t. II, 3, 21 ; 5, 1 ; 1). 38; 18, 25, etc.
3. On n'eu saurait dire autant des autres éditions françaises du dixneuvième siècle. J.-A. Amar, dans un livre de poche qui contient Properce eir.alhiset qui fait partie de la petite collection Lefèvrc(in-32, Paris, 1821), a reproduit pour Propercc le texte de Kuinœl; le choix n'est pas heureux, j'ai dit plus haut ce qu'il fallait penser de ce texte. L'édition de F.-G. Pottier, l»repcrce et Gallus (in-8", Paris, 1825, chez Malepeyre), témoigne d'in-
avec un texte d'une qualité suffisante, les notes explicatives les plus sensées. Il s'est attaché à la première édition de Lachmann (1816), qu'il suit avec intelligence et prudence, rejetant la division en cinq livres et s'écartant parfois de l'orthographe un peu systématique de son modèle ^
En un mot, le Properce de la collection Lemaire ne doit pas compter parmi les éditions importantes, parmi celles qu'il est essentiel de connaîti'e : mais il est injuste de ne le point nommer, lorsque l'on cite les travaux de second ordre, ceux qui, sans être nécessaires, sont utiles et méritoires^.
En 1839, à Leipzig, chez Wigand, Otto Frédéric ||; Gruppe publia une édition de Properce reproduisant le second texte de Lachmann, celui de 1829, mais dans
tentions estimables, mais de beaucoup d'illusion sur la manière de reconstituer un texte ancien. Dans une préface écrite en français, Potlier attaque un peu trop Lachmann et raille « son désir bien naturel de se faire connaître » (p. 3j; puis il linit par nous apprendre que, pour sa paît, il a manqué de toute espèce de secours soit de manuscrits, soit de commentaires (p. 11) ; on se demande alors pourquoi et avec quoi il a établi son texte. A la suite de cette préface, vient une vie de Properce en quatre pages, moins remarquable par les erreurs de fait que par la fausseté des jugements. Le seul mérite de Potlier est de n'avoir pas admis les transpositions de Scaliger. Quant à l'édition de la collection Panckoucke, voy. à la fin du chapitre ce qui en est dit sous la rubrique Traductions.
1. Il a tort de se séparer de Lachmann pour écrire lacnjmœ au lieu de lacrimœ ; mdi'is il doit être loué d'avoir mis /j7o/'a, el non liltora, cœlum et non cœlum.
2. C'est ici que prend place, par ordre chronologique, le spécimen d'édition donné par J.-H. Bormans : Prodromus animadversionum ad Sex. Aurelii Propertii elegiarum Ubros IV et novœ simul editionis spécimen, Lovanii, 1836. C'est le texte des deux premières élégies du troisième livre, accompagné de quelques variantes et de copieuses notes explicatives. Les ressources de l'éditeur sont tout à fait insuffisantes, mais il y a dans les notes beaucoup de labeur personnel et une assez bonne méthode. Je ne crois pas que cette édition, presque inconnue, ait jamais été continuée.
laquelle la distribution des élégies, nous allons le voir ^out à riieurc, est des plus singulières. Ce volume contient aussi les poésies de Tibulle classées d'après la même méthode et \gs Amours d'Ovide qui ont échappé, on ne sait pourquoi, à un remaniement analogue. C'est le second volume d'un travail qui a pour titre L'Élégie romaine. Le premier avait paru l'année précédente (1838) ; il olYrait un examen critique des œuvres de Tibulle et de Properce, avec les traductions en vers d'un certain nombre d'élégies de Tibulle ^ On y trouve, sur les questions littéraires et morales, des vues pénétrantes, de bons jugements exprimés dans un style agréable et clair. Malheureusement la majeure partie de l'ouvrage est consacrée à exposer la classification bizarre' imaginée par Gruppe ; je vais l'indiquer en laissant Tibulle pour ne m'occuper que de Properce.
Gruppe commence par former un livre, Cynthiœ minoris liber, de dix élégies prises dans le premier livre de la vulgate, 1, 4, 5, 6, 14, 7, 9, 13, 10, 1^. Ce sont les élégies dans lesquelles il est question de Cynthie, mais de telle façon que le poète s'adresse à ses amis. Le livre commence ainsi par : Cynthia prima suis miserum me cepit ocellis, et finit par : Cynthia prima fuit, Cynthia finis erit; symétrie ingénieuse, et que Properce n'eût jamais trouvée si Gruppe n'était venu à son aide. Celui-ci d'ailleurs ne s'arrête pas en si beau chemin : il prend cinquante autres élégies sur Cynthie, et les mettant dix
1. On voit, d'après le contenu des deux volumes, que le titre Dieromisclie Elégie est beaucoup trop général.
'i. Voy. ce qu'en dit Hiclir., Gesch. der rom. Liler., i* étlit., t. I, p. 775. — Voy. aussi Hcrtzb., Prop. El. T. I, Qnœst., p. 222 : Cruppii autem somnia, etc.
par dix, en fait cinq livres, Cynthiœ majoris libri ; voici la composition des deux premiers ^ :
VULCATE.