‹ Études critiques sur Properce et ses élégiesChapitre 78 sur 200 · EXAMEN DE CERTAINS PASSAGES DU DEUXIÈME LIVRE · texte numérisé non relu

EXAMEN DE CERTAINS PASSAGES DU DEUXIÈME LIVRE

Quod mihi si tantum, MîEcenas, fata dédissent

Ut possem heroas ducere in arma manus, Non ego Titanas canerem, non Ossan Olympo

Impositam ut cœli Pelion esset iter, 20

Non veteres Thebas nec Pergama nomen llomeri,

Xerxis et imperio bina coisse vada, Regnave prima Rémi aut animos Garthaginis altœ,

Cimbrorumque minas et benefacta Mari :

Rellaque resque tui memorarem Caesaris et tu 25

Cœsare sub ma2:no cura secunda fores.

Nam quotiens Mutinam aut civilia busta Philippos

Aut canerem Sicuke classica bella fugcu Eversosque focos antiqusc gentis Etruscse

Et Ptoloma}ei litora capta Phari, 30

Aut canerem cyptum et Nilum cum tractus in Urbem

Seplem captivis debilis ibat aquis,

lu ÉTUDES SUR PROPERCE.

Aut regum auratis circumdata colla catenis

Actiaque in Sacra currere rostra Via :

Te mea Musa illis semper contexeret armis, 35.

Et sumpta et posita pace fidèle caput.

Theseus infernis, superis testatur Achilles

Hic Ixioniden, ille Menœtiaden.

N. G. — V, 20 impositam N AFH. impositum D V G {dans ce dernier inp.). Il V, 31 cyptum N A. ciptum F cyprum D VG. caiieret ciprum H. I Éditions: iîlgyplum vîilg. canereinciperemLac/îmrtWw(1816). Coptum Bœhrens. Peut-être : Aut ipsum canerem Nilum, qu'on 'peut justifier au point de vue y aie o graphique. — Même vers : attractus NA. attractatus F. tractus DV. contractus G. | Éditions : tractus vulg. atratus Bœhrens et Palmer : urbe Palmer. \\ V, 37. Éditions : Theseus ut larvis Bœhrens. Superis ceu fatur Lachmann (1816).

(.( Que si ies destins, Mécène, m'avaient tant donné que je pusse mener aux armes les troupes des héros, je ne chanterais pas les Titans ni Ossa posé sur Olympe pour que Pélion fût route du ciel, ni la vieille Thèbes, ni Pergame qui fit le nom d'Homère, ni les deux mers se rejoignant au commandement de Xerxès^ ou le royaume primitif de Rémus ou les fiertés de la haute Carthage, les menaces des Gimbres et les bienfaits de Marins : ce seraient les guerres et les faits de ton César que je raconterais, et au-dessous du grand César, tu serais ensuite mon souci. Car toutes les fois que je chanterais Modène ou Philippes, bûchers des citoyens, ou la guerre et la déroute navales de Sicile et les foyers renversés de Tantique nation étrusque, ou les rivages conquis de la

1 . Il s'agit du percement de l'Athos, comme Ta établi Hertzberg {Prop El. T. III, Comment., p. 82 in fine), et non, ainsi qu'on le croyait avant lui (voy. par ex. Kuinœl), du pont de bateaux jeté sur l'Hellespont. Paley, Carutti, Scliulze suivent Hertzberg.

Pharos des Plolémées, ou bien encore si je chantais le Nil, lorsque tiré de force dans la Ville, il allait, affaibli par ses sept embouchures captives, ou les cols des rois chargés de chaînes d'or et les rostres d'Actium parcourant la Voie Sacrée : ma Muse te mêlerait toujours à ces faits d'armes, toi, tête fidèle à César, qu'il fasse ou qu'il rompe la paix. Thésée aux enfers, sur la terre Achille, attestent, celui-là l'Ixionide, l'autre le Ménétiade. »

Tels sont les vers que M. Heimreich* veut enlever à Properce. Je vais, selon la méthode que j'ai déjà adoptée pour la division en livres, examiner les arguments de M. Heimreich à mesure que je les reproduirai et tâcher de les réfuter un à un.

Premier argument. — L'élégie II, 1 se compose de deux parties qui ne s'accordent pas : dans la première, qui s'arrête au vers 56, le poète, d'un ton heureux et fier, dit qu'inspiré par Gynthie il ne veut chanter que l'amour et qu'il n'est point né pour la poésie épique; dans la seconde, qui commence au vers 57, sur un ton de lamentation et presque en pleurs il parle de l'amour comme d'une maladie que nul remède ne peut guérir ; et après en avoir donné des exemples mythologiques, il tombe à un tel degré de tristesse, qu'il annonce sa mort prochaine causée par Gynthie. M. Heimreich en conclut qu'il faut diviser cette élégie et faire des vers 57-78 la deuxième pièce du deuxième livre.

On se demande tout d'abord en quoi cette question de

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