‹ Études critiques sur Properce et ses élégiesChapitre 8 sur 200 · Haupt, ibid · texte numérisé non relu

Haupt, ibid

'3. « De Propcrlio autem nihil aliud nlsi quod scribis cxpccto, ut videlicet excmplatum habeam. »

parmi ses livres les poèmes de Properce ? On acquiert la certitude qu'il les avait en effet' si l'on prend connaissance des extraits de trois autres lettres de Goluccio, publiées pour la première ibis par Haupt, qui en devait la communication à M. Mommsen. Ces lettres, qui se trouvent dans le même manuscrit des Gaddi où Bandini avait lu la lettre à Lombardo, sont de Tannée de la mort de Pétrarque, c'est-à-dire de 1374; celle à Lombardo, vraisemblablement de 1375.

Dans la première, Ep. 8, f" 15 du Gadd., adressée à Gasparus Broaspinius ou de Broaspinis, on voit que Benvenuto de Imola avait promis à Goluccio d'obtenir pour lui de G. de Broaspinis les œuvres de Properce et de Gatulle.

Dans la deuxième Ep. 3, P 7 du Gadd., écrite à Benvenuto, Goluccio le remercie de s'occuper de lui procurer Properce et Gatulle, « qu'il ne connaîtguère que de nom»; il ajoute en post-scriptum que le bruit de la mort de Pétrarque s'est répandu et qu'il ne veut point y croire.

Enfin dans la troisième Ep. 42, f° 21 ^ du Gadd. % à G. de Broaspinis, Goluccio le supplie de lui faire avoir, par prière ou à prix d'argent, Properce, de la hibliothèque de Pétrarque dont il déplore la mort; soit le manuscrit, soit une copie; quant à Gatulle, « qu'il croit

1. Haupt ajoutf; : « ainsi que ceux de Catulle. » Ceci est une autre question. M. L. Millier {Prop. EL, Prœf., p. 4-) est de l'avis de Haupt. M. Scliwabe, au contraire (Ad. convent. phil. Misn., p. 117), conclut de la Iroisicme des lellrcs qu'on va lire que Pétrarque avait un Properce, mais pas de Catulle. M. Bœhrens (Catulli liber, Proleg., p. 11) partage cette opinion qui me paraît la plus sure. Voy. aussi E. Benoist, Commentaire critique et explicatif sur le texte de Catulle, p. 350, dans les Poéites de Cal. trad. en vers franc. E. Rostand, Paris, 1882; L. Schwabe, édit. de Catulle, vol. II, partie I, préf. p. 3 sqq.

2. Cette lettre, comme celle écrite à Lombardo, se retrouve dans le Ricardianus 898, [^ «JO.

être un très petit livre », il lui demande de lui en envoyer une copie ou de le lui transmettre pour qu'il le fasse copier lui-même. 11 ne dit pas qu'il s'agisse d'un Catulle ayant appartenu à Pétrarque ; pour Properce, au contraire, il le dit formellement \

Quelle fut la destinée de ce manuscrit et quelle était sa valeur? c'est ce qu'il est impossible de savoir. Il ne paraît pas, du reste, que le vœu de Goluccio ait été de sitôt accompli : parmi les manuscrits que nous allons passer en revue, il y en a un, le Laurentianus, qui porte à la fm la mention Liber Colucii pyerii, et qui n'est que du quinzième siècle.

M. — LE NEAP0LITANUS2

Le Neapolitanus, qui se trouve aujourd'hui à la bibliothèque ducale de Wolfenbûttel {inter Gudianos n° 224) \ mesure 205 millimètres de hauteur sur 1 40 de largeur K Il est écrit sur parchemin. Il se compose de soixante et onze feuillets et ne contient que Properce. Il est intact,

1. « ... Si prece vcl pretio Propertium de bibliotheca illius celeberrimi viri, Petrarcœ inquam. .. haberi posse confidis, vel ut meus sit vel ut exemplari queat deprecor ut procures. Catullum, quem credo parvum libellum, aut exemplalum aut exemplandum rogo transmitte. »

'il. Cf. pour la description de ce manuscrit : Hertzberg, Proj). Eleg. T. I, Quœst., p. "234 sq.; Chr. Heimreich, Quœst. propert., Bonn. 18G3, p. 4; L. Millier, Prop. Eleg.,Prœf., p. 8 sq.; Bœhrens, Prop. Eleg., Prolegom., p. 7 sq.

3. Les Gudiani sont les manuscrits provenant de la bibliothèque de Marquard Gude, savant danois, né à Rendsburg (Holstein) en 1G35, et mort en 1689.

4. Les fac-similé, que l'on trouve à la fin du volume, sont légèrement réduits: ils mesurent, en moyenne, 190 millimètres de hauteur sur 130 de largeur. Je ne donne que la moyenne, tous les feuillets du manuscrit ne pouvant avoir exactement les mêmes dimensions.

sauf un feuillet qui a été coupé vers la fin, emportant les vers17-7G de la dernière élégie (11"' du quatrième livre).

Le parchemin était, dès Tépoque de la rédaction du manuscrit, en mauvais état. La plupart des feuillets, surtout à partir du folio 46, sont endommagés à l'angle droit inférieur (Cf. planches 3 et 4). Au milieu du folio 51 s'ouvre un large trou à peu près ovale (planche 5). Les folios 52 et 65 sont réparés à l'aide de grandes pièces. Une échancrure entame dans le haut, à droite, le folio 55. Aucune de ces détériorations ne nuit à l'écriture, qui leur est postérieure.

L'encre est d'abord très pâle. Au septième vers du folio 15 '', elle devient noire jusqu'au folio 33 exclusivement. A partir du folio 33, elle redevient jaune pour noircir de nouveau depuis le folio 43 ^' jusqu'à la fm du manuscrit.

Il est facile de reconnaître plusieurs mains. Dès le folio 33, où l'encre redevient pâle, l'écriture change sensiblement. Ce n'est pas qu'elle présente aucune différence essentielle avec celle des feuillets antérieurs; mais elle est plus grosse, un peu moins régulière, plus hardie, plus franche, et paraît avoir été plus rapide. Dans le premier vers du feuillet, surtout dans les premiers mots (ante tiiosq; pedes)y les lettres sont presque de la même taille que dans la partie précédente du manuscrit; puis elles grossissent aussitôt; on sent que le nouveau copiste a voulu naturellement mesurer son écriture sur celle de son prédécesseur, mais que la force de l'habitude l'a entraîné. Je ne crois pas qu'un changement de plume suffise pour expliquer ces différences : on est à même d'en juger en comparant la planche 4 aux trois précédentes. Enfin c'est sur ce feuillet que paraissent pour la première fois, dans la marge de droite, des points piqués pour la réglure.

A partir du folio 49, l'écriture commence à devenir plus petite; les traits sont beaucoup plus épais. La lettre l n'offre plus d'appendice médial {i, l) ; les s droites descendent au-dessous de la ligne (C f). 11 n'est point permis de douter que l'on ne se trouve en présence d'un troisième copiste. On peut s'en rendre compte en comparant les deux dernières planches avec les trois premières d'une part, avec la quatrième de l'autre. Il convient d'ajouter qu'à partir du même feuillet, la moyenne des vers à la page est de trente au lieu de vingt-sept ^

Les livres I et II ne sont pas séparés ; mais il y a un intervalle entre les livres II et III, III et IV. Aucun titre n'a été inscrit en tête des élégies, aucun espace vide laissé entre elles; mais des initiales d'un beau dessin, peintes, surtout en vert et en rouge, parfois en bleu pâle avec du rouge et du vert^ marquent presque partout le commencement des pièces. Dans les derniers feuillets, les élégies sont, à plusieurs reprises, peu ou point distinguées. En tête de tout le manuscrit, on lit simplement : Incipit ProperthiSy et à la fm : Explicit.

Le Neapolitanus offre une particularité curieuse et que M. Lucien Mûller a déjà signalée^ : ce sont des lettres inscrites en marge, à droite, au bout de certains vers, et Tune au-dessous de l'autre, de manière, lorsqu'elles sont nombreuses, à former une colonne verticale à peine interrompue, comme on le voit sur la planche 3. Ces lettres disparaissent à partir du folio 37 ^. Dans les feuil-

1. On pourrait dire aussi que Tencreest un peu plus foncée sur le folio 49 et sur les trois ou quatre feuillets suivants que sur les feuillets qui précèdent. Mais il n'y a pas lieu d'insister ; la dirtérence est peu appréciable, et la teinte redevient insensiblement la même.

2. On peut voir, planche 4, une H initiale qui est simplement rouge et bleue.

Page 1