L. MuUer, Prop. EL, Prœf., p. 29 in fine
3. Voy. pour ce distique le changement de ponctuation proposé par Jacob (Prop Carm., AcMo/., p.lG9) ; il rattache le vers 23 au vers précédent. Lachmana, dans son édition de Berlin, Keil, Haupt ont suivi Jacob; contra Hertzberg {Prop El. T. /., Quœst.,\). 160), Lemaire, Paley, Palmer.— J'ai dit que L. Millier rejette le vers 24. ftL Baehrens l'écrit : Stultus liberam erit si quis amare volet; celte correction est téméraire. Voy. aussi celle que propose M. Cari Peiper, Quœst. Prop., Creuzburg, 1879, p. 2. — Enfin pour l'interprétation, voy. Barth, édit. de Prop., p. 140 à la note du vers 23; contra, édit. Lemaire.
« Ta loqueris cum sis jam noto fabula libro
Et tua sit toto CYNTHiA lecla foi o ? Cui non his verbis aspergat tempora siidor?
+ Aut pudor ingenuus aut relicendus amor. 5 Quod si tam facilis spirarel Cynthia nobis 5
Non ego nequitiœ dicerer esse caput, Nec sic per totam infamis Iraducerer Urbem,
Urerer et quamvis, noniine verba darem.
N. C. — \. i sit tous les Mss. sauf ^. \ Éditions : Sic loqueris cum tu Bœhrens. il V. 3 Qui D V G aspergat verbis his G. | Éditions : Surdo Scaliger {faisant de pudor et de amor les sujets de aspergat) Il V. 4 at au lieu du premier aut, G. | Éditions : Ingenuis HauptyPaley, L. Millier, Bœhrens, P aimer ; haut p. ingenuis, haut r. a. Haupt; haut p., ingenuus haut r. a. Carutti; aut p. ingenuis aut retinendus a. Bœhrens; aut p. ingenuost aut reticendus a.MunroK \\ V.7 traduceret Vm2 en marge H. || V. 8 ureret tous les bons Mss. \ Éditions : Ureret Barth, Kuinœl, Bœhrens; non mala Bœhrens; non mihi Palmer.
(( — C'est toi qui parles, lorsque déjà un livre connu le rend la fable de tous et que dans tout le Forum est lue ta Cynthie ? Qui, à ce que tu viens de dire, ne sentirait la sueur arroser ses tempes? [ou bien l'on aime avec pudeur, ou bien il faut taire son amour'.] — Que si Cynthie se montrait aussi facile pour moi, je ne passerais point pour un modèle de perversité ; je ne serais
1. J'ignore où M. Munro a proposé cette conjecture ; je la reproduis, de seconde main, d'après M. James Cranstoun, The Elégies of Sext. Propert. translaled inio English verse, p. 89 en note.
2. Le texte, à cet endroit, ne peut guère s'expli(iucr rigoureusement; je mets à la place ce qui me paraît demandé par la logique.
point livré à la honte par toute la Ville, et bien que brûlé d'amour, du moins je tromperais sur le nom (ou les noms). »
M. Heimreich^ reconnaît dans ces huit vers la main d'un moine interpolateur. Je ne sais si c'est un moine ou tout autre qu'il faut rendre responsable : ce qui est certain, c'est que les vers sont absurdes, presque intraduisibles et en contradiction avec ce qui suit. Le vers 4 est faux prosodiquement, et les interprètes modernes s'évertuent vainement à y découvrir un sens quelconque, même à l'aide de corrections. M. Weber -, qui croit que les sept autres vers sont bien de Properce, est disposé à rejeter celui-là. Lachmann, dans sa première édition (voy. la note de ce vers), était d'avis que, le pentamètre originel s'élant perdu, un faussaire avait composé celui-ci pour remplir le vide. Mais le vers 8 n'est guère plus acceptable que le vers 4. Que veut dire le poète? « Si Cynthie m'était favorable, du moins je cacherais le nom. » Quel nom? celui de Cynthie? mais c'est déjà un pseudonyme. — Le sien? dans quel but et comment? — celui des courtisanes vulgaires dont il vient de parler élégie 23? Mais est-il vraisemblable que Properce ait tenu un aussi étrange raisonnement, a Je préfère les filles vulgaires à Cynthie; si Cynthie se montrait pourmoi aussi facile, je continuerais à les fréquenter, mais je cacherais leurs noms. » De toute façon, ce vers est incompréhensible; la correction de M. Palmer, non mihi, raisonnable au point de vue paléographique, est d'abord séduisante quant au sens; mais, en y regardant de près, on est contraint de la rejeter :
1. Sijmbola philolog. Bonnens. in hon. Frld. Ritschelii coll., Fascie. poster., Leipzig, 18(57; Heimreicli, Novœ quœst. Prop., p. 669-G84.