‹ Études critiques sur Properce et ses élégiesChapitre 92 sur 200 · Wcbcr, Quœst. Prop., p · texte numérisé non relu

Wcbcr, Quœst. Prop., p

« Si Cynthie se montrait aussi facile pour moi que les courtisanes vulgaires, je serais sans doute brûlé d'amour, mais du moins je ne me tromperais pas moi-même, je ne m'en imposerais pas à moi-même. » Mais on ne voit pas comment Properce, dans le cas présent, s'en impose à lui-même, se trompe et se fait illusion.

De plus, ce que personne n'a remarqué, c'est la contradiction flagrante entre le vers 7 :

Nec sic per tolam infamis traducerer Urbem

et le vers 10 de la même pièce :

Quare ne tibi sit mirum me quaerere viles : Parcius infamant : num tibi causa le vis?

(( C'est pourquoi ne t'étonne pas que je recherche les filles vulgaires : elles déshonorent moins {ou à meilleur marché); trouves-tu ce motif sans poids? »

Le poète vient de nous dire, dans l'élégie 23 et dans celle-ci, qu'il fréquente ces courtisanes parce que Cynthie est d'un abord trop difficile; que, si Cynthie était plus facile, il ne serait pas livré ainsi à la honte par toute la Ville (v. 7). A quelle honle? Bien évidemment à la honte de fréquenter ces filles du dernier rang. Mais voici qu'il nous apprend (v. 10) que leur commerce est moins déshonorant que celui de Cynthie ! ou, si l'on traduit parcius « à. meilleur marché », que l'un et l'autre se valent en déshonneur, et que c'est une simple question d'argent.

Je crois, avec M. lïeimreich, que les vers 1-8 ne sont pas de Properce ; mais l'interpolation pourrait bien être plus ancienne et plus étendue qu'il ne l'a supposé. Les vers 9-

16, qui forment la fin de la pièce, ne sont guère plus satisfaisants que les vers 1-8 : M. Bœhrens marque une lacune iBDlrelesvers lOetll ; la conclusion(v.l5-16)est par trop étriquée. Je pense, ou bien que nous sommes en présence d'une pièce tout entière qui s'est introduite dans le recueil de Properce, peut-être dès l'antiquité, ou plutôt que l'archétype était tellement lacéré à cet endroit, le t xte tellement peu lisible, que la plupart des vers ont dû èlre refaits successivement parles copistes de manière à devenir méconnaissables ^ .

1. Si l'élégie 24 est de Properce, elle doit être rattachée à l'élégie 23 et n'en faire qu'une avec elle, comme l'a bien vu M. Paimer.

Vidi te in sommis fracta, mea vila, carina

lonio lassas ducere rore manus, Et quœcumque in me fiieras meatita fateri,

Nec jam iimore graves tollere posse comas, Qualem purpureis agitatam fluctibus Hellen 5

Aurea qiiam molli tergore vexit ovis.

Quam timui ne forte tuum mare nomen haberet

Atque tua labens navila fleret aqua î Quœ tum ego Neptuno, quœ tum cum Castore fratri,

Quœque tibi excepi, jam dea Leucothoe ! 10

Ai tu vix primas extollens gurgite palmas

SiTepe meum nomen jam peritura vocas.

Quod si forte tuos vidisset Glaucus ocellos,

Esses lonii facta puella maris, Et tibi ob invidiam Néréides increpitarent, 15 i

Candida Nesœe, cserula Cymothoe. Sed tibi subsidio delphinum currere vidi

Qui, puto, Arioniam vexerat ante lyram.

Jamque ego conabar summo me mittere saxo

Cum mihi discussit lalia visa metus. 20

N. G. — V. 8 atque tous les Mss- \ Éditions : Teque conjecture de Heinsius, proposée aussi par Hertzberg, Prop. El. T. III Comment.,\iAll S adoptée par Carutti,Bœhrens, Palmer. Il V. iO. Éditions : Tum, au lieu de jam, Beroaldo, suivi par la plupart des anciens éditeurs, et de nos jours par Kuinœl, Lachmann {Édit. de 1816) ', Paldam, Keil, L. Muller. \\ V. 15 ob invidiam N G V m 2. prae invidia F D V m 1 .

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