‹ Études critiques sur Properce et ses élégies: ouvrage contenant le fac-similé de six feuilles duChapitre 22 sur 192 · Ed. Heydenreich, loc. ciL^ p. 37 sqq · texte numérisé non relu

Ed. Heydenreich, loc. ciL^ p. 37 sqq

mettre le Groninganus au-dessous du Neapolitanus, il ne convient pas non plus de l'écarter tout à fait. M. Heydenreich cite, des trois premiers livres *, dix-neuf passages où, sans aucun doute, 6 aurait conservé la bonne leçon, quatre où il y aurait hésitation, mais en sa faveur. Or, sur ces quatre deniiers passages, il y en a trois où, pour ma part, je condamne la leçon de 6 ; ce sont : II, 7, 11 ; 18, 5; 28, 45. Quant au quatrième. II, 25, 15, j'ignore dans quelle récension l'on a découvert que 6 donnait sed, qui en effet doit être accepté. La liste des dix-neuf leçons que M. Heydenreich déclare hors de doute n'est pas aussi concluante qu'elle le parait au premier aspect: certaines de ses leçons demeurent au contraire fort douteuses (11, 21, 12; 22, 48; 34^ 61; III, 17, 12); d'autres ne sont pas données seulement par G (III, 28, 9, paremque F ; III, 15, 3, amictus Dv).

A rencontre de M. Heydenreich, M. Conrad Rossberg* déclare le Groninganus interpolé d'une manière honteuse.

Les choses en étaient là : le Groninganus se maintenant au second plan, mais très attaqué et faiblement défendu, le Neapolitanus sur le point de régner sans partage, lorsque parut l'édition critique de M. Emile Baehrens (1880). Partant de l'idée juste que les copistes du quatorzième siècle n'avaient pas encore la manie de corrections et d'interpolations qui a sévi dès le commencement du quinzième siècle et que par conséquent il faut se fier de préférence aux manuscrits antérieurs à cette

1. Des trois premiers livres seulement, parce que le travail étail déjà fait par M. Liitjohann pour le quatrième.

2. C. Rossbcrg, Progr. des Kônigl. Gymn, iu Stade, Ostern, 1877, Lucu-' brationes Propertianœ, p. \.

dernière époque, M. Bsehrens s'attache à quatre manuscrits qu'il croit du quatorzième siècle, et qu'il divise en deux familles : d'une part, leVossianusetleLaurentianus (A F); d'autre part, le Daventriensis et l'Ottoboniano- Valicanus (DV). Les Italiens du quinzième siècle ayant mêlé dans leurs copies des leçons de l'une et de Tautre famille et relevé le tout par leurs propres inventions, la série des manuscrits corrompus aurait pris naissance. Parmi ceuxci le Neapolitanus (M), qui, d'après M. Bsehrens, serait postérieur à 1430, mériterait cependant une place à part et conserverait quelque autorité. Il appartiendrait à la même famille que A F, mais sans reproduire toutes les leçons particulières à cette classe, puisqu'en m^int endroit il concorde avec dv et qu'ailleurs il offre des leçons qui lui sont propres et que M. Baehrens attribue à la fantaisie italienne. Enfin le copiste du Neapolitanus aurait eu le tort de recevoir dans son texte un grand nombre de conjectures introduites d'une seconde main dans le Laurentianus et l'Ottobomano-Vaticanus. Si donc M. Bœhrens consent à noter les variantes de N et à en tenir un certain compte, c'est avant tout pour faire ressortir par comparaison la supériorité de ses manuscrits à lui, de ceux qu'il a découverts ou remis en honneur ; ensuite parce que A s'arrêtant à II, 1, 63, F sans le concours de N se trouverait seul, pour les trois quarts de la récension, à représenter la première famille ; en

• dernier lieu, à cause de l'orthographe de N qu'il faut

bien reconnaître préférable à celle des autres manuscrits* ,

Le crédit que le talent paléographique de M. Baehrens

' mérite en ces matières, la date relativement ancienne

1. Voy. Bœhrens, Prop. EL^ ProUg., p. 8 et 9, et la note à la page 9*

qu'il donne sans hésisation au Vossianus (A) et a rOltoboniano-Vaticanus (V), tandis qu'il fait du Neapolitanys (l)un manuscrit récent, le classement exact des manuscrits en deux familles, la conGance que Fauteur parait avoir dans son système, tout cela exerce au premier abord un prestige auquel il est diflicile de se soustraire^ Mais, nous l'avons vu dans le chapitre précédent, M. Bsehrene rajeunit de plus de deux cents ans ■ qu'il faut attribuer à la fin du douzième siècle ou au commencement du treizième, et non, comme il le voudrait, au milieu du quinzième (après 1430); d'autre part, il vieillit V, qui est du milieu du quinzième, alors qu'il le croit de la fin du quatorzième. Il se trompe probablement de la même manière sur D et sur F, qu'il prétend écrits au commencement du quinzième siècle et qui doivent être contemporains de A ; reste A, qui est peut-être de la fin du quatorzième (il s'arrête à II, 1, 63). Ainsi l'observation juste faite par M. Baehrens sur la préférence qu'il convient, dans le caj présent, d'accorder aux manuscrits en raison de leur ancienneté, se retourne contre lui-même et fait crouler tout son raisonnement : en supposant même que D et F soient du commencement du quinzième, n n'en demeure pas moins antérieur d'un siècle à ces deux manuscrits, et plus vieux que le fragment de A d'une soixantaine d'années.

Ce n'est pas tout. En examinant de près l'édition de M. Bsehrens; on s'aperçoit qu'il donne souvent gain de ^ cause à M et que, dans les passages où il lui préfère soit A F, soit D V il fait preuve de plus de partialité que de sens critique.

1. J'accédais aux conclusions de M. Bœlirens dans un arliclc de la Revue critique en date du U juin 1880.

De plus AFDV contiennent de nombreuses corruptions. M. Frédéric Léo en a relevé quelques-unes dans Tarticle du Rheinisches Muséum déjà cité * ; M. Ellis également, dans un article récent de VAmerican Journal of Philology^. J*ai refait ce travail pour mon compte : les listes de M. Léo m'ont paru insuffisantes, surtout en ce qui concerne le troisième et le quatrième livre ; celle de M. Ellis se présente dans un certain désordre qui en rend la conclusion moins facilement saisissable.

Voici donc deux séries de mauvaises leçons, prises, la première dans a F, la seconde dans dv :

AF. I, 1, i fecit. 3 lune. 22 placeat. 2, 29 ne. 5, 16 docet. 7, 7 tamen. 8, 1 culpa. 38 amara. 11, 12 facili. 12, 10 divitis. 13, 5 forma. 7 queritis. 14, 3 jam. 15, 35 quod. 20, 1 nec 13 turbida. 41 fliimine.

II, 1 , 63 vivens.

F seul 3. 6,21 capere raptas. 11, 1 ne. 6 cujus. 16, 15 amicam. 19, 15 mutabere. 21, 17 hinc. 24, 10 mira. 25, 20 invictis. 28, 35 imagine.

m, 1, 26 ille raro. 2, 22 armorum. 5, 37 cur ne. 8, 19 vertal. 12, 21 sanum. 13, 53 aut. 16, 17 adverlit. 18, 8 nostra. 19,9 nostros. 21, 14 nnm. 23, 3 vestris, defuerit. 24, 9 potuerunt {en marge, d'une seconde main : poterai).

IV, 1, 37 patruum. 128 cogerit. 2, 33 casibus. 5, 29 clausis. 68 canos. 7, 29 pinguit. 8, 8 fibula. 10, 6 eximio.

Page 1