‹ Études critiques sur Properce et ses élégies: ouvrage contenant le fac-similé de six feuilles duChapitre 66 sur 192 · EN QUATRE OU EN CINQ LIVRES · texte numérisé non relu

EN QUATRE OU EN CINQ LIVRES

La distribution des Élégies de Properce en cinq livres au lieu de quatre, par suite du dédoublement du deuxième livre, a été imaginée par Lachmann ; adoptée par Fr. Jacob, Keil,Paley, Haupt (et Vahlen), Wratislaw, L. MùUer, K.-P. Schulze; rejetée par Paldam, l'éditeur du Properce de Lemaire, Herlzberg, Beehrens et Palmer K

€ Il est difficile, écrit M. Paley *, de résister aux arguments de Lachmann. "» Je pense au contraire que, si on les examine avec quelque attention, il est difficile de s'y rendre. M. L. MùUer ^ reconnaît que la division de Lachmann est loin d'offrir toute sécurité ; il l'adopte parce que, selon lui, elle permet de résoudre certaines difficultés. Nous verrons tout à l'heure que, pour lever ces dif-

1 . Gruppe et Carutti oe peuvent naturellement rentrer dans cette classification (voy. plus haut, p. 76 et p. 84); Weise, qui divise en quatre livres, n<5 mérite guère d*être nommé (voy. plus haut, p. 79\ Quant à Volz, il indique dans la table les concordances de ses morceaux choisis avec Tune et l'autre numération.

2. Paley, Prop, Carm.y 2«édit., p. 74 en note. *3. L. Millier, Prop. El.y Prœf,, p. 13.

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ficultés, il est inutile de recourir au dédoublement du deuxième livre.

Pour appuyer sa division, Lachmann ^ invoque trois arguments. J'y répondrai à mesure.

Premier argument. Nous n'avons pas tous les vers de Properce.

a) Fulgence, au mot dividice^ cite comme étant de Properce : Dividids mentis conficit omnis amory vers que nous ne retrouvons nulle part dans notre auteur. — Pour se faire une idée de ce que vaut le témoignage de Fulgence, il suffit de savoir que, au mot catillandij il àttribue à Properce ce qui suit et qui manifestement est d'un autre auteur : Catillata geris vadimoniaj public^m prostibulum*.

b) Servius, Verg. Bue. V, 21, donne comme étant de Properce : Testes sunt sidéra nobis ; et Georg . 1, 19, il dit :

1. Lachm., Prop^ Carm.t éd. 1816, préf., p. 20 sqq; voy. aussi L. MtiUer, ioc* ciLy p. 11-13; Herin. Knauth, QwBst, Prop.; Halle, 1878, p. 25, p. 30 tt la note et passim; Robert Scharf, Quœst, prop., Halle, 1881, p. 7 à (a note. — W. S. Teuffel (Gesch. derRôm, Liter., § 246, note 3, p. 515 de la 4* édit.) expose Tétat de la question en se portant du côté de Lachmann. Baehr ifieich. der Rom. Liter,, t. I, g 200, p. 775 de la 4« édit.) et Nicolai {Gesch, der Rom. Liter., § 84, p. 254) sont plutôt hostiles. Bernhardy {Grundr. der Rom, Liter.y g 96, note 462, p. 623 delà 5* édit.) l'est tout à lait. Voy. aussi contre la division de Lachmann : C. F. Â. Nobbe, Obs. in Prop. Carm. specim,, Leipzig, 1818; Paldam, Prop. Carm., Prœf.,p,2i sqq.; Hertzberg, Prop. EL, T. /, QuiBst. p. 211 sqq.; R. Voigt, De quarto Prop. lihro, Helsingfors, 1872, p. 3-17; Bœhreni, Prop. El, Proleg., p. 40 sqq.; Car. Brandt, Quœst. Prop., Berol, 1880, p. 20-25. — Voy. enfin Cranslouii, The Elégies of Prop. transi, into engl. verse, Edimbourg et Londres, 1875 (en tête Life of Prop., p. 20); M. Cranstoun, tout en trouvant les raisons de Lachmann très plausibles, ne les juge pas bien concluantes; il a le tort d adopter néanmoins la division en cinq livres pour se conformer à TusagCi

2. Sur Tautorité nulle de Fulgence en général, H. Voigt renvoie au jugement ac L. Lersch ( Fulqentiw de abstrtisis sermontbus, Romœ, 1845( p. 78).

Alii Triplolemum^ alii Osirin volunty quod magis verum eslj ut dicit Properlius vel Tibullus. — La première citation se retrouve dans Properce, parfaitement 4 reconnaissable malgré les scrupules intéressés de Lachraann : II, 9, Ai Sidéra sunt testes et matutina pruina. La seconde fait allusion à un vers de Tibulle : I, 7, 29 Primus aratra manu sollerti fecit Osiris.

c) Ovide, Trist. II, 465, après avoir dit que Tibulle a, lui aussi, donné des préceptes d'amour et enseigné aux femmes les moyens de tromper une surveillance jalouse^ ajoute : Invenies eadem blandi prœcepta Properti. Sur quoi Lachmann^ s'écrie assez ingénument : c Où donc, je vous prie , les trouverons-nous, alors que nuls préceptes semblables ne se lisent aujourd'hui dans les Élégies de Properce ?» Où ? mais d'un bout à l'autre de son œuvre, qui est une œuvre d'amour; non, il est vrai, sous là foriQe didactique, mais de place en place ^ et pénétrant le tout de leur esprit.

d) Le deuxième livre de la vulgate offre, dans sa pre^^ mière partie, d'évidentes lacunes ; on s'y trouve, à plusieurs reprises, en présence de fragments de pièces^ et non de pièces entières. Ces symptômes se manifestent aux environs de la dixième élégie; vers cet endroit, quelques

* feuillets ont dû périr.

Hertzberg ^ a montré que Lachmann a beaucoup exagéré le mauvais état du deuxième livre ; Voigt * a poussé plus avant encore la démonstration. D'ailleurs, quand on

i. Lachm», Prop. Carm^, édit.^de 1816, Prœf,, p. 21 .

2. Voy. par exemple I, 10, 21 ; II, 16, 7-10* — Je ne cite pas IV, 5, ayant quelques doutes sur rauthenticité de celle élégie.

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