‹ Études d'archéologie et d'artChapitre 23 sur 54 · Partie de la stèle d'Arislion. (Musée d'Athènes · texte numérisé non relu

Partie de la stèle d'Arislion. (Musée d'Athènes

Kanakhos est le membre le plus illustre d'une famille d'artistes assez connue pour qu'il soit possible d'en reconstruire la gé-

TEMPLE D'APOLLON DIDYMÉEN.

néalogie et d'en suivre l'histoire pendant plusieurs générations.

Le chef de cette famille est Aristoclès le Cydoniate. La Crète, grâce sans doute à ses rapports commerciaux avec la Phénicie et TÉgypte, et à rétablissement sur ses côtes de nombreuses colonies sidoniennes, avait alors, ainsi que l'Asie Mineure, une grande supériorité sur la Grèce pour le travail des métaux. Aristoclès vint de Crète s'établir à Sicyone avant la troisième année de la 71e olympiade, et probablement vers la 54°, c'està-dire dans la première moitié du sixième siècle. Pausanias cite de lui un Hercule en bronze combattant une amazone à cheval, consacré à Olympie par Évagoras de Zanclé. Le sujet même du groupe semble impliquer, de la part de l'artiste, une certaine habileté.

Aristoclès le Cydoniate eut pour fils et pour élève Kléœtas ; il y avait de lui à l'Acropole, dans le téménos d'Athéné Ergané, un guerrier mettant son casque, en bronze avec les ongles en argent. Dans l'inscription gravée au-dessous cle cette statue, Kléœtas rappelait avec orgueil un autre cle ses ouvrages, travail d'architecte et d'ingénieur celui-là, rî7C7ra<pe<7iç d'Olympie, c'est-à-dire les boxes où étaient enfermés les chars avant la course. Les portes de ces boxes étaient disposées suivant une ligne courbe calculée de manière que la distance à parcourir fût exactement la même pour tous les chars et que celui qui tenait la corde n'eût sur les autres aucun avantage.

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TEU^é [AS KÀEtOlTaç UIQÇ 'ApKTXOX^SOÇ.

« Celui qui a le premier imaginé la sortie des chars à Olympie, Kléœtas fils d'Aristoclès m'a fait. »

Kléœtas eut deux fils, tous deux statuaires comme leur père et leur grand-père, Aristoclès de Sicyone et Kanakhos. Aristoclès, l'aîné des deux frères puisqu'il porte le nom de son aïeul, est surtout connu pour avoir fait, en collaboration avec

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son frère et le célèbre Agélaïdas d'Argos, un groupe en bronze des trois Muses, Il avait fait aussi un groupe de Jupiter et de Ganymède, dédié à Olympie par Gnothis le Thessalien. Est-il l'auteur du bas-relief d'Aristion, connu sous le nom de « stèle du soldat de Marathon », bas-relief qui est Tune des deux pièces capitales du musée du Théséion à Athènes? Cette stèle est en effet signée

fcPAONAPUTOkU&O*

Est-ce son nom que nous lisons sur une base trouvée au hameau de Hiéraka, près d'Athènes (1) et qui a supporté un objet votif?

APIfTOKUESifcro

Il n'y a rien d'impossible, ni môme d'invraisemblable à cela. Aristoclès de Sicyone a fort bien pu, comme son père, travailler à Athènes, et la forme des lettres des deux inscriptions, comme le style du bas-relief de Vaïanidéza, conviennent fort bien à l'époque à laquelle vivait notre sculpteur, c'est-à-dire à la seconde moitié du sixième siècle et aux premières années du cinquième siècle.

Le frère cadet d' Aristoclès, Kanakhos, est l'auteur de notre statue. Outre l'Apollon Didyméen et une des Muses du groupe auquel travaillèrent avec lui son frère et Agélaïdas, on connaît de lui : une Aphrodite assise, à Corinthe, en or et en ivoire, portant sur la tête le polos, et tenant dans ses mains un pavot et une pomme; enfin l'Apollon Isménien, de Thèbes, exactement pareil, pour les dimensions et pour la pose, à l'Apollon Didyméen, mais en bois de cèdre, tandis que l'autre était en bronze.

Après Aristoclès de Sicyone et Kanakhos, l'histoire de la (1) Kirchhoff, Corpus inser. a Hic, n° 1344.

TEMPLE D'APOLLON D1DYMÉEN.

famille devient plus obscure. On retrouve beaucoup plus tard à Athènes un Aristoclès qui refit la base de la statue d'Athéné Parthénos, mais on ne peut dire avec certitude s'il était de la famille du Sicyonien. On connaît mieux l'école de ce dernier que sa descendance : Synnoon, Ptolichos d'Égine, Sostratos de Khios et son fils Pantias, tous célèbres surtout pour des statues en bronze.

Dans la branche de Kanakhos, nous sautons une génération. On ne sait rien du fils de Kanakhos ; mais son petit-fils, du même nom que lui et élève de l'Argien Polyclète, avait fait deux statues en bronze que Pausanias vit à Delphes : elles représentaient deux triérarques de la flotte victorieuse sous Lysandre à ^gos-Potamos, Épicyridas et Étéonicos. Kanakhos le jeune était donc resté Péloponésien. Quant aux KEXvj-uÇovTsç ou hommes montés sur des chevaux de course, mentionnés par Pline, on ne sait auquel des deux Kanakhos il faut les attribuer.

Mais revenons à la statue du Didyméon. Elle était en bronze éginétique et de proportions colossales. Apollon était représenté nu, debout; il tenait dans la main droite un faon fondu à part et simplement fixé en équilibre sur la main ouverte du dieu; dans, sa main gauche était un arc. Les monnaies de Milet de l'époque archaïque et quelques grands bronzes de l'époque impériale nous font connaître avec certitude cette pose et ces attributs.

Il existe dans les collections publiques plusieurs monuments qui reproduisent le type de l'Apollon Didyméen.

Le Musée de l'École évangélique grecque, à Smyrne, possède une main en marbre, tenant un faon, trouvée dans la vallée du Méandre et donnée par un négociant d'Aïdin.

Le Cabinet des médailles cle Paris a une petite statuette en bronze qui représente Apollon tenant un faon dans la main droite. Cette statuette, extrêmement grossière, et déplus cassée aux jambes, provient de Scala Nova, à peu de distance cle Milet : c'est là son seul intérêt.

Beaucoup plus importante est la statuette du British Mu-

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