‹ Études d'archéologie et d'artChapitre 29 sur 54 · PÉTERSBOURG · texte numérisé non relu

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chée en avant. Sans doute il était appuyé sur un long bâton dont l'extrémité était engagée dans le pli de son aisselle, comme le personnage de la stèle d'Orchomène et d'une autre stèle du Musée de Naples; il ne reste malheureusement plus que la tête et les épaules : la carrure de celles-ci, la ferme construction de la tête qui rappelle les statues de Polyclète, la brutalité du modelé, indiquent une œuvre de la seconde moitié du cinquième siècle; œuvre d'un artiste provincial, sans doute, et non de première volée, car il y a de grands défauts, par exemple le bourrelet exagéré formé par les muscles sur la nuque. Mais, dans cette bienheureuse époque, même les morceaux de second ordre sont conçus avec un sentiment si juste et exécutés d'une façon si consciencieuse qu'il y a toujours plaisir et profit à les regarder. Si donc on donne jamais suite au projet de créer ce musée antique de moulages dont tous les archéologues souhaitent si ardemment la formation et sans lequel l'enseignement de l'histoire de l'art ne saurait être sérieux, il faudra réserver une place à la stèle de Saint-Pétersbourg.

La série des vases commence par une œnochoé à panse aplatie, à décor de style asiatique, trouvée en 1870 à Temir-Gora, près de Kertch. Sur un fond jaunâtre, sont peintes en brun rouge des figures d'animaux, disposées en deux bandes. Sur la première, la plus haute, est une panthère femelle faisant face à un taureau; entre les deux, un chacal. Sur la seconde bande, des lièvres et des bouquetins sont poursuivis par de gros chiens. Le champ est rempli par des semis de fleurs et par des croix gammées. C'est là exactement le style des vases de Milo publiés par M. Conze et de certains plats trouvés à Camiros, dans l'île de Rhodes, par M. Salzmann. Nous avons donc là un objet qui remonte aux premiers temps de la colonisation grecque.

Chose singulière, cette œnochoé est une pièce complètement isolée dans la collection; il ne s'y trouve aucun autre vase de la même époque. Le cinquième siècle non plus n'a presque rien fourni, et de la première moitié du quatrième siècle il n'existe

qu'un petit nombre de monuments : encore aucun n'a-t-il d'importance. En revanche, nulle part la céramique de l'époque d'Alexandre et de ses premiers successeurs n'est représentée par des pièces aussi nombreuses et aussi belles : la bonne moitié des vases exposés dans la salle de Kertch ont été fabriqués entre 350 et 250. Or, c'est là précisément l'époque des plus grandes relations commerciales du Bosphore avec Athènes, et cette coïncidence de date aussi bien que l'élégance de galbe, le peu d'épaisseur de paroi et la finesse de décor des vases exhumés

Bracelet trouvé au Koul-Oba, près de Kertch (Panlicapée). Musée de l'Ermitage, à Saiut-Pétersbourg.

de la nécropole de Panticapée, rendent vraisemblable que la plupart ont été importés d'Athènes. C'est l'industrie et surtout l'industrie d'art, qui faisait vivre la population de cette ville : les fabriques de meubles, d'étoffes, d'armes, d'orfèvrerie, de menus objets de tout genre y étaient en grand nombre et leurs produits étaient expédiés au loin : Athènes fournissait à tout le monde grec l'équivalent de ce que l'on appelle aujourd'hui « l'article de Paris ». Mais la fabrication où elle excellait surtout était celle des vases. La poterie d'Athènes, àrnxoç xeWoç, était justement célèbre par sa légèreté, la beauté de ses formes et la belle couleur rouge de la terre dont elle était faite. N'est-il pas évident que ce sont les produits de leurs manufactures que les

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Athéniens devaient apporter clans le Bosphore en échange des grains, des peaux, de l'or en lingots qu'ils venaient y acheter, et que, dans ce commerce cl échanges, les vases devaient entrer pour une grande part?

Il est impossible de méconnaître l'origine athénienne d'une série d'ary balles et d'œnochoés de petites dimensions, non plus que du débris de coupe reproduit sur la planche IV du Compte rendu de 1869 et qui représente un centaure poursuivant et saisissant une jeune femme. L'élégance extrême du dessin, la grâce de la forme, sont ici des indices en lesquels on peut avoir toute confiance. Il en est de même de la ravissante petite hyclrie à figures rouges rehaussées de blanc et d'or, sur laquelle est peinte l'arrivée de Paris auprès d'Hélène (Compte rendu, 1861, pl.V,n° 2), et l'aryballe, peut-être de la même main, qui nous montre l'épouse de Ménélas déjà montée sur le char de son séducteur et s'enfuyant avec lui (même planche, n° 1). U est impossible de pousser plus loin la délicatesse et le fini. J'attribuerais encore une origine athénienne aux trois lekanai (cuvettes munies de deux anses et d'un couvercle) dessinées bien lourdement dans les Comptes rendus de 1860, pl. I, et de 1862, pl. I et II : elles doivent être un peu postérieures, et on pourrait leur assigner comme date le commencement du troisième siècle. Toutes deux viennent du tumulus de Iouz-Oba, près de Kertch. La première et la plus grande est décorée sur son pourtour de palmettes inclinées, et porte sur son couvercle une peinture tout à fait appropriée à la destination du vase : une suite de femmes occupées à leur toilette. L'une lave ses doigts dans une vasque portée sur un pied élevé, l'autre attend patiemment que sa suivante ait achevé d'arranger sa chevelure; celle-ci ouvre son coffret à bijoux et se demande quel collier, quel bracelet elle va choisir ; cette dernière enfin examine dans son miroir l'effet de sa parure. La richesse des détails est extrême et la souplesse du dessin va presque jusqu'à l'amollissement. La seconde lékané est plus simple et d'un goût un peu plus pur. Ici c'est une scène de bain qui est représentée : une

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jeune femme se fait verser sur la tête une eau parfumée, d'autres remettent leurs vêtements et leurs bijoux. Sur le couvercle de la troisième, sont figurés des Silènes et des Bacchantes; détail bien intéressant pour la connaissance des divers usages des terres cuites dans l'antiquité , un des Silènes s'approche d'une jeune femme et lui offre une figurine assise qu'il tient entre ses mains. Enfin je citerai encore, comme d'une provenance athénienne presque certaine, un cratère de la première partie du troisième siècle, sur lequel est figuré le jugement de Paris; le dessin en est un peu lâché dans certaines parties, mais il a plus d'ampleur et de suavité que les peintures précédentes, où la minutie de l'exécution approche parfois de la maigreur.

Une quinzaine de spécimens représentent dans la salle de Kertch la classe si peu nombreuse des vases en forme de figurines. Tous sont des dernières années du quatrième siècle ou des premières du troisième, et proviennent assurément de la Grèce propre ; quelques-uns sont de vraies merveilles de coquetterie et de délicatesse. Nous donnons ici les deux plus jolis : un sphinx à tête de jeune femme et un buste d'Aphrodite sortant d'une coquille entr'ouverte. Mieux qu'aucune description, le croquis de M. Walker fera comprendre le charme voluptueux de ces deux vases, bien dignes de figurer sur la table de toilette d'une dame élégante d'Athènes. Mais ce qu'il ne saurait rendre, c'est la fraîcheur de coloris qu'un séjour de vingt et un siècles dans la tombe n'a pas entièrement détruite. Les chairs sont couvertes de glacis légers dont la transparence rend parfaitement le brillant nacré de la peau et dont les teintes rosées se marient harmonieusement. Ces vases ne sont pas seulement ravissants en eux-mêmes : ils confirment dans leurs croyances ceux, et j'avoue être du nombre, qui regardent comme certain que les statues grecques étaient entièrement peintes; ils expliquent ce que devait être cette peinture et comment elle laissait apparaître, au travers de sa délicate enveloppe, les qualités particulières cle la matière qu'elle revêtait. Nous avons peine à comprendre comment, au dire de Pline, Praxitèle faisait colorer ses statues

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par un des plus grands peintres de l'époque, par Nicias, et comment il attribuait à son talent une partie de leur succès. Et de fait, si on se les imagine couvertes d'un badigeon uniforme, le fait est inexplicable. Mais à les revêtir de ces tons délicats et savamment fondus que l'on admire sur le sphinx et sur l'Aphrodite , un véritable artiste pouvait trouver un cligne emploi de son talent, et il est facile de comprendre quelle vie et quel charme nouveau le marbre pouvait prendre sous son pinceau.

Si riche que soit la collection de vases renfermée dans la salle de Kertch , elle est encore bien loin d'égaler celle des bijoux et objets d'or de tout genre. Les bijoux sont fort rares dans les tombeaux de la Grèce propre. La race hellénique a toujours été une race économe et calculatrice : ensevelir avec le mort toutes ses richesses lui eût paru une prodigalité déraisonnable; un sarcophage de petite dimension, très simplement 'construit sous le sol, quelques vases, une stèle, c'était assez pour ses morts. Ici autre peuple et autres mœurs : les tombeaux sont de vastes chambres surmontées de tertres élevés; le mobilier funéraire est varié et abondant, et les objets précieux dont la possession avait fait pendant leur vie l'orgueil de ces demi-barbares sont scrupuleusement ensevelis avec eux. Il est telle de ces tombes, le Koul-Oba, par exemple, qui contenait de véritables trésors. Or, dans les parures des hommes et des femmes , nous rencontrons, comme dans les vases, bon nombre de pièces de fabrication purement grecque et d'un sentiment si exquis, d'une exécution si soignée , que ce serait sans doute faire trop d'honneur aux orfèvres de Panticapée que de les leur attribuer.

Ces objets vraiment et complètement helléniques sont rares dans les sépultures d'hommes , et cela s'explique aisément : les Grecs ne portaient pas de bijoux; une pierre gravée à monture très simple était le seul ornement qu'ils se permissent; encore la pierre gravée , dont l'empreinte en cire équivalait à une signature, était-elle un objet d'usage plutôt que de luxe. On n'eût point trouvé chez les orfèvres d'Athènes un seul collier, un seul bracelet d'homme. Les chefs scythes, chez lesquels le goût des

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parures en or était aussi répandu que chez les femmes, devaient donc se procurer dans les villes grecques du littoral de leur pays, où les orfèvres travaillaient spécialement pour eux , les ornements qu'ils aimaient. Ce n'est qu'exceptionnellement que quelque personnage plus riche pouvait en commander en Grèce, ou recevoir de quelque ami d'Athènes un objet fait exprès pour lui. Les femmes, au contraire, n'avaient dans l'étalage d'un marchand venu de Grèce, que l'embarras de choisir, et elles choisissaient parfois très bien : témoin celle dont les restes ont été trouvés dans le caveau de Koul-Oba, et celle qui était ensevelie dans le plus grand des deux tumuli appelés les Blitznitsi, « les Jumeaux », ou dva Brata, « les deux frères », dans la presqu'île cle Taman, sur le territoire de Phanagorie. Le collier et les ornements d'oreilles de cette dernière sont peut-être, avec une parure trouvée à Phocée, en Asie Mineure, et dont je ne connais pas le possesseur actuel, les plus belles pièces d'orfèvrerie grecque qui soient parvenues jusqu'à nous. Le collier, que nous reproduisons ici (p. 201) se compose d'une triple rangée de pendeloques de dimensions graduellement croissantes, fixées par des chaînettes à une chaîne plate à six rangs qui s'agrafait autour du cou par des fermoirs en forme de têtes de lions. Les points de suspension des chaînettes sont alternativement décorés de disques à surface bombée et lisse et de petits fleurons à bouton central et à deux rangées de pétales : des fleurons semblables recouvrent l'attache des chaînettes aux pendeloques du deuxième et du troisième rang. Les pendeloques de la rangée d'en haut sont de simples glands oblongs , sur la partie postérieure desquels s'étendent des feuilles lancéolées ; celles qui leur font suite ont une forme intermédiaire entre celle d'un gland et celle d'un petit vase sans pied, dont la panse serait recouverte, dans sa moitié supérieure, par des feuilles imbriquées, avec de petites baies saillantes. Celles de la rangée terminale, beaucoup plus grandes que les autres, ont plus franchement la forme de vases. Les feuilles qui les recouvrent, et dans les interstices desquelles sont également de petites baies rondes, sont alterna-

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tivement, dans une des pendeloques sur deux, prolongées jusqu'à la pointe ou interrompues par un bandeau circulaire décoré d'enroulements fîligranés. L'estampage de la feuille d'or qui forme ces pendeloques , la retouche à la pointe des feuilles dont elles sont ornées, la soudure des filigranes et des baies témoignent d'une habileté de main vraiment prodigieuse. Pour l'apprécier plus sûrement, il suffit d'aller chez le célèbre bijoutier de Saint-Pétersbourg qui a cherché à copier ce collier. Avec quelque soin qu'elle ait été faite, et quoiqu'elle ait coûté fort cher de fabrication, cette imitation ne soutient pas une seconde la comparaison avec l'original. La différence est énorme et saute aux yeux.

Le dessin reproduit à la page 201 permet cle se rendre compte de l'aspect général du collier. Mais il ne peut naturellement donner aucune idée de la somptuosité de coloris que lui ajoutait l'application d'un émail dans certains de ses ornements. Les bandeaux circulaires des grandes pendeloques étaient remplis , entre les enroulements, d'une pâte d'un bleu profond qui rehaussait singulièrement l'éclat de l'or très chaud employé par l'orfèvre. Les pétales des petits fleurons et les feuilles des pendeloques supérieures étaient recouverts d'émail alternativement bleu et vert.

Les deux énormes couvre-oreilles, qui étaient fixés à un diadème en or placé sur la tète de la morte, présentent le même système de décoration, mais sont d'un goût un peu moins sévère et d'une exécution moins délicate. Sur la partie centrale et bombée d'une large plaque ronde , un relief exécuté au repoussé représente Thétis assise sur un hippocampe et traversant la mer pour apporter à Achille les diverses pièces de son armure : ici la cuirasse, là les cnémides (p. 215.) Dans ce sujet de plus grande importance et qui eût exigé la main d'un sculpteur, l'orfèvre a moins bien réussi : le relief est un peu gros et lourd. La bordure de la plaque est décorée de palmettes filigranées alternativement dirigées vers le centre et vers l'extérieur et dont les lignes sont un peu compliquées. Au disque s'attache un

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assemblage de cinq rangs de pendeloques, assez semblables à celles du collier et réunies par un réseau de chaînettes disposées en losanges.

Nous n avons pu faire dessiner, car la photographie n'en a point été faite et le dessin qui en a été donné dans les Antiquités du Bosphore (pl. XIX, 401) est tout à fait insuffisant, une autre paire de couvre-oreilles d'un système analogue, mais plus légère d aspect et plus fine d'exécution, qui provient du Koul-Oba (1). Sur la plaque ronde de celle-ci est figurée en repoussé une tête de Minerve de trois quarts. Le casque de la déesse est richement orné. Le cimier en est supporté par un sphinx, et les deux Xdcpoi latéraux par des Pégases. Des tètes de griffons apparaissent au-dessus de la visière. Il y a là évidemment, comme dans la célèbre intaille d'Aspasios au cabinet de Vienne, une imitation libre de la Parthénosde Phidias, et cela est sans doute un indice d'origine.

Le bracelet que nous donnons à la page 205 est encore une œuvre grecque, et sans doute il était destiné à une femme, quoi que le grand personnage scythe enterré dans le Koul-Oba se le soit approprié et fait passé à son bras. Il est quelque peu épais et lourd de forme, mais les deux sphinx dont les pattes en forment le fermoir sont d'un superbe dessin. Le bandeau décoré de palmettes qui les relie au reste du bracelet était, lui aussi, enrichi d'émail bleu et vert.

J'aurais encore bien des bijoux ravissants à énumérer, et la tête de bœuf, si vivante, reproduite à la planche XXXII, n° 12, des Antiquités du Bosphore, et les deux boucles d'oreilles d'une composition si fantaisiste et si riche de la planche XIX (nos 4 et 5), et le collier de la planche IX (n° 2), dont le fermoir imite un nœud de corde, et les boucles d'oreilles de la planche XIP, sur lesquelles l'artiste a su faire tenir, au milieu de feuil-

(1) Dubrux dit, dans son journal manuscrit, que ces deux bijoux étaient placés sur la poitrine de la morte. La position où se trouvaient ceux découverts dans la grande Bliznitsa me semble démontrer qu'ils étaient destinés à recouvrir les oreilles.

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lages et de rinceaux , un char à quatre chevaux , conduit par deux personnages, et à côté duquel volent deux Amours. Mais je crains de fatiguer la patience de mes lecteurs en leur parlant ainsi de choses dont je ne peux mettre l'image sous leurs yeux, et d'ailleurs : « Qui ne sut se borner... » Je passe donc. Mais, avant de finir, je voudrais signaler brièvement quelques morceaux de haut intérêt et dont quiconque s'occupe de l'histoire de l'art grec me reprocherait de ne pas dire au moins un mot : d'abord des fragments d'un placage en ivoire dont était recouvert quelque ustensile de forme incertaine (pl. LXXIX des Antiquités) ; ils portent des gravures au trait du dessin le plus pur. Sur deux de ces fragments sont les restes d'une représentation du jugement de Paris; sur un troisième, un quadrige. Puis quelques intailles du cinquième et du quatrième siècle en forme de scarabées : l'une (pl. VI du Compte rendu de 1860), encore adhérente à la chaîne par laquelle elle était suspendue, représente une Gorgone à quatre ailes tenant un serpent dans chacune de ses mains. Les deux autres, plus récentes, se recommandent par l'extraordinaire finesse de la gravure et par la signature qu'elles portent. Sur la première est figurée un Scythe ou un Perse assis sur un tabouret et examinant une flèche qu'il tient à la main : dans le champ , on lit le nom du graveur Athénadès. L'autre, qui a conservé sa monture, représente un héron volant : elle est signée Asçapevoç iuoU yïoç « Dexaménos de Chiosa fait. » Une dernière enfin, fixée à un collier, nous montre une Vénus accroupie. L'extrême rareté des pierres grecques dont la provenance est certaine et dont l'authenticité ne peut être révoquée en doute, rend celles-là encore plus précieuses.

Mais le musée de Saint-Pétersbourg possède encore quelque chose de plus rare : je veux parler d'étoffes grecques, déchirées, déchiquetées sans doute , mais pas assez pour qu'on n'y puisse reconnaître et la nature de la trame, et la couleur primitive et le décor. Ces étoffes ont été publiées par M. Stéphani, en phototypies coloriées à la main avec une exactitude scrupuleuse, dans le dernier Compte rendu, celui de 1881. Le morceau le

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plus beau de tous (et, d'après les objets enfermés dans la tombe où on Fa trouvé, il remonte aux premières années du troisième siècle) est un tissu de laine couleur de pourpre violette sur lequel sont brodées des palmettes jaunes et vertes. Une autre étoffe, une toile à trame extrêmement fine , postérieure d'un demi-siècle peut-être, est peinte à la main en trois couleurs, brun rouge et jaune pour le décor, gris foncé pour les fonds. La décoration est divisée en bandes et figure des chars traînés par des chevaux au galop et des scènes mythologiques. Sur une troisième, beaucoup plus jolie, sont peints des canards volant. D'autres morceaux sont en soie, d'autres en véritable velours. Ce sont-là, pour l'histoire de l'industrie chez les Grecs, des documents inestimables , et dont on ne trouverait les analogues nulle part.

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