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des Provinces-Unies. Arrière-petit-fils du prince d*0range, qui avait provoqué et défendu l'insurrection des Pays-Bas contre Philippe II , il était aussi par sa mère, Henriette-Marie Stuart, petit-fils de Charles V^\ c'était à lui q ue« Charles II , feignant de resserrer les liens qui attachaient sa maison à la Hollande, avait donné la main de la princesse Marie, sa nièce, qui était fille de Jacques II et qui se trouvait actuellement sa plus proche héritière. Sous le règne du dernier roi, Guillaume était venu à Londres et avait formé avec les whigs des relations qu'il avait gardées secrètes, mais constantes. Devenu par un coup d'État l'arbitre suprême de sa république, et par l'heureuse audace qui arracha la Hollande aux armées françaises le chef de la politique libérale de l'Europe, il comprenait qu'en attirant de son côté l'Angleterre, placée sous la main de Louis XIV^ il décidait la grande question de l'équilibre européen. Mais il ne lui suffisait pas de mettre ce royaume dans son parti, il voulut le ranger sous son sceptre. Il se prépara longuement à cette conquête, fomenta la coalition de l'Europe pour se tenir sur le pied de guerre, et attendit que les^ circonstances lui donnassent le signal d'envahir sa proie. Un événement fait en apparence pour la lui ravir la lui livra.
De sa première femme, fille du chancelier Clarendou, l'un des plus honorables représentants du parti royaliste dès le Long Parlement, Jacques II avait «u deux filles protestantes comme leur mère, Marie , princesse d'Orange, et Anne, mariée au prince George de Danemark. Mais après la mort dé sa
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première femme, il avait épousé une princesse ila< Henoe et catholique, Marie de Modène, qui, au bout de plusieurs années de stérilité et au milieu des froideurs que les galanteries de Jacques II avaient amenées entre eux, déclara .une grossesse en 1687 , et accoucha, le 10 juin 1688, d'un fîls appeli: Jac> ques comme son père. Sous prétexte ùe venir vérifier celle naissance contestée, Guillaume descendit j en Angleterre avec des forces considérables qu'il 1 avait ostensiblement dirigées contre la France, l Louis XIV, qui avait dicté tous les actes du gouver-J nement de Jacques II, l'avait inutilement prévenul des desseins du slalbouder, dont il élait mieux i truit que le roi d'Angleterre. Jacques ne s'émut quaj lorsqu'il ne lui fut plus possible ni de douter^ perte ni de recevoir les secours que In FraiT avait offerts. Mais alors, au lieu de fair contenance, il avertit lui-même ses ennemis faiblesse en essayant de détruire d'im seul toutes les entreprises de son administration. Cepeo^ dant Guillaume, ayant débarqué en Angleterre avec quinze mille hommes, le 5 novembre 1688, fut reça avec d'autant plus d'enthousiasme qu'il n'affecta aucune des formes de la puissance et qu'il n'invoqua que le droit commun. Il excita des défections au sein même du ministère et jusque parmi les favoris de Jacques II. L'un de ceux-ci, John Churchill, faillit livrer la personne du roi, et entraîna la princesse Anne, dont il avait épousé la confidente, dans le parti de la révolution, qui lui donna le titre de comte de Mariborough. Jacques II, qui avait été un brave marin, n'est plus qu'un prince lâche. Au milieu dé
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tous ces dangers, il s enfuit ilt^nisê de Whilehall* dans la nuit du lo oclobi-e. Arrêté dans son évasion* entouré de témoignages de commisération dès qu*il se fait cooDaitrCy il rentre à Londres, cinq jours après, dans un appareil lriompli«il qu'il doit à la pitié. A peine s'est-il rétabli dans Whiteliall que le palais est envahi par les troupes hollandaises, qui ont traversé Londres sans rencontrer aucune opposition. H ordonne de leur livrer les postes, et ayant ^~y: ' reçu lui-méroe , quelques heures après , de la part de K '. Guillaume, Tordre de se retirer, il quitte sans dé- ' :/: Bionstration sa capitale, au moment où son gendre -Tr. «' "va y entrer. Après avoir passé quatre jours dans un ^:p-' . 4^iftieau , également dédaigné par ses amis et par ses : v^eonemis, il s'embai*que le a3 décembre, sans qu on r :f0nigt à Ten dissuader ou à y mettre obstacle. Le 2 5, /:^wmt touché la côte de France; le a8, il arriva ati i /rebàteau de Saint-Germain, où sa femme et son (ils K :.;i(i||lîenl: déjà trouvé un asile depuis deux mois. Il y ^~ rat reçu par Louis XIY, qui ajouta encore à sa gloire par la manière dont il traita les victimes de sa politique.
, Après lui ^ la politique des Stuarts , mais non leur race, fut pour toujours exclue du trône d'Angleterre. 1^ prince d'Orange était, comme nous l'avons vu , à la fois le neveu et le gendre de Jacques II ; Guillaume lui-même étant mort en 170a, quatre ans après la reine son épouse, et sans héritier direct, la couronne fut déférée, en vertu des actes du parlement, à Anne Stuart, seconde fille du roi détrôné; celle-ci étant morte à son tout sans |)c».siéiité,en 17141 ^^^ chambres appelt'i'ent à lui surré- IL iV
|<)4 inillH': SllK LA .^lAISO-N 1)1': stiiart.
der Georges de Brunswick, électeur de Hanovre, qui, par la princesse Sophie, sa mère, était arrîèrepetit-fils de Jacques 1^, et qui est la souche de la dynastie actuelle de l'Angleterre. Ce furent donc, en réalité, trois élections que le parlement fit successivement dans la famille des Stuarts, au détriment dé la ligne directe. Par elles, il prit dans la constitution de rÉtat et dans le mouvement de la politique euro péenne une place qu'il avait longtemps souhaitée. Lorsque Guillaume était entré à Londres, on lui avait conseillé de se proclamer roi lui-même et de convoquer à ce titre le parlement* Mais il rejeta cet avis, qu'on appuyait sur le précédent de Henri VII. Venu pour repi^endre la politique extérieure des Tudors , il sentait qu'il ne devait point imiter les exemples de leur politique intérieure. Il voulut laisser à la bourgeoisie, qui avait livré tant de conibals pour abaisser la couronne, le soin delà lui méttie sur le front. Le parlement convoqué (1689) déclara la vacance du trône que Jacques avait abandonné; en y portant Guillaume lll, il lui fit signer la célèbre Déclaration des droits ^ qui fut la constitution du nouvel ordre de choses , et dans laquelle, pour ne point être vaincu en modération, il restreignit lui-même ses anciennes prétentions. Par cet acte, le roi s'engageait à ne jamais suspendre les lois, à ne lever aucune taxe sans le consentement des chambres, à ne point entretenir de troupes permanentes sans leur agrément, à réunir souvent l'assemblée, à laisser aux élections et aux débats leur liberté, à reconnaître a tous les Anglais le droit de pétition; en rcvanclie, il recevait le pouvoir de convoquer»
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de proroger, de dissoudre le parlement, de refuser son consentement aux bills présentés^ de choisir les membres du conseil , de nommer à tous les principaux emplois , de régler la guerre, la paix, les al- Ibnces, Tadminislration de la justice et le gouver-» nettieiit gënéfal de ITÈtat, saris être tenu d'en rendre compte. Telle fut la fin que les whigs donnèrent à toutes ces querelles qui avaient divisé depuis près d'un siècle les royalistes et les parlementaires, et qui, dans lears agitations, avaient fait jaillir tant dépassions, tant de sectes, tant de flots de sang. Ni le chaos et rifïiquité des lois, ni la constitution aristocratique de TÉtat, ni Tin tolérance de FÉglise anglicane, ni les pr^ugés de la nation ne furent l'objet , je ne dis pas d*uiie réforme, mais même de la plus légère discussion. La justice fut garantie contre les influences de la cour; mais elle resta livrée à la confusion inextricable et barbare des coutumes féodales. Jje pouvoir absolu fui rendu impossible; mais on lai substitua une oligarchie recrutée par un système d'élection qui donnait passage au tiers état sans Toi^niser, et qui, tout ouvert pour la noblesse, était tout fermé pour le peuple. Le retour de Fan* cieone religion fut interdit; mais Panglicanisme de^ meura armé pour persécuter ses adversaires. Ijsk bourgeoisie put désormais se livrer tramjuillement à sop commerce, sans craindre de voir paraître sur ses navires ou dans ses boutiques un sergent dti fisc qui n\ serait ps» attendu; mais la nation, retenue dans les langes d*une civilisation sans nivstère et sans audace, se régla sur un plan dont fe bienêtre et Hnlwl furent le princip;»! but. On nr r'oii*
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sacra poinl de principes généraux; on érigea à leur place des faits qu'on généralisa, et qui vinrent grossir, sous ce déguisement, l'arsenal de la vieille constitution, sans la confirmer et sans l'abroger. La bourgeoisie régnant, à titre d'aristocratie, sous le nom d'un roi qui n'en était que le fantôme, sur une nation de matelots et d'ouvriers qui prenait les franchises du moyen âge pour la liberté moderne, voilà la triple fiction qui fut sanctionnée par les derniers résultats de ce qu'on appelle la révolution anglaise.
Pour ce qui concerne la politique extéi*ieure. Tav.énement du prince d'Orange replaça l'Angleterre dans la situation qui convenait à ses intérêts et à ses traditions. La marine naissante de la France, sa religion, les plans de Louis XIV, les anciennes rancunes toujours prêtes à renaître excitaient la jalousie et la défiance des Anglais, humiliés du rôle secon* daire qu'ils avaient joué en Europe sous le sceptre de la maison de Stuart. Aussi Guillaume les trouva disposés à seconder ses ligues contre notre patrie, et il s'honora à leurs yeux en les mettant à la tête de la coalition formée avec les deux branches mourantes de la race de Charles-Quint , pour ramener l'Occîdent à l'état que le traité de Westpbalie avait réglé.
Louis XIV ne se laissa point prévenir, et il attaqua le chef de la grande alliance en donnant à Jacques Il des vaisseaux et des soldats avec lesquels ce prince pénétra, dès le mois de mars 1689, dans l'Irlande, qui tenait encore pour lui. Tourville , qui commairdait la flotte française, battit celle des Anglais et des Hollandais réunis, et conquit l'empire