DOMINATION DKS STUARTS EN ANGLETERRE. I
de la mer. Mais Jacques 11 , malgré de tels secours , perdit lui-même sa propre cause. Attardé en Irlande', tandis qu'il aurait dû aller seconder l'insurrection des montagnards du nord de l'Ecosse , qui protestaient contre la soumission de leur parlement , il fut joint par Guillaume à Drogheda, sur la Boyne, au nord de Dublin/ le ii juillet 1690. Il fut si com- (bêtement battu qu'il ne songea pas à résister un jour déplus; il retourna immédiatement en France. L'année suivante, la victoire de Kilkonnel (aa juillet 1691) rompit les dernières résistances de l'Irlande et la soumit au nouveau règne. Engagé parla politique et par l'amitié, Louis XIV voulut encore tenter une entreprise décisive en faveur de son hôte; il résolut d'opérer une descente en Angleterre. Mais, impatient de frapper ce coup^ qui voulait être imprévu, il ordonna à Tourville d'attaquer la flotte anglo-hollandaise lorsqu'il n'avait encore réuni que la moitié de ses forces, et tandis que celles de ses ennemis étaient doubles des siennes. Ainsi fut hasardée cette bataille de la Hogue (39 mai iG^'Jl) qui arrêta l'essor de notre marine, mais non pas la bravoure et la gloire de nos marins. La guerre, poursuivie sur l'Océan, en Allemagne, en Flandre et en Italie , dura encore cinq années , sans que des efforts de génie et les chances diverses de la fortune eussent pu rien décider entre l'Kurope et la France. L'épuisement des parties belligérantes amena le traité de Ryswick, qui fut signé le 20 septembre 1697. Parmi les concessions qu'on arracha à Louis XIV, celle qui le força à reconnaître Guillaume lll pour roi légitime d'Angleterre lui causa plus de douleur
lyS ÉTUDE SUR LA MAISON DE STUART.
qu'il n'en ressentit pour Tabandon deia lorraine et cies postlions prises au delà du Rhin. Il eut bientôt l'occasion d'éluder les conséquences de ce traité. Lorsque le testament de Charles H eut légué le royaume d'Espagne au petilofils de Ijouis XIV, Guillaume forma contre la France, dont le ciel semblait encourager l'ambition , une coalition non moins redoutable que les précédentes. Jacques II étant mort à SaintrGermain dans ces conjonctures (6 septembre 1701), Louis XIV salua du titre de roi d'Angleterre Jacques, prince de Galles, dont la naissance avait été le prétexte de la chute de son père, et qui ftit connu sous le nom de chevalier de Saint-Georges. Guillaume, qui avait de la peine à s'entendre avec le parlement, dont il avait éveillé Tambition, saisit l'occasion de cette injure pour le décider à de tkovtveaujt sacrifices. Mais il ne put voir les conséquences de la ligue qu'il avait préparée ; il mourut le 19 mars 1702. La reine Anne, sa belle-sceuV, eut l'honneur de diriger cette terrible guerre de la Suecession d'Espagne par l'épée de Mariborough, et de la terminer par les conseils et les négociations de lord Bolingbroke. Le premier s'était fait le chef des whigs; le second était un des plus illustres tories, et arriva au gouvernement avec son parti, lorsque la seconde fille de Jacques II, soit pour venger son père, soit par un instinct naturel d'autorité, essaya de refouler la bourgeoisie, qui avait prétendu lui donner des chaînes en lui donnant le pouvoir. Cette demi-restauration , comme on a appelé le règne de la reine Anne, consacra en quel- (|ue sorte, aux yeux de TRurope monarchique, la
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posUion éminenie que rAngklerre avait prise dans le mouvement de la politique occidentale; aussi, lorsque la oiaison de Hanovre, dont les droits avaient été réglés avant la mort de Guillaume par les whigs des communes, fut montée sur le trône , le pouvoir quelle rendit à ce parti plus vif, Tor qu'elle sema par le9 mains de Walpole pour amortir la turbulence^ toujours limitée, mais toujours inquiète, du parl4iment^ le continuel prétexte de se mêler auK afTaireft du continent qu'elle trouva dans ses possesëiona d'Allemagne aidèrent la Grande-Bretagne, sir QOB à conquérir cette suprématie morale qu'Ëlisa* beih Avait rêvée pour elle, du moins à étendre sa dominalîoo et son industrie à travers les m^rs, sur toutes les parties du monde.
Deux fois la ligne masculine des Stuaris voulut recouvrer son trône* En 1716, le fils de Jacques 11, soutenu par le génie remuant d'Alkéroni, qui vou-^ lait replacer l'Espagne à la tête de la politique de rËMrope, et donner k Philippe V le rôle que la mort de Louis XIV laissait vacant, essaya de iBetti*e obstacle à l'avènement de la maison de Ha-novre. Ni l'exaspération des Écossais, qui voulaient détruire l'acte d'union par lequel la reine Anne avait confondu leur royaume et leur parlement dans le royaume et le parlement d'Angleterre, ni la répugnance que les tories anglais avaient pour la maison de Hanovre ne puient tenir lieu au chevalier de Saint- Georges des talents qu'il n'avait pas. En 174^9 Cliarles-Édouard, son fils, crut avoir trouvé l'occasion de réparer par son audace et par sa bravoure naturelles les tristes effets rie la faiblesse pafemelle. V.n
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ce momeDt les deux frères d'ArgeDson^ qui venaient de succéder dans le ministère au cardinal Fleury , avaient relevé les traditions du grand roi, qui, abandonnées par la France depuis vingt ans , n'étaient un instant reprises que pour être bientôt immolées à jamais par les caprices de madame de Pompadour. Fji victoire de Fontenoy avait prêté son éclat au dernier crépuscule de la politique de Louis XIV. La restauration des Stuarts faisait partie de ce système; soutenu par l'assentiment du cabinet français, le Prétendant avait assez de ressources en lui-même pour se passe des secout^ effectifs que la marine anglaise empêcha de venir à sa suite; mais il ne put surmonter la fatalité qui poursuivait sa famille. Maître de rÉcosse par l'enthousiasme et la victoire , il ne s'avança en Angleterre jusqu'à Derby, à trois journ^ de Londres , que pour être vaincu parles hésitations de son propre parti, et pour se replier sans combat vers les montagnes qui avaient été le berceau de ses ancêtres , et où la bataille de Culloden ensevelit à jamais la puissance de leurs descendants. La Providence pouvait bien permettre que Taventureuse générosité de ce jeune prince rétablit la popularité du nom des Stuarts dans le pays qu'au prix de tant de sanglants sacrifices leur famille avait initié à la civilisation moderne ; mais elle ne devait pas lui accorder le pouvoir de rendre vaines les luttes de tout un siècle. Jacques Stuart, le chevalier de Saint-Georges , mourut à Rome le 2 janvier 1 766 ; Charles-Edouard, le Prétendant, mourut à Florence Ie3i janvier 1788; le frère de celui-ci, Henri Stuart, mourut cardinal à Rome en 1807. Dernier refelon
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de la ligne directe de cette famille, sa mort permit aiu tories de prodamer la légitimité et le droit divin de la maison de Hanovre, lorsque les princes de cette race eurent été habitués par un siècle de discussions à la puissance des parlements.
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